mardi 16 décembre 2014

2014

Ebola, des dizaines de bouquins empruntés en BU, la série Batman de 1966, environ 35 000 tablettes de chocolat ingurgitées, Dallas Buyers Club, la mort d'Oscar de la Renta, la mission Rosetta et Philae, une braderie de Lille en tant que vendeuse pour la première fois de ma vie, Schumi dans le coma, 12 Causette, le prix nobel de la paix à Malala Yousafzai, une année en salopette, un vote aux municipales, beaucoup de bière et de vin, le CRFPA réussi, deux remaniements ministériels, des crazy loom au poignet, des dizaines de photos de mon chat, la mort de Léon Mercadet, une histoire avec l'amoureux depuis trois ans et demi,  l'apparition de Paul Bismuth, des petites choses  mignonnes en perles Hama, la rencontre de gens IRL, une robe chamalows, le mariage de Brad et Angelina, le Tour de France à Lille, 11 livres lus en entier, dont 6 qui concernent le monde juridique, 4 romans et une biographie historique, la mort de Robin Williams, la pédophilie du papa de 7 à la maison,  le rapport toujours plus alarmant du GIEC, le bouquin de Trierweiler, 12 Neon, la découverte de Vincent Dedienne, la mort du patron de Total, Thévenoud et sa phobie administrative, Pride, une amie à Nantes, un Reflex et les photos qui vont avec, une nouvelle série The Good Wife, la découverte de Bonjour Tristesse, la mort de Quentin de Alliage, la mort d'un gouvernement de gauche, la consécration de miss Nord pas de Calais comme Miss France, 35 films vus au cinéma, la naissance de l'enfant du diable au prénom de chiotte d'Eva Mendes et de Ryan Gosling, un match au Grand Stade, la commande de la SNCF de rames trop petites pour les quais, Bill Cosby accusé de viols, des paniers de légumes bio et locaux, les révélations sur la torture aux US, la mort de Marc des Filles d'à Côté, Julie Gayet, la découvert de Dans ton Flux, un procès aux assises, des vacances en Bretagne pour la 22ème fois de ma vie au même endroit, la rencontre de gens sur Twitter, Nabilla en détention provisoire, de nouveaux colocs, l'Affaire Bygmallion et les 145 affaires de l'UMP / Sarkozy, une passion pour Olaf, l'arrêt "Dieudonné, une journée à Bruxelles, la coupe du Monde de Football,  Les Combattants, un couple d'amis pacsés,  le "buzz" Conchita Wurst, l'enlèvement de 200 lycéennes au Nigeria, La Mort de La boule dans Fort Boyard, la guerre entre Israël et Palestine pour la 125000ème fois au moins, un week-end à Paris, un vote aux européennes, la découverte rapide de Béthune, un cochon tirelire doré, la Coupe Davis à Lille, des goûters chez Leontine, The Lego Movie, des soirées jeux de société,  la découverte de l'Etat Islamique, le mariage de George Clooney, 52 Courrier International, deux portables foutus, la mise au running, le swag d'Alain Juppé, une passion pour le coloriage, le selfie des oscars d'Ellen Degeneres, le second royal baby de Kakate. 








dimanche 26 octobre 2014

Mes jobs étudiants. #1 Au supermarché.

L'été de mes 18 ans j'ai eu mon bac, ce fut un grand moment de joie et d’allégresse et un été assez foufou par la suite. L'été là je suis allée à La Rochelle, en Bretagne et à Cannes... grâce aux sous de mes géniteurs. 
L'été de mes 19 ans, il n'en était plus question. Je vivais toujours chez ma maman mais j'avais envie de me payer des trucs un peu hors budget. Dans le désordre : des bottes en cuir, un PC portable et un voyage avec mon copain du moment. J'ai toujours été élevée dans l'idée que si je voulais quelque chose, il fallait que je travaille. Puis je voulais pouvoir dépenser MON argent comme bon me semblait, parce que passée la majorité j'étais quand même pas très à l'aise avec l'idée de dépenser l'argent des autres (alias de mes géniteurs). Problème : à l'époque j'avais le CV vide et je redoublais ma première année de droit. Pas franchement folichon pour une embauche. Après avoir déposé des CV partout, j'ai été rappelée par le supermarché du coin pour un entretien qui n'était en réalité qu'une formalité pour me faire signer un contrat et me donner la date de mon 1er jour de travail.
Quand j'y repense aujourd'hui je me rends compte que j'ai eu une chatte d'enfer et que j'ai eu affaire à un directeur de magasin assez ouvert d'esprit et aventureux, du moins suffisamment pour embaucher une gamine de 19 ans sans expérience.

J'ai donc été prise au supermarché pour un 35h/semaine.




Officiellement, mon poste s'appelait "gestionnaire supermarché", concrètement ça consistait à mettre des produits en rayons. Et pas n'importe quel produit : les produits frais. Les lardons, les yaourts, le beurre, les pâtes à tarte, le camembert, les surgelés... etc. (à tous ceux qui pourraient croire une seule seconde que ça me donnait faim, je peux vous dire que non, ça avait même plutôt tendance à me couper l'appétit) Le tout sans gant pendant plusieurs heures. Sans gant (ce qui soit dit en passant est totalement illégal). Je pense que c'est cet été-là que j'ai découvert la crème hydratante pour les mains. 
J'ai passé mon été en polaire sous les lumières blafardes du supermarché. Joie et bonne humeur.

Mes horaires étaient complètement merdiques. Du lundi au samedi (oui je n'avais que le dimanche comme jour de repos), je commençais au plus tôt à 6h au plus tard à 8h. Au début, je finissais relativement tôt, du genre 11h ou 12h. Un jour ils m'ont demandé de faire des heures sup, j'ai dit non et je suis rentrée chez moi, naïve que j'étais. Quelques jours après le directeur m'a convoqué pour me dire qu'il ne m'avait pas embauché pour que je refuse les heures sup et que je devais aider mes collègues à finir les mises en rayons avant de rentrer chez moi. A partir de là, je n'avais plus d'horaires. Plus jamais. Au gré des livraisons de marchandises, je pouvais finir aussi bien à 12h qu'à 15h. Une fois j'ai même fait 6h-15h, sans pause. On avait une pause qu'une fois de temps en temps quand la chef d'équipe le décidait. A l'époque je n'avais pas fait de droit du travail (je n'en ai pas fait plus depuis d'ailleurs) donc je me suis laissée avoir, exploitée

Quant à l'équipe avec laquelle je bossais, il n'y avait que des femmes et aucune autre étudiante comme moi, que des salariés permanentes, alors que dans d'autres équipes, il y avait parfois plusieurs étudiants et que donc l'ambiance avait l'air plus fofolle. Autant dire que mon niveau d'intégration dans mon équipe se situait à peu près aux alentours de  -45. La chef d'équipe devait avoir une cinquantaine d'années et avait fait carrière là-dedans. Moi petite étudiante en droit, je faisais un peu tâche dans le milieu et j'avais un peu de mal à suivre les conversations. J'ai pas spécialement fait d'efforts non plus mais en même temps à 8h du mat' la tête dans le cul et entre deux jambons je n'avais pas forcément envie de discuter. 
Il y en avait une particulièrement méchante avec moi, qui me disait sans cesse qu'en gros je n'étais pas dégourdie (grosso merdo) (et elle n'avait pas forcément tort) et que je devais absolument aller plus vite. Bref travailler avec elle n'était vraiment mais alors vraiment pas agréable. 


Non je n'allais pas bosser dans cette tenue (j'aurais peut-être du remarque). 


En gros, vous l'avez compris, j'ai eu un été complètement pourri et j'ai failli arrêter plusieurs fois ce job, mais - et je dois dire que j'en suis fière - j'ai tenu jusqu'au bout. J'y suis allée tous les matins à reculons jusqu'au 31 août. La grosse ironie du sort c'est qu'à la fin, la chef d'équipe m'a dit qu'elle avait bien aimé bosser avec moi et qu'elle me reprendrait sans soucis l'année prochaine. Hypocrisie quand tu nous tiens. Clairement, j'étais nulle dans ce job. J'essayais de bien faire hein pourtant je vous jure mais ça fait partie de ces jobs très manuels où concrètement il ne faut pas réfléchir beaucoup pour y arriver mais chez moi ça ne passe pas, je ne suis pas dégourdie et je me sens souvent potiche dans ce genre de jobs. Du genre à galérer pour ouvrir un carton. Voyez le genre. Je ne sais pas si ça fait ça à d'autres mais en tout cas moi c'est comme ça que je l'ai vécu. 

Je suis ressortie de là fatiguée mais fière. Au niveau du salaire, vu toutes les heures sup effectuées, j'ai eu l'impression d'un énorme jackpot à la fin des deux mois. Je suis entrée chez André pour m'acheter une belle paire de bottes en cuir - que j'ai toujours - et ce sont les miennes, je les ai payé avec MES sous et ça, ça fait du bien. J'ai bien acheté un PC portable et quelques mois plus tard je m'envolais vers la Turquie avec mon copain du moment. Bon évidemment, c'est facile de se payer des voyages et des bottes en cuir avec son salaire quand on vit encore chez ses parents (ou quand on se fait entretenir par ses parents) mais ça je l'ai compris plus tard. 

Je crois que ce qui me faisait le plus mal au coeur c'était de jeter les produits périmés. J'ai jeté des tas de produits frais périmés du jour... Je le confesse ici maintenant, parfois au lieu de jeter des paquets entiers de Pitch (oui les Pitch sont des produits frais), j'en fourrais deux trois dans ma poche pour le goûter (la guedin). Une grande carrière de sauveuse de Pitch s'est ouverte à moi cet été-là. 


Avec le recul (6 ans plus tard), ce job a été l'un des "meilleurs" de ma jeune vie. Il a été dur, éprouvant physiquement et mentalement et sur le coup je l'ai très mal vécu (je pense que le vivrais beaucoup mieux maintenant). Mais quelle claque, quelle bonne dose d'humilité. Je n'étais pas spécialement quelqu'un de fière ou d'arrogant mais je pense que ce job m'a forgé pour la suite. Il m'a rendu plus humble, plus gentille (je te vois sceptique derrière ton écran), plus compréhensive. Il m'a fait comprendre qu'il n'y a pas de sots métiers et que je pourrais faire tous les jobs étudiants du monde par la suite, aucun ne serait dévalorisant, idiots, stupides, que toute expérience est bonne à prendre. Ca m'a donné envie de découvrir d'autres jobs, d'autres milieux. 
Parfois je me rappelle que si pour moi ce n'était qu'un job d'été, pour certains c'est une vie, une routine et ça me fait redescendre un peu sur terre. Je me souviens de ces clients qui ne vous regardent même pas, qui viennent vous parler sans même vous dire bonjour, vous n'existez pas. Je me refuse toujours depuis à qualifier certains métiers d'idiots, de faciles. Car bien que "facile intellectuellement parlant", ça a été l'un des métiers les plus difficiles que j'ai eu à exercer. J'ai un profond et immense respect pour les gens avec lesquels j'ai travaillé - même celle qui me critiquait tout le temps, oui oui. Ils ne doivent pas se souvenir de moi et à vrai dire, à l'heure actuelle nos mondes sont tellement éloignés qu'on aurait encore moins de choses à se dire qu'à l'époque, mais je suis contente d'avoir fait partie de ce monde, ne serait-ce qu'un tout petit peu, ne serait-ce que pendant deux mois. 

Un jour quelqu'un m'a dit "mais tu fais du droit, le recruteur plus tard il en aura rien à foutre que tu ais mis du jambon en rayon". Certes, mais chacune de mes expériences a été très enrichissante d'un point de vue personnel (travailler te permet de mieux te connaître, de découvrir tes capacités, tes limites, tes qualités, tes défauts, tes envies) et celle-là, parce qu'elle est la première, parce que c'était un milieu particulier, sans doute un peu plus que les autres.

La dernière fois en entretien, on m'a demandé ce que je choisirais s'il fallait n'en retenir qu'un seul de mes jobs d'été, j'ai choisi celui-ci. 

*toutes les images sont tirées du film Cashback.



vendredi 24 octobre 2014

Au début.

Au début c'est facile. Ca l'est forcément. Ca doit l'être. Même quand c'est compliqué, c'est facile. Au début, l'autre est forcément formidable. Il est cet espèce d'être sexuel, hyper sexuel que vous avez envie de manger, de grignoter, de dévorer, tout le temps. On n'est jamais vraiment rassasié. Le corps de l'autre est une vraie drogue. On va dans les bars à deux, boire trop. Parce qu'être à deux suffit. Parce que ça fait dire des bêtises. Parce que ça désinhibe. Parce que ça enlève la gêne, la timidité. Le rosé nous fait plus parler que d'habitude. Dehors il pleut, mais on s'en fout, on se dit que c'est comme dans les films. 

Vous voulez tout connaître, tout savoir de cet autre. On rit beaucoup. Pour rien. Comme des gosses. Les discussions jusqu'à 3h du matin sur l'oreiller sont extraordinaires. Tout ce que fait l'autre est formidable. Mais évidemment vous ne voyez que le meilleur.  Même quand l'autre vous montre ses défauts, vous ne voyez que le beau. Parce que tout est beau. Tout. Absolument tout. Même les pets au lit sont drôles. 
On oublie tout. On ne veut rien savoir du dehors. Tu n'as pas touché à ton portable depuis 24h mais peu importe. La réalité t'importe peu. Ta réalité à toi c'est celle que tu vis toi là maintenant et elle est formidable. 

Les premiers "je t'aime" sont savoureux, uniques et sonnent comme une douce mélodie à l'oreille.  
On espère un peu que ça va durer. On se dit qu'on ne refera plus les mêmes erreurs qu'avec les autres. Qu'avec lui, ce sera forcément différent, mieux, qu'on ne se laissera jamais aller. Qu'il ne nous verra pas avec de la morve dans les cheveux et du vomi sur la joue. Jamais. Promis juré. On fera des efforts toujours. On ne mettra pas de culottes moches et de jogging informes. Même en hiver. On ne parlera pas de ses flatulences, de gastro ou de ses règles. On se dit qu'on sait comment ça fonctionne, qu'on ne se laissera pas avoir, on ne tombera pas dans les mêmes pièges. On n'est pas comme les autres nous. On se croit invincible, intouchable. 

Au début c'est facile de s'aimer. Même quand la situation est compliquée. Même quand on hésite, on ne sait pas, on se pose des questions. Au début c'est forcément formidable. Les guilis dans le ventre. Les papillons au moindre sms. Les souriais niais. Les petites attentions permanentes. Se surpasser pour essayer d'être tout le temps drôle, intéressant. Faire des trucs insensés. Traverser une ville entière à 2h du matin juste pour le rejoindre. Aller chez lui même quand il se lève le lendemain à 5h du mat pour aller bosser. Prendre un train, une voiture, un vélo, un avion, pour le retrouver juste pour quelques heures. Offrir des tas de cadeaux inutiles. Se baigner à 23h dans la mer un 10 décembre. Prendre des risques. Tenter le tout pour le tout.

Puis, la vie, le naturel reprend son cours. 
Très vite, on s'installe ensemble parce que ça sert plus à rien d'avoir deux apparts quand on rentre chez soi juste pour faire sa lessive. Parce qu'on ne va pas payer deux loyers quand même.  C'est encore formidable. C'est tous les jours formidable.
Puis vient l'hiver. C'est votre deuxième, troisième, quatrième, dixième, cinquantième hiver ensemble. Tu sors moins. Tu as moins envie de rosé. Finalement boire du chocolat chaud sous un plaid en regardant un film c'est bien aussi. Vous n'allez plus dans les bars juste à deux. Puis les jogging c'est confortable quand même. 
Parce que tu finis par avoir une gueule de bois monstrueuse ou être malade. C'est comme ça qu'un jour à 5h du matin tu te retrouves la tête dans les toilettes avec l'autre qui te tient les cheveux et entre deux morceaux tu lui demandes en bafouillant et en pleurant s'il t'aime toujours. 
Le soir quand tu enfiles ton pyjama en pilou-pilou, il est là et te sourit, il te prend dans ses bras. 
Vous faites moins l'amour qu'avant. Il est fini le temps où vous le faisiez partout, à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit. Tu te poses des questions : est ce que je l'aime vraiment ? Est ce que c'est ça l'amour ? Tu doutes. Tu fais le point avec toi-même. Tu en parles à l'autre. Tu prends conscience qu'en fait peut-être vous n'étiez pas invincibles, que vous êtes comme tout le monde. Des cons amoureux qui essaient de le rester. La culpabilité et la jalousie font leur entrée dans ta vie. Parfois tu as envie de tout envoyer péter. Mais l'autre il est là, parce qu'il te connaît par coeur, parce que ça fait des années qu'il calme tes angoisses, tes peurs, même les plus horribles et les plus incongrues. Parce qu'il t'aime même quand tu vomis en jogging. Parce qu'il a encore la force de te prendre dans ses bras tous les soirs, parce qu'il le fait par plaisir. Sans se forcer. Juste parce qu'il aime ça. Vous avez vos trucs à vous, votre complicité, vos rites. Ils sont stupides mais on s'en fiche ce sont les vôtres.

Vous avez pris le temps de construire quelque chose qui vous ressemble, et tant pis si ça ne rentre pas forcément dans les cases que vos amis, votre famille, la société, l'Etat voulaient pour vous. Vous avez construit quelque chose qui vous épanouit, quelque chose dans lequel vous vous retrouvez tous les deux. Quelque chose qui fonctionne. Pas tous les jours. Pas toujours bien. Mais la plupart du temps ça marche. 
Oui la routine est là. 
Ce n'est pas parfait, mais ça ne pourra jamais l'être de toutes façons. 
Le secret ce n'est pas les portes jartelles, ni de s'offrir des cadeaux tout le temps, ni de se dire quinze fois par jour qu'on s'aime. Le secret (pour moi) c'est de se dire les choses. Toujours, tout le temps. Pas tout se dire. Mais être honnête. D'abord envers soi et ensuite envers l'autre. C'est de se souvenir pourquoi vous l'avez aimé au début, pourquoi c'était si formidable. De se souvenir que la personne en face de vous est à la fois votre meilleur(e) ami(e), votre amant(e), votre confident, votre compagnon. C'est lui qui se couche tous les soirs près de vous. Vous partagez votre vagin, votre clitoris, votre pénis, vous lui confiez vos couilles mais vous n'êtes bien souvent pas capables de lui dire que vous avez des doutes, que vous êtes perdu, que vous l'aimez, que c'est aussi à lui de faire la vaisselle, que la poubelle doit être sortie le mardi soir, que vous avez envie d'autres choses, que vous voulez tenter les fessées, que vous n'aimez pas la marque de céréales qu'il achète. Les choses du quotidien et celles plus importantes. Oui ce n'est pas évident. Personne n'a dit le contraire.

Le vrai défi c'est de toujours réussir à se dire les choses, et se les dire vite pour ne pas que ça s'envenime. Le vrai défi c'est le quotidien, cette routine qui s'installe que tu le veuilles ou non. Au début c'est facile de dire je t'aime, de se le dire droit dans les yeux en y croyant très fort. Mais c'est après, quand tu vis avec l'autre, quand tu vis le quotidien, quand il faut aller faire des courses, quand tu dois faire la vaisselle, passer la serpillière, quand tu rentres du boulot complètement crevée, que tu peux dire si tu l'aimes vraiment. Avant c'est trop facile. C'est trop facile de s'aimer quand il n'y a que le meilleur.  Le vrai défi c'est de continuer à avancer ensemble, à rire ensemble, à pleurer ensemble, en jogging ou en pyjama, devant un film le samedi soir à 22h, en buvant du chocolat chaud, sans la passion, sans les formidables débuts. 


LA période formidable. Jack ne tiendra jamais les cheveux de Rose pendant qu'elle vomit. La tristesse.
Oui j'ai conscience que ceci est un GIF Titanic.

lundi 13 octobre 2014

Dis tu comptes faire quoi de ta vie ?

Notre génération est paumée, génération Y, tout ça, tout ça, bla bla. Stop.
On va essayer de voir du positif dans tout ça. 
Je suis paumée un peu. Je ne sais pas vraiment quoi faire de ma vie. Je pense comme beaucoup de gens de mon âge. Mais ce qui est bien aussi avec ma génération c'est qu'on ne se laisse pas aller. On ne se laisse pas faire. On se bat. On ne sait pas trop pourquoi mais on essaie d'être inventif, créatif, d'y voir plus claire, de se comprendre, de s'aider.
Dans toute cette génération, il y a par exemple ma pote siohoho (elle a un vrai prénom je vous jure) (et une autre vie que sur Twitter) (je vous jure ce n'est pas une amie imaginaire) (enfin je crois pas). Je l'aime bien ma pote siohoho parce qu'elle est au moins aussi paumée que moi (ahah), parce qu'elle te comprend quand tu lui dis des trucs bizarres qui te sortent de la tête, parce qu'elle est cool (mais genre vraiment cool) et drôle (ouais en général c'est une qualité qu'on apprécie chez ses amis)

Et donc ma pote siohoho a récemment ouvert son blog (où elle étale toute sa coolitude) et il n'y a pas longtemps elle a écrit un article avec un questionnaire qui s'intitule "Dis tu comptes faire quoi de ta vie ?". Tout un programme. A la base il ne m'est pas destiné mais j'ai décidé d'y répondre (je dois dire que j'aime bien répondre à ce genre de trucs) et comme je suis gentille je vais vous faire part de mes réponses (qui a dit "tout le monde s'en fout" ?) L'idée c'est de trouver ce dont on a vraiment envie. Et je pense que c'est ce qui est le plus compliqué pour moi. Je pense que j'aurais pu faire pas mal d'études différentes et être heureuse. Je pense que j'aurais pu faire pas mal de choses différentes et être heureuse. J'ai pas mal de hobbies, de passions. Je me lasse aussi assez vite. Le champ des possibles est infini. Et c'est dur de combattre cette impression horrible qu'en s'engageant dans un domaine, on s'en ferme plein d'autres. Chck Chck Chck my generation.
N'hésitez pas à y répondre à votre tour les copains.

(Et pour info siohoho, je vais au ciné seule (et je vais parfois prendre des goûters seule).)

Ryan Gosling, la sagesse (et la culotte qui frétille accessoirement).


Quels sont tes 3 principales qualités / défauts ? classique vous me direz, mais non moins utile pour bien démarrer.

En effet c'est hyper classique hein. J'ai l'impression de passer un entretien d'embauche.
Trois défauts : têtue, intransigeante (certains diront cassante), peu/pas sociable, je suis tout le temps en retard aussi, timide, fière (même que certains prennent ça pour de la condescendance) (comment ça on avait dit trois?).
Trois qualités : curieuse (très) de tout et n'importe quoi, persévérante, observatrice.

Comment définirais-tu les gens que tu aimes ?

Ils sont eux-mêmes. C'est con mais je les aime parce que justement ils sont tous différents. Et je crois qu'il n'y a rien de pire que les gens qui essaient de jouer des jeux. On a tous des « masques sociaux » en fonction des circonstances mais je n'aime pas les gens qui prétendent par exemple avoir une confiance en eux démesuré, qui rabaissent les autres pour se valoriser alors que dans le fond ils ne sont pas comme ça. Bon là pour le coup je décris plutôt les gens que je n'aime pas.
Les gens que j'aime sont divers, sont particuliers, ont des personnalités, des envies, des idées différentes, je les aime pour leurs contradictions, leurs bizzaroideries (ce mot n'existe pas), pour leur personnalité.

Si tu pouvais être vraiment doué(e) pour quelque chose, en quoi est-ce que tu aimerais que ce soit ? 

J'aimerais bien être douée pour aider les gens qui sont vraiment dans la merde. Pour aider les inconnus.
J'aimerais bien être douée pour écrire. Genre trouver exactement le bon mot au bon endroit, avoir le bon ton.

En fait j'ai trouvé, je voudrais passer ma vie dans un film de Ryan.


Perdue au milieu d’une chaîne de montagnes, qu’est-ce qui te manquerait le plus ?

La 3G ? Twitter ? Mon chat ?
Paradoxalement (pour une fille peu sociable) des gens avec qui parler. Le juif je pense.

Si tu pouvais changer un de tes traits de caractère, lequel choisirais-tu ?

J'aimerais bien paraître moins froide, moins condescendante, moins hautaine. Mais du coup je sais que je ne suis pas comme ça donc ce n'est pas vraiment un de mes traits de caractère (tu as compris ?).
Je pense que – comme beaucoup de gens – je ferais en sorte d'avoir (beaucoup) plus confiance en moi et moins peur de plein de trucs. Ouais c'est bien ça, ne plus avoir plein de peurs bizarres. Etre plus légère, plus terre à terre. 

Qu’adores tu faire ? Quelles sont les choses - de la confection d’un bouquet de fleurs au départ en voyage - qui te rendent heureux(se) dans la vie ? 

Dans le désordre :
J'adore lire des livres dans les transports en commun, regarder des reportages genre où à la fin tu te dis « putain j'ai appris un truc », regarder des séries qui me parlent VRAIMENT (comme Girls), faire des listes de trucs cools à lire, à voir et où aller, manger dans des resto nouveaux, j'adore rire avec le juif, me mettre du vernis, passer des heures sur Internet à apprendre des trucs sur un sujet dont je me fous royalement à la base, lire des biographies de femmes, lire des choses sur le féminisme, prendre des photos, faire une sieste dans un parc, manger du chocolat, me baigner dans la mer, me maquiller (enfin pas tout le temps), caresser mon chat, regarder de jolis décos (dans les magazines, sur Internet) et imaginer ce que je pourrais faire chez moi quand j'en aurais les moyens, m'endormir près du juif en regardant des séries (so clichéééé), noter des trucs dans mes carnets, jouer à Tetris, jouer aux sims, acheter de jolis stylos, boire du thé chaud quand la neige tombe, courir sous la pluie, jouer à des jeux de société...

La liste pourrait être très longue (et c'est plutôt cool en fait qu'elle soit longue).

¨Puisque je vous le dis.


- Et - et c’est personnellement celle qui me parle le plus - si tu avais confiance en toi, que serais-tu en train de faire en ce moment ? Qui serais-tu ?

Bon étant donné qu'on est dimanche je pense que dans tous les cas je ne ferais pas grand chose en ce moment-même. Mais je pense que si j'avais eu le courage et la possibilité, j'aurais peut-être fait des missions humanitaires dans plein de pays différents (pour une fille casanière qui aime son confort c'est le comble) et je bosserais à l'heure actuelle pour une ONG (et je serais sans doute morte du Ebola ou tuée par l'EI). Mais en fait si j'avais fait ça, je n'aurais sans doute pas rencontré les 3/4 des gens qui partagent ma vie à l'heure actuelle mais bon, j'en aurais rencontré d'autres. L'effet papillon tout ça, tout ça. 
Je pense que j'aimerais aussi être quelqu'un qui sort plus souvent de sa zone de confort, qui ose partir sur un coup de tête comme ça mais je ne sais pas si c'est une question de confiance en soi ou juste une question de personnalité. 
J'arrêterais de penser que je n'ai pas les capacités pour faire telle ou telle chose. 
Il y a tellement de choses que j'ai mis de côté pendant toutes mes études en me disant "non c'est trop dur, je n'ai pas les capacités pour ça, ou non je n'y arriverais pas".

Alors docteur siohoho qu'en penses-tu ?

Sinon oui j'ai agrémenté cet article de gif de Ryan Gosling parce s'il voulait bien m'épouser moi au lieu de faire des bébés à Eva Mendes et de leur donner des noms de chiotte, ma vie serait plus simple. Et pour finir sur une image plus flatteuse de lui, la BA de Blue Valentine qui est un bon film (et qui je pense marque le début de ma passion, mon hystérie, mon amour démesuré pour cet homme). Ca n'a rien à voir avec le sujet de l'article et ça ne vous fera certainement pas avancer si vous vous posez des questions mais je m'en fous je suis pas là pour ça.





jeudi 9 octobre 2014

Un week-end à Lille. #LilleMonAmour

Depuis longtemps, j'ai envie de vous faire un article pour vous dire combien j'aime ma ville. Puis je ne trouve jamais vraiment les mots, je tourne vite en rond, je ne sais pas pas où commencer, j'ai peur d'oublier des choses. Ce week-end, j'ai passé de vrais bons moments à Lille, avec mes amis et avec l'homme. Du coup je me suis dit que la seule façon de vous montrer à quel point j'aime cette ville c'est de vous expliquer ce qu'on peut y faire. 

Mon week à Lille commence par un après-midi au cinéma, rien d'extraordinaire me direz-vous. Lille compte trois cinémas, l'UGC, le Majestic et le Métropole et un café-cinéma l'hybride. Là où se situe le bon plan c'est que la carte UGC illimité est valable dans les trois cinémas de la ville et à 11,10€ la place à l'UGC (9,10€ au Majestic et au Métropole) le calcul est très vite fait....
Je suis donc allée voir Saint Laurent de Bertrand Bonello avec une amie, sachant que nous étions déjà allés voir la version de Jalil Lespert avec Pierre Niney (#TeamNiney).


Cette version là m'a moins plu je dois dire. La période traitée est plus restreinte : 1967-1976 avec parfois des bons en arrière, parfois des bons en avant. On a plus droit à quelques scènes de vie d'Yves, de Pierre Bergé etc, qu'à un "vrai film biographique", c'est un peu décousu, un peu lent aussi parfois. J'ai bien conscience que ce sont des choix artistiques mais ce film-là me parle moins que le film de Jalil Lespert qui suit véritablement une chronologie, qui nous emmène quelque part, qui finalement est peut-être plus "grand public" que celui-ci. Comme dirait ma pote le film de Bonello c'est de la haute-couture, le film de Lespert c'est du prêt-à-porter. Quant aux acteurs, je préfère la performance de Pierre Niney à celle de Gaspar Ulliel. Quand je suis allée voir Yves Saint Laurent avec Pierre Niney j'ai juste vu Yves Saint Laurent, quand j'ai vu la version avec Gaspard Ulliel parfois je n'ai pas vu Yves Saint Laurent mais Gaspard Ulliel qui fait Yves Saint Laurent mais c'est aussi sans doute du au fait que je connais mieux Gaspard Ulliel comme acteur, j'ai plus de facilités à le reconnaître, alors que Pierre Niney je le découvrais (presque) entièrement. Je pense aussi que si je n'avais pas vu le premier, il y a plein de choses que je n'aurais pas compris dans celui-là.
Ce n'est pas un mauvais film, je m'attendais juste à autre chose je pense. 












Après le ciné, nous avons voulu aller aux 48h Maisons de Mode à la Gare Saint So. (Et là tous les non-lillois n'ont rien compris à la phrase). Les maisons de mode c'est un concept qui "consiste à installer des jeunes marques dans des boutiques - ateliers situées à Lille et à Roubaix, tout en leur proposant un suivi personnalisé à chaque stade de leur développement" (dixit le site). L'idée pendant les 48h Maisons de Mode est de les réunir tous au même endroit et d'y ajouter des animations : un défilé, un bar à tatoo, bar à couture, bar à makeup, une course en talons aiguilles ...
St so, alias la gare Saint Sauveur est pour moi LE lieu symbole de la reconversion lilloise. La gare Saint Sauveur est - comme le nom l'indique - une ancienne gare de marchandises dont une partie a été rénovée et abrite désormais un lieu d'exposition, un bar / resto et même une salle de cinéma. C'est un lieu atypique, écolo et incontournable à Lille.
Bref, nous avons voulu y rentrer, sauf qu'il y avait une queue de 15km de long et la perspective d'attendre 3h juste pour voir le stand à tatoo ne nous motivait pas vraiment. 


En face le bar, à droite le lieu d'exposition.



Nous avons donc abandonné et nous avons décidé d'aller à Alternatiba, le "village des alternatives pour le monde de demain". L'événement était situé place de la République à Lille, En gros, ce sont des assos qui agissent chacune à leur manière pour l'environnement et qui proposent des alternatives à nos "modes de vie". 
On y a trouvé un bar bio, des stands proposant des cabas de produits bio / locaux (des assos sur le thème du bio / local il y en a plein d'ailleurs, vous avez l'embarras du choix : les AMAP, le biocabas, le réseau Cocagne, la Ruche qui dit Oui et pour comparer tout ça : mon panier bio), des stands de donation de vêtements, des stands de "pleine conscience", des stands de pédagogie Steiner, des stands avec des gens qui font de la musique avec des légumes... C'était sympa mais comme dirait ma pote - de façon exagérée - ça donne envie de s'acheter un 4X4. C'est le genre de forum super sympa, où on peut rencontrer des gens intéressants mais ce genre d’événement à mon humble avis ne fait que parler à des gens déjà convaincus et ça c'est bien dommage. Je pense que quand on n'est pas familier de ce genre de réflexion, voire même qu'on est un peu réticent à changer nos modes de vie et donc qu'on n'est pas hyper ouvert d'esprit, ce n'est vraiment pas une évidence d'aller à la rencontre de ces associations.







Le samedi soir je suis allée boire des cocktails (pour une fois que je ne bois pas de bière) avec des amis au Zébulon, un bar que je connaissais de nom mais où je n'étais jamais allée. Les cocktails classiques ne sont pas trop chers pour un bar du Vieux Lille (6€) et la déco est sympa (fauteuils en cuir, cadres partout, mannequin, street art...). 



Le lendemain avec l'homme nous sommes allés nous promener encore à Alternatiba où nous sommes restés un peu plus longtemps et où j'ai pu prendre quelques photos. 























Puis direction St So où cette fois j'ai pu rentrer à l'intérieur et découvrir le fameux bar à tatoo, le bar à tresses, le bar relooking, l'expo de robes, l'atelier couture, l'atelier tricot et les différents stands de créateurs...










Puis vers 15h30 accompagné d'un jus d'ananas bio pour moi (on ne se refait pas) et d'une Chouffe pour l'homme nous nous sommes installés sur les marches dans l'attente de la Glam Run. La Glam Run est une course en talons aiguilles ouvertes aux femmes comme aux hommes et cette année il y avait plus d'hommes que de femmes. Il y a des trucs sympas à gagner (bons d'achat maison de mode, voyages...) et certains y vont vraiment à fond mais d'autres sont clairement là pour faire le show, pour le fun et c'est là que ça devient très drôle... ! Des gens (surtout des hommes) qui se pètent la gueule en talons de 12cm roses je dis oui ! 
En tout cas ça a convaincu l'homme qui veut y participer l'année prochaine... Moi j'y réfléchis, j'ai déjà du mal à marcher avec des talons de plus de 8cm donc courir avec des talons de 10cm ... mais ça peut être très drôle. 

Sexy Robert

Les Pom-Pom Girls qui faisaient le show entre chaque course.

La dernière course pour la gloire filles et garçons réunis.







Le podium féminin

Le podium masculin

Le prix des meilleurs looks !



Sinon ce week-end il y avait aussi l'inauguration de l'extension de la maison-folie de Moulins !

Pour voir d'autres photos, direction mon autre blog.


J'espère que ce week-end lillois aura fini de vous convaincre que Lille est une ville formidable qui mérite d'être visitée !

jeudi 2 octobre 2014

Le CRFPA - mon bilan

La genèse - Pourquoi s'infliger une épreuve pareille ?

En terminale (oui je reviens aussi loin que ça), certains de mes profs m'ont proposé de faire une prépa pour les écoles de commerce. Après ça disaient-ils je pourrais aller n'importe où.
Certes. 
N'empêche qu'à l'époque la perspective de "gâcher" deux ans de ma vie à bosser comme une acharnée ne m'enchantait guère. A vrai dire j'étais bien plus préoccupée par l'état de mes relations amoureuses que par ce que j'allais faire de ma vie professionnelle. La vie professionnelle pour moi c'était un truc flou, un peu loin. Avec le recul, je me rends compte qu'à l'époque certaines de mes copines avaient déjà une idée assez précise de là où elle voulait aller. Moi je ne m'en étais jamais vraiment préoccupée.
J'ai passé le concours sciences-po. Je voulais devenir journaliste. J'en avais vraiment envie je crois dans le fond mais j'étais jeune et bête, et encore une fois je m'intéressais bien plus aux garçons et aux soirées qu'au concours sciences-po. J'étais flemmarde aussi (je le suis toujours si ce n'est plus). J'y suis allée les mains dans les poches, sans révisions (sauf celles du bac). Evidemment je ne l'ai pas eu.
Je ne deviendrais probablement jamais journaliste mais de toutes façons de ce que je vois du monde médiatique, je crois que je ne me serais vraiment pas plu là-dedans. Quand je vois le traitement de l'information aujourd'hui, je n'ai vraiment aucune envie de faire partie de ce milieu-là. Peut-être que sciences po m'aurait offert de nouveaux horizons, sans doute même, mais j'ai préféré continué en droit et je ne le regrette pas car ça a été de vraies belles années.

Je me suis inscrite en droit pour de mauvaises raisons, parce que je me disais que je rattraperais le concours sciences po en 4ème année, parce qu'une amie à moi y allait déjà, parce que j'avais été visiter les locaux et qu'ils me paraissaient agréables. Je ne savais pas à quoi m'attendre avec le droit, vraiment pas. Je me suis embarquée là-dedans complètement à l'arrache. Aller à la fac me plaisait. L'idée me plaisait. Bim. 
J'ai redoublé ma première année sans que je le vive comme un drame.
J'ai découvert le droit administratif en deuxième année et ça a été vraiment chouette. J'ai appris à aimer mon G.A.J.A, j'ai compris que Morsang sur Orge n'était pas qu'un arrêt LOLILOL qui parlait de nains, j'ai bossé sur le service public, sur la police administrative et j'ai vraiment aimé ça.
En troisième année, j'ai fait en sorte de ne choisir quasi que des matières de droit public et quand est venue la fin de la 3ème année, j'ai finalement décidé de ne pas repasser sciences po, par flemme (tiens tiens le retour de la flemme), parce que je n'en avais plus vraiment envie, parce que j'étais bien là où j'étais, parce que j'avais rencontré des gens sympas à la fac, parce que le droit public me plaisait, parce que j'étais bien plus intéressée encore une fois par mes histoires sentimentales. 
J'ai quand même décidé de trouver un métier, de faire en sorte que le droit public me mène quelque part. J'ai fait un Master 1 Administration publique pour me préparer aux concours de la fonction publique. Ca a été une année assez ennuyeuse. J'ai passé un concours de la fonction publique encore une fois sans réviser, les mains dans les poches, j'y suis allée seulement le matin, je n'ai même pas le souvenir d'avoir regardé ma note (fille paumée coucou). 
J'ai continué dans un master 2 en droit de l'environnement. J'ai fait un stage en contentieux qui m'a plu, j'ai rencontré des élèves avocates intéressantes, je me suis dit que la profession d'avocat était peut-être une option intéressante. J'ai décidé de passer le concours.
C'est aussi simple que ça.
Je pense aussi avec le recul que j'avais peur de me confronter au monde du travail en sortant du master 2. Ce n'est pas comme si j'avais fait un M2 en droit des affaires, on ne se fait pas embaucher comme ça à la sortie d'un M2 droit de l'environnement.

J'ai donc décidé de passer le CRFPA.
Vous l'avez compris, ça n'a jamais été une ambition, ça n'a jamais été un rêve. J'ai découvert la profession, ça m'a plu, je me suis dit "pourquoi pas ?" et voilà. L'un des gros avantages de la profession d'avocat est la liberté, du moins quand on a un peu d'expérience. Je suis quelqu'un qui aime travailler "sans contrainte" et "dans le rush". J'aime bien pouvoir bosser jusque 3h du mat' si ça me chante sans qu'on vienne m'emmerder et inversement, j'aime bien pouvoir aller glander deux heures dans l'aprèm si je veux. J'ai bien conscience que la profession d'avocat ce n'est pas que ça, loin de là mais n'empêche qu'il y a quand même plus de libertés que dans une administration. En plus je n'ai jamais autant appris qu'en faisant du contentieux, j'adore chercher la petite bête.

Le bon côté c'est que si je ne l'ai pas, je ne vivrais pas ça comme un échec, le mauvais côté c'est que du coup je ne me suis sans doute pas autant investie que j'aurais du.




La préparation au concours - Flemme et procrastination.

J'ai eu mon Master 2 l'année dernière, j'avais donc une année pour me préparer à ce concours, sans avoir de cours. J'ai commencé par un stage en cabinet d'avocats de septembre à décembre qui n'a pas forcément été exceptionnel même si j'ai vu deux trois trucs intéressants.
En janvier, j'ai commencé à m'y mettre. Oui oui en janvier. Tout doucement j'ai commencé mes fiches. Je me disais qu'au moins elles seraient prêtes pour l'été. Sauf qu'au final ça a été bien plus compliqué que ça.
J'ai eu des problèmes de sous. Sans m'étaler sur le sujet, je fais partie de ces gens qui n'ont droit à rien - ou pas grand chose -  mais dont les parents ne vous aident pas beaucoup. J'ai du trouver un job au plus vite. J'ai bossé dans un fast-food. J'ai tenu un mois. J'avais l'impression de passer ma vie là-bas et à côté de ça je n'arrivais pas à bosser le concours. Ca a été le début de la culpabilité. Avec le recul, je me dis que j'avais largement le temps de le bosser ce concours. 
Après le fast-food j'ai trouvé un job d'assistante à mi-temps chez un avocat pénaliste, ce qui rétrospectivement a été sans doute l'une des meilleures expériences de ma vie mais j'y reviendrais. A partir de là j'ai quand même été plus sereine. J'allais travailler chez cet avocat et le reste du temps j'essayais de ficher. Oui essayer. A partir de là j'ai l'impression que le temps a filé sans que je m'en rende compte. Je ne me suis privée de rien, J'ai vu tous les matchs de la France de la coupe du monde, je suis allée voir des amis à Paris, j'ai passé des journées entières à lire des livres au lit. Mais pour tout vous dire finalement je n'ai que peu de souvenirs de cette période. Je sais que je n'étais pas aussi efficace que je l'aurais voulu, je sais que je commençais déjà à culpabiliser parfois. Je n'avais toujours pas fini mes fiches pour toutes les matières et je ne comprenais pas pourquoi j'avançais si lentement.
L'été est arrivé. Un jour j'ai regardé le calendrier et on était au mois de juillet (je vous jure que c'est l'impression que ça m'a fait) j'ai enfin fini mes fameuses fiches. Je n'ai pas fait de prépa. Je ne pouvais me payer la prépa + un été à ne "rien faire", j'ai choisi de vivre sur les sous que j'avais pu mettre de côté.





Avec l'été a du commencer l'apprentissage. Et c'est là que ça a été très dur. Je pense avec le recul que si j'avais eu des cours pendant l'année j'aurais été dans la lancée, dans le mouvement et j'aurais pu enchaîner avec le concours. Sauf que la dernière fois que j'ai réellement appris des cours ce devait être pour ma troisième année.
Je me suis donc retrouvée là avec ma centaine de fiches en droit des obligations à me demander comment j'allais pouvoir apprendre tout ça. Sans oublier le droit public économique dont le programme est beaucoup trop vaste pour que vous puissiez le couvrir en un été et la procédure administrative que je maîtrisais déjà mieux. Je devais donc comprendre, apprendre, tout retenir.

J'ai eu des journées entières de procrastination, de glande. Et de la vraie glande. A ne rien faire. A se dire "allez je regarde ça 10 minutes et je m'y mets" et au final tu passes des heures à regarder des vidéos de chats qui rigolent sur Youtube, à regarder les profils Facebook de gens dont la vie t'intéresse autant que le premier string de ta grand mère en temps normal, à regarder ce qui se cache sur Instagram sous les hashtags les plus débiles possibles, à regarder les autres avoir une vie cool. J'ai passé des journées entières dans mon lit avec mes fiches à côté de moi sans m'y mettre. A regarder l'heure, voir 17h et m'y mettre enfin. Avoir un coup de stress à minuit et bosser jusque 3h du mat, te lever à 10h le lendemain et culpabiliser parce que certains sont levés depuis 7h et ont déjà commencé à bosser et ont une hygiène de vie bien meilleure que la tienne. J'ai aussi passé des soirées à dire non à mes amis pour sortir pour finalement glander chez moi devant mon PC. Le pire c'est que je me disais "mais au lieu de rien foutre, fais au moins des trucs sympas comme lire un bouquin" mais je me refusais à ça parce que je "devais bosser".






Pétage de plombs et culpabilité.

Je ne vous raconte pas le nombre de fois où j'ai failli tout arrêter, tout plaquer, faire un gros fuck à tout ça et tout arrêter. Il y a eu un soir en particulier où j'ai littéralement explosé. J'ai eu envie de tout envoyer péter et j'étais vraiment à deux doigts de tout arrêter. J'ai pris deux ou trois jours pour ne plus penser au CRFPA et ça m'a fait un bien fou d'oublier un peu. J'ai remis les choses en perspective en me demandant comment j'avais bien pu en arriver là pour un concours que je n'étais même pas sûre de vouloir à la base, pour un concours où je m'étais toujours dit "si je l'ai c'est bien, si je l'ai pas c'est vraiment pas grave, je ferais autre chose". Je m'étais laissée embarquer par la pression du concours, par la pression que tout le monde te met, que tu te mets tout seul parce que tu as entendu parler de ce concours des dizaines de fois comme le truc le plus horrible et le plus compliqué au monde. J'ai dit "stop", je fais ce que je peux, je ne culpabilise plus, si je l'ai c'est très bien, si je ne l'ai pas ce n'est pas grave. Comme c'était ma première fois je me suis dit que j'allais voir ça comme un test. Ces bonnes résolutions ont réellement marché une semaine. Après j'ai repris mon mode de vie pas très sain, à me coucher à des heures pas possibles etc mais je me suis quand même moins laissée bouffer par le concours, je me disais toujours "on verra bien".





Puis j'ai pris une petite semaine de vacances dans ma famille en Bretagne avec la ferme intention de réussir à bosser un peu. J'ai eu mes fiches quasiment tout le temps sur moi, j'ai du en lire deux en six jours. Ces vacances m'ont fait du bien mais avec le recul j'aurais du vraiment déconnectée, ça n'aurait pas changé grand chose de toutes façons.

Quand je suis revenue, c'était la fin août, à trois semaines du concours, c'était le moment de mettre les bouchées doubles. Impossible. J'en avais marre. RAS LE CUL. RAS LE BOL. Je voulais que ça s'arrête. J'en avais marre de me lever le matin pour réviser. Marre de devoir apprendre ces trucs. J'avais 25 ans et envie de gagner ma vie. Réussir le concours signifiait aussi retourner 6 mois à l'école et je n'étais plus sûre d'en avoir envie. je saturais complètement. J'avais mes fiches en horreur. Je remettais tout en cause, je trouvais (et trouve toujours d'ailleurs) les épreuves de ce concours complètement débiles. Je sais bien qu'il faut faire une sélection, n'empêche que je trouve ça bête de nous interroger sur des matières de droit comme ça, alors que c'est très loin de la pratique du métier. Bref, c'était la dernière ligne droite et je n'ai vraiment pas bossé comme j'aurais du. 
J'ai vraiment rebossé quelques jours avant les premières épreuves. Oui c'est mal.
Pour ça je tiens vraiment à remercier un de mes potes qui m'a envoyé ses notes de prépa que j'ai lues quelques jour avant l'épreuve de droit des obligations et qui m'ont été d'une grande aide car le cas pratique que nous avons eu en droit des obligations portait sur pas mal de points contenus dans ses notes.




Quand Twitter est devenu anxiogène.

Au début de l'été sur Twitter le hashtag #CRFPA a fleuri de partout et c'était vraiment très agréable de découvrir plein de gens qui comme moi allaient passer ce concours mais c'est très vite devenu une énorme source d'angoisses de voir les autres qui bossaient et pas moi, d'en voir certains levés depuis 7h qui avaient déjà eu le temps et le courage de faire 10 000 trucs, de voir des gens qui se posaient des questions entre eux sur des questions de droit dont les termes ne me disaient strictement rien. Se comparer aux autres a été vraiment très difficile pour moi. J'ai donc arrêté Twitter quelques temps. Dès que je voyais le hashtag #CRFPA je le fuyais au plus vite. Très vite. Mais j'ai quand même rencontré des gens sympas qui valent la peine d'être suivis (qu'ils deviennent avocats ou non) : 
Et sur Instagram : juriurbanenergyhealthy_wenn et dreamyjurist




Les écrits - le grand saut...

Je crois que je n'ai jamais autant stressé que le premier jour. Avant l'épreuve, je faisais les 100 pas chez moi en chantant une chanson, toujours la même, histoire de me vider la tête et de ne surtout pas penser à l'épreuve qui m'attendait. Je pense que si quelqu'un m'avait vu je serais passée pour une vieille barge sous prozac.
C'était l'épreuve la plus dure selon moi : droit des obligations + procédure administrative, le tout en 5h.
Et BIM.
J'ai passé deux heures sur droit des obligations et trois heures sur procédure administrative. 
En procédure administrative nous sommes tombés sur le seul arrêt qui est tellement évident que tu te dis "non ça tombera jamais là-dessus" et puis bah si en fait (l'arrêt Tarn et Garonne de 2014 pour ceux qui connaissent). Et là tu te maudis de ne pas avoir lu tous les commentaires qui ont été faits dessus depuis qu'il est sorti. Bien sûr j'ai lu plein de choses dessus mais toujours un peu de loin en me disant "non ça tombera pas". Bon la bonne nouvelle c'est que quand même j'avais des choses à dire. La mauvaise c'est que je doute que ce que j'ai raconté soit réellement pertinent et surtout je pense qu'il y aura des copies bien meilleures que la mienne. 
En droit des obligations, 4 cas pratiques. Je n'attendais rien de cette épreuve étant donné que ce n'est vraiment mais alors vraiment pas une de mes matières favorites et qu'en plus le prof qui fait l'épreuve a la réputation d'être sadique puissance 12 (l'année dernière ils ont eu un cas pratique sur le bail... bien bien, ce n'est PAS au programme). Au final, cette année il semblait s'être calmé et nous a pondu des cas pratiques d'une difficulté correcte je dirais. Après c'est du droit des obligations, je suis littéralement une grosse merde dans cette matière, je peux donc très bien m'être plantée de A à Z. 

Le paradoxe de tout ça c'est que je suis ressortie de cette épreuve assez remotivée en fin de compte en me disant "en fait c'est ça le CRFPA c'est pas SI compliqué que ça". J'avais vu ce que c'était, je savais à quoi m'attendre, il n'y avait vraiment pas de quoi paniquer. J'ai passé une semaine assez sereine à réviser tant bien que mal droit public économique. Puis les dernières 24h finalement un petit vent de panique a pris le dessus et j'ai travaillé plus que je n'aurais du. Le matin j'étais toujours aussi stressée et puis quand j'ai découvert le sujet.... hum. Un arrêt de la CJUE. OKAY LES GARS. Le genre de commentaires que tu fais deux fois au cours de tes études, le genre de trucs sur lequel TU NE VEUX PAS TOMBER. Je me suis débrouillée comme j'ai pu. Encore une fois j'avais des choses à dire mais je ne suis pas forcément convaincue par ce que j'ai raconté.
Le lendemain j'avais la note de synthèse, j'ai relu la méthodo une bonne dizaine de fois avant d'y aller. Un de mes gros défauts quand je fais une note de synthèse est que je pars bien trop souvent en dissertation en rajoutant ma touche personnelle. Là j'ai collé au sujet, A MORT. Un peu trop peut-être. En y repensant ma note de synthèse ressemble peut-être plus à un résumé qu'à une note de synthèse qui demande en général un minimum d'analyse. 
Je suis ressortie de là complètement vidée mais aussi DELIVREE LIBEREE.




J'ai passé ma soirée à jouer à des jeux vidéos (oui aux Sims ... ça va hein) dans un état semi-comateux. Ca fait une semaine que mes écrits sont terminés et je crois que je ne réalise toujours pas que j'ai passé le barreau. J'AI PASSE LE BARREAU. MOI. 
Ca me paraît foufou tellement dans ma tête j'ai l'impression d'être toujours cette gosse de première année.
Alors vous savez quoi ? Même si je ne l'ai pas je serais quand même super fière de moi de l'avoir passé, d'avoir osé le passer, d'être allée jusqu'au bout.

Après ce qui est marrant c'est que je ne sais absolument pas m'évaluer. J'ai très peur d'avoir fait de la merde et d'avoir 3 partout et en même temps il y a une toute petite part de moi qui dit "on sait jamais ...".
Actuellement je suis censée réviser les oraux, je me suis fait un petit planning allégé en me disant qu'au mieux ça me servira de base pour mettre les bouchées doubles si je suis admissible et qu'au pire ça me rafraîchira la mémoire.

(Pour ceux qui ne savent pas comment ça fonctionne, nous avons les résultats fin octobre et les oraux sont début novembre, nous sommes donc censés réviser sans savoir si ça servira à quelque chose... LOGIQUE.)





Ce que je retiens de cette année

Je ne regrette pas cette aventure CRFPA. Après est ce que j'ai envie de repartir pour une année de buchage intensif ? J'en doute. Encore une fois être avocate n'a jamais été une vocation, c'est une possibilité parmi d'autres et je pense qu'à 25 ans j'ai envie de travailler, de me frotter au monde professionnel, j'ai envie d'une autre vie. On verra bien en novembre.

Dans tous les cas, c'était une aventure folle.
J'ai beaucoup appris sur moi, sur ma façon de travailler, sur ma résistance au stress, sur ma personnalité, sur ce que j'avais envie de faire. 

Je voudrais revenir sur un événement marquant de mon année. J'ai été assistante / stagiaire chez un avocat pénaliste. J'ai pu assister avec lui à un procès aux Assises et préparer le dossier en amont. J'ai vu ce qu'était une audience aux assises de l'intérieur, j'ai vu l'avocat pour lequel je bossais stresser avant de plaider, je l'ai vu énervé, je l'ai écouté me dire "on ne se fait jamais à l'idée que la personne derrière toi risque 30 ans de prison et que ça repose sur tes épaules". J'ai regardé les jurés pendant les plaidoiries, pendant tout le procès, essayant de détecter un signe, quelque chose. Rien. Ils respectent à la lettre les consignes. J'ai trouvé la justice française d'une violence inouïe, la mise en scène, la façon de s'exprimer des juges, des avocats, de l'avocat général, à mille lieux de celui qu'on accusait, la partie civile qui pleure, le malaise, le mal-être, le stress que l'on ressent. Et à la fin ce grand vide. Quand on passe trois jours aux assises (et encore ce n'est que 3 jours) à vivre ce procès de l'intérieur, à essayer de convaincre les jurés... on a l'impression que le reste du monde n'existe pas, que la vie s'arrête à cette salle d'audience. Ces trois jours ont été très intenses et avec les quelques mois de recul que j'ai, je pense que ça a été l'une des expériences les plus fortes que j'ai vécues. 
J'ai vraiment compris à ce moment-là le job de l'avocat pénaliste, le poids qui pèse sur ses épaules et la passion pour la justice qu'il faut nécessairement avoir pour faire un tel métier. J'ai compris la beauté de ce métier, j'ai compris que jamais je ne pourrais être juge, jamais je ne pourrais être procureur, jamais je ne pourrais envoyer des gens en prison, jamais je ne supporterais cela. J'ai compris que ceux qui ont choisi de défendre les gens, l'humain faisaient un beau métier.
Je ne suis pas pénaliste, je ne me suis pas découvert une passion pour le droit pénal. En revanche, j'ai une envie farouche de défendre les minorités quelles qu'elles soient : les femmes, les homo-bi-trans-sexuels, les SDF, les prostituées, les prisonniers, les Roms... Tout ceux qui ne sont pas nés avec la chance d'être homme, blanc, hétéro, dans un joli quartier. Ca fait très Bisounours dit comme ça mais je me suis promis qu'une fois le concours terminé je m'engagerais dans une association. 
Voilà ce que m'aura essentiellement apporté cette année, un goût pour la justice, la justice sociale. Et à défaut de défendre les gens dans les tribunaux je les défendrais autrement.

Puis tout de même, une petite mention spéciale dans cet humble blog à celui qui a partagé cette année avec moi, qui m'a supporté dans mes moments de doutes, de crises, qui m'a sagement attendu quand je lui disais "ouais ouais je finis ça et j'arrive" à minuit alors qu'à trois heures du matin j'étais toujours dessus, celui qui a subi mon exaspération, mon énervement. Pudiquement, juste merci.




Si c'était à refaire - mes conseils pour le CRFPA 2015


Si je devais recommencer le concours pour 2015, je ne passerais pas autant de temps à ficher mais je ficherais pour de vrai, c'est à dire pas juste "pour le plaisir" de ficher mais en essayant d'apprendre quelques notions en même temps.
Je me ferais un planning, un vrai. Quelque chose de réaliste (pas genre 8h-12h et 14h-19h) et que j'essaierais de tenir au mieux.
Je ne travaillerais  plus en fonction des livres mais en fonction de l'actualité. Les sujets sont forcément des sujets d'actualité ou du moins portent sur des actualités récentes. Regarder ce qui tombe tous les jours et bosser en fonction de ça peut être à mon humble avis une stratégie très payante. Encore une fois si mon ami ne m'avait pas envoyé ses notes de prépa (donc sur des choses récentes) je n'aurais sans doute pas pu répondre à la moitié du cas pratique.
Quant à tout ceux qui se disent que ça ne va pas le faire parce qu'ils font leur master en même temps, je dirais que c'est plutôt une chance en fin de compte, vous êtes dans le bain des études, vous allez avoir des épreuves tout le long de l'année, préparer des examens, apprendre des choses qui vous serviront pour le CRFPA et je pense que c'est vraiment important d'être dans ce "mouvement-là".

Après il n'y a pas de miracle, il faut travailler, mais je pense aussi que la pression de l'extérieur est assez (trop) énorme. On m'en avait dit tout un tas de trucs et au final l'épreuve n'est pas si horrible que ça. Avec de la préparation et une bonne gestion du stress, ça peut passer. Après c'est un concours (même si officiellement non) et il y a une part de chances. Ne vous laissez pas envahir par le stress, révisez normalement et dites vous bien que ce n'est qu'un concours, ce n'est pas la fin du monde si vous ne l'obtenez pas.

Je décrocherais peut-être les oraux et reviendrais poster ici un épilogue à ce joyeux bordel mais étant donné que j'ai tout de même un gros doute je préfère vous dire au revoir maintenant et grosse merde à ceux qui passeront les oraux ainsi que ceux qui passeront le CRFPA 2015 !





*la plupart des gifs sont tirés de là 


JOYEUX BORDEL - [MAJ du 29 novembre]

La mise à jour s'impose. Je ne sais pas par où commencer. Nous sommes le lendemain des résultats finaux et j'ai encore l'impression d'avoir complètement rêvé. 

La fin des écrits, les « révisions » des oraux.

Je m'étais fait une sorte de mini planning de révisions en me disant "on sait jamais". Finalement je ne l'ai pas tenu, mon "on sait jamais" s'est transformé en "putain j'ai la flemme". Je me levais sans avoir la moindre envie d'ouvrir un bouquin, je trouvais mes journées très longues et complètement inutiles. Je me suis dit que c'était complètement con de rester là à rien foutre, et qu'il valait mieux gagner des sous. Faut dire que niveau finances, vu que je vivais sur mes économies depuis le début du concours, ça commençait à devenir urgent de renflouer les caisses. De toutes façons à ce moment-là je n'envisageais pas du tout de l'avoir ce foutu concours, pour moi c'était déjà derrière moi. Loin, très loin derrière moi. Je voyais ça comme une belle expérience et n'étais vraiment pas sûre de vouloir recommencer. J'ai pris un job étudiant de standardiste en CDD, mon contrat allait de la mi-octobre jusqu'à la fin novembre et les résultats tombaient fin octobre, les oraux étaient en novembre, c'est vous dire si je croyais en moi et en ma capacité de réussite...
Les gens autour de moi commençaient à stresser pour les résultats et moi pas vraiment. Je me disais que j'avais une chance infime de l'avoir donc que j'allais pas commencer à me stresser pour ça. Non pas que je pensais l'avoir complètement foiré mais les probabilités étaient contre moi. Je n'avais pas fait de prépa, je le passais pour la première fois, je ne l'ai pas bossé autant que j'aurais pu...



Moi admissible ?

Les résultats devaient tomber le 29 au matin mais bien entendu l'IEJ les a affiché le 28 au soir. J'étais tranquille à mon standard quand une amie m'a envoyé un message "Les résultats sont affichés, je sais pour toi - j'ai demandé à une copine de regarder - mais je ne veux rien te dire vu que je ne suis pas sûre de la personne". Mon coeur s'est mis à battre très vite. Et puis un copain m'a envoyé un message "Félicitations tu l'as, des gens ont publié la photo des admissibles sur le groupe Facebook!". J'ai littéralement explosé de joie. Sans pouvoir l'exprimer étant donné que j'étais toujours à ce maudit standard. Mon amie (celle du 1er texto) m'a confirmé que c'était aussi ce qu'elle avait entendu. Puis une troisième personne me l'a dit. J'ai appelé mon copain surexcitée. J'étais folle. Je ne pouvais plus tenir en place. Je n'en revenais pas "moi admissible ?".
J'ai attendu que mon travail soit terminée, dans un état second. Passant de la joie ultime au flip total.
Je suis rentrée chez moi (je n'ai JAMAIS pédalé aussi vite de toute ma vie), mon copain m'attendait avec du champagne. Sur le coup, j'étais tellement heureuse, tellement dingue et surtout j'avais la niaque, l'envie folle de réussir, de "tout défoncer" comme j'ai dit ce soir-là. J'allais bosser, comme une acharnée. Dormir trois heures par nuit s'il le fallait mais je l'aurai ce putain de concours, je l'aurai. J'étais partagée entre la surprise d'avoir été admissible et l'envie folle d'y arriver.



Les petits oraux

Le soir-même j'ai réouvert mes bouquins.
Le lendemain j'ai abandonné mon job de standardiste et j'ai travaillé. COMME UNE DINGUE. On était 90 admissibles, chaque année ils en prennent entre 65 et 70. Autant dire que ça allait être la guerre ! (les autres années il y avait moins d'admissibles, un peu moins de 80). (MAJ : finalement cette année nous sommes 75 admis)
J'ai eu la date des mes petits oraux qui tenaient tous sur deux semaines, puis le fameux grand oral 4 semaines plus tard.
J'ai donc bossé deux semaines sur mes petits oraux d'abord. C'est là, c'est vraiment là que j'ai découvert de quoi j'étais capable. Les révisions de licence, de master ne sont rien à côté de ça. Rien. Je me couchais à pas d'heure, je me levais tôt pour réviser. Avec la rage de vaincre.
Je ne faisais plus que ça. Heureusement mon copain était là pour me faire à manger, faire le ménage et gérer "l'intendance". Sans lui je pense que je me serais gavée de chips pendant 4 semaines.
Il m'a gavé de chocolat par contre pour m'aider à tenir. Je pense que mon taux de cholestérol a du crever le plafond.
Mon premier petit oral - droit administratif, ne s'est pas passé comme je l'aurais voulu. Mon sujet était assez classique mais technique et les questions étaient un peu tordues. Je ne me suis pas démontée mais je suis ressortie de là déçue.
Une semaine plus tard je passais procédures communautaires et anglais le même jour.
L'anglais, cette épreuve où tu te demandes clairement ce qu'elle fout là. Maintenant je l'ai compris, elle sert à rattraper les matières de droit que tu as foiré. L'anglais n'est pas là pour te plomber. A moins de ne pas savoir se faire comprendre et s'exprimer un minimum, tu ne peux pas avoir en dessous de 10 (je dis ça j'ai peut-être eu 4) (MAJ : je n'ai pas eu 4). L'interrogateur était ultra sympa et j'ai même réussi à le faire rire. Clairement j'ai un niveau vraiment pas terrible en anglais, niveau collège yaourt, mais j'arrive à me faire comprendre et je pense clairement que c'est le principal.
Puis est venu procédures communautaires, l'oral qui m'a traumatisé. Je ne vais pas rentrer dans les détails parce que globalement ce n'est pas très intéressant. J'ai juste eu la sensation de parler à un mur, en chinois. Il me regardait comme si j'étais la dernière des connes, m'interrompait tout le temps. On ne se comprenait pas lui et moi. J'ai eu l'impression de répondre à côté de la plaque à chacune de ses questions. Pourtant je l'ai bossé cette matière, mon exposé n'était pas nul mais non rien à faire, ça n'est pas passé. Je suis ressortie de là en me disant que c'était foutu pour moi cette fois.



L'épreuve reine, la fameuse, l'ultime.

J'ai fait 24h de pause pour décompresser un peu. Puis après j'ai vu ma famille, puis j'ai bossé une journée (un "vrai" travail), puis j'ai fêté l'anniversaire de mon copain, tant et si bien que moi qui avais un peu moins de trois semaines pour réviser le grand oral, j'en ai eu finalement "que" deux. Et là le grand oral c'est le grand vide, le grand tourbillon, la grande angoisse. Il y a tellement de choses à voir, à comprendre, lire, revoir, réviser que vous passez vos journées à ouvrir des bouquins, des dizaines de pages sur Internet, à lire des milliers de trucs sans en retenir la moitié. Il y a des choses sur lesquelles vous ne pouvez pas faire d'impasse, toutes les libertés publiques vous devez les connaître, leur "histoire", leurs limites etc. Puis il y a tout ce qui gravite autour qui conduit à ce que vous fassiez un peu de pénal, un peu de droit de la santé, un peu de droit du sport, un peu de droit du travail, un peu de droit administratif, un peu d'histoire du droit... C'est très vaste et surtout sans fin. Oubliez toute vie sociale, oubliez votre sommeil, oubliez vos loisirs. Vous mangerez CRFPA, vous dormirez CRFPA, vous VIVREZ CRFPA. Si bien que quand mes amis me demandaient des nouvelles, et le peu de fois où je les ai vu j'avais l'impression d'être une espèce de vieille folle, je suis devenue incapable de parler d'autres choses et croyez-le ou non ça fait peur. Je me suis vraiment demandée à un moment si un jour j'allais être capable à nouveau de parler d'autres choses.
Le lundi des grands oraux est arrivé et les premiers sujets sont tombés. J''ai cru que j'allais défaillir, certains me paraissaient insurmontables.
Une amie m'a entraîné aux grands oraux et je crois que sans elle, sans ses précieux conseils je n'y serais jamais arrivée.



Le jour J est arrivé. Je me suis réveillée avec la boule au ventre, c'est le moins qu'on puisse dire. Et là on m'a dit "amuse toi, profite aussi de tout ça, montre qui tu es, une fille intelligente !". J'ai dit "okay ça je peux le faire". Ma pire angoisse était de tomber sur un sujet qui ne me disait rien du tout. RIEN. La veille était tombée "Raisons d'Etat et libertés" ou encore "le secret professionnel", ou bien "diplomatie et droit", autant de sujets qui m'auraient donné envie de me pendre. Moi je voulais un sujet sur les femmes, les handicapés, les enfants, le droit de mourir... bref un truc sur tous ces sujets "classiques" tellement ils sont d'actualité.
Je suis arrivée fébrile devant la porte d'entrée de l'IEJ, j'ai vu de qui était composée mon jury, la présidente de la CAA, un prof de droit public à la fac et un avocat pénaliste ultra connu. Pour la publiciste que je suis, ce jury ne pouvait pas mieux tomber.
Je suis rentrée dans la salle avec mes 12 000 codes et j'ai tiré le sujet pour mon compatriote et moi, lui allait traiter le même sujet que moi mais devant un autre jury en même temps que moi. Tous mes potes m'avaient dit qu'il vallait mieux que je tire le sujet. Eux quand ils avaient laissé l'autre tirer ça ne leur avait pas porté chance. Je ne suis pas spécialement superstitieuse dans la vie mais dans ce genre de concours, on le devient. On se raccroche à tout et surtout n'importe quoi.
J'ai d'abord regardé s'il n'y avait pas le sujet n°24 pour ma date de naissance, il n'y était plus. Je me suis dit "allez vas-y prend au pif". Sujet n°171 : Le principe de laïcité et la liberté de conscience (je pense que je m'en souviendrais toute ma vie de ce sujet).
J'ai tellement été soulagée en voyant ça. J'ai couché sur ma feuille tout ce que je savais sur le principe de laïcité, ensuite j'ai raccroché la liberté de conscience à la liberté d'expression (justifié dans mon intro bien sûr).
 J'ai fait le plan le plus bato du monde et l'heure était venue d'y aller. On est venu me chercher, j'ai traversé la fac, j'ai pris l’ascenseur jusqu'au 3ème en me disant "putain j'espère que ce vieux coucou ne va pas tomber en panne". J'avais l'impression d'avancer vers l'échafaud. Puis devant la salle, mon copain et mes amis m'attendaient, et ça m'a fait un bien fou de les voir, de discuter avec eux, de tout sauf du sujet - bien évidemment. Je n'ai pas regretté à ce moment-là de les avoir autorisé à venir me voir.
Les portes se sont ouvertes, le jury m'a invité à rentrer. Comme le veut l'usage j'ai attendu qu'ils me disent de m'asseoir, puis que le président rappelle mon sujet et me dise d'y aller.
J'ai pris une grande respiration et j'y suis allée. Je me suis lancée comme une grande, devant ce jury de trois personnes, avec derrière moi tout un public - que l'on oublie vite par ailleurs.
Mes amis m'ont dit par la suite que j'ai parlé un peu trop vite, j'ai joué avec ma bague en dessous de la table, j'ai dit 10 000 fois trop de "donc" (foutu tic de langage) mais j'ai tenu.
Les questions sont arrivées, toutes plus déstabilisantes les unes que les autres. Même pour celles qui sont évidentes, que vous savez, vous savez que vous le savez mais non vous doutez. De toutes façons à ce moment-là vous avez même oublié à quoi ressemblait votre mère et quel était votre prénom. J'ai répondu du mieux que je pouvais à toutes les questions.
Ca a fusé dans tous les sens, ils ont bien compris que j'étais publiciste et j'ai quand même eu la sensation qu'ils essayaient de me tirer vers le haut.
Je suis ressortie épuisée mais pas mécontente de moi.
Mes amis m'ont dit que ça c'était bien passé, ça m'a rassuré.
On est ressorti de là vite, très vite. On est allé boire des coups. Oui à 11h30. Je n'ai fait quasiment que boire jusqu'aux résultats qui étaient le soir-même.



L'annonce des résultats, cette torture.

Dans certains IEJ, vous êtes seul avec vous même sur Internet pour les résultats. Dans le mien, on vous réunit tous dans un amphi, la plupart des gens viennent donc avec leurs amis et leur famille et le président du jury donne la liste des admis. Ce qui est tout bonnement horrible et monstrueux pour ceux qui ne l'ont pas.

On s'est installé dans l'amphi à 18h. Les membres du jury étaient là, tous en robe. La directrice de l'IEJ a fait un discours interminable. Dans ces moments-là, je vous jure vous avez des envies de meurtre.
Le président du jury a pris la parole et a commencé sa liste. La première a été largement applaudi, le jury donne l'ordre des admis dans "l'ordre de mérite", du meilleur au "plus nul".
Les noms ont défilé, un par un. Le mien ne venait pas. Plus les noms passaient plus je m'aplatissais sur ma table en me disant que c'était mort. Je n'y croyais plus. Je regardais mon copain et mon amie avec désespoir. Je me voyais déjà rentrer chez moi, mettre mon pyjama et m'abrutir devant des jeux vidéos pendant 3 jours en mangeant du chocolat. Quand soudain, il l'a dit. Il l'a enfin dit mon putain de nom/prénom.
J'ai cru que j'allais me mettre à pleurer, à crier et rien, juste complètement abasourdie par cette nouvelle. Je me suis jetée dans les bras de mon copain, puis de mon amie.
La liste s'est terminée, j'ai appelé ma mère, mes proches, mes amis. Tout le monde. Je ne réalisais pas du tout. On a fait la fête un peu le soir, sans que je réalise pour autant.
Nous sommes samedi 29 novembre (le lendemain des résultats) et je crois que je commence seulement à réaliser aujourd'hui (MAJ du 6 décembre : je crois qu'en réalité j'ai bien mis une semaine pour m'en rendre compte véritablement). Ca y'est je vais devenir élève-avocate, puis avocate. Ca va se passer pour de vrai.
C'est fou et incroyable.




Une mini revanche

Je suis fière de moi je l'avoue. Je n'ai jamais spécialement galéré dans la vie, je n'ai jamais manqué de rien dans mon enfance/adolescence. N'empêche que je ne viens pas d'une famille complètement "classique" (comme beaucoup de gens aujourd'hui) (coucou 3615 MA VIE), je ne viens pas non plus d'un milieu aisé. Je n'ai pas de père/mère magistrat, médecin, directeur d'entreprise, haut fonctionnaire... Chez moi les gens sont assez « simples » (et dieu que je l'aime cette simplicité) et rien ne me prédestinait à une telle profession.  Personne dans ma famille ne fait du droit ou n'exerce une profession libérale. 
J'ai toujours payé mes vacances et mes loisirs avec mes jobs étudiants et depuis deux ans je paye mon loyer en faisant des boulots à droite, à gauche. Cette année je l'ai aussi financé seule, comme une grande. Et j'ai réussi ce putain de concours sans prépa privée et du premier coup. Et j'y peux rien, je ne peux m'empêcher d'être fière de ça. Je ne peux m'empêcher de penser que ça sonne un petit peu comme une mini revanche sur la vie.
Ca va sonner très cliché mais pour toutes celles et ceux qui n'ont pas les moyens, qui ne peuvent pas se payer des prépas ultra chers, croyez y, tout est possible, j'en suis la preuve vivante.






Une expérience incroyable

Au delà de tout ça, je crois que ça a été l'une des expériences les plus folles de ma vie.
Sur un plan personnel, si tu veux connaître tes limites, ta gestion face au stress, ta capacité à travailler, passe le CRFPA ! Je ne me pensais pas capable de travailler comme une acharnée. Je n'ai jamais été une énorme bosseuse. Je suis plus du genre à savoir bosser quand il le faut (3 jours avant l'examen par exemple), à avoir quelques facilités plutôt que de m'enfermer pendant deux mois chez moi sans voir personne. Comme dirait une amie, je suis une fille "normale", je mange, je vis, des fois j'en ai marre et j'ai juste envie de me reposer. Alors que certains sont des bourreaux de travail tout le temps. Je me suis rendue compte que si je le voulais je pouvais être un bourreau de travail, si je le voulais je pouvais déplacer des montagnes pour y arriver.
D'un point de vue intellectuel, je crois que préparer le grand oral a été l'épreuve la plus stimulante au monde, je n'ai jamais autant appris que durant ces 15 jours. Bien sûr, on n'approfondit rien, ce sont des connaissances de surface mais ça m'a vraiment éclaté. J'adore apprendre des choses. Je déteste le par coeur, je déteste réciter bêtement des choses mais me renseigner sur des tas de trucs différents ça oui j'adore.

Enfin, ce concours m'a permis de rencontrer des gens, des futurs confrères/consoeurs, que ce soit sur Twitter ou dans la vie réelle et c'était sincèrement formidable tout ce soutien et cette compréhension parce que – et ça va faire très cliché – mais personne ne peut comprendre ce que vous vivez hormis ceux qui le passent, c'est tellement intense, tellement épuisant...

Cette expérience est formidable.


Devenir avocate

Je l'ai déjà dit et le redit ça n'a jamais été une ambition de petite fille. Même si depuis je me suis demandée pourquoi j'avais voulu être journaliste étant ado, au delà du fait que j'aime écrire, c'était aussi une volonté de "dénoncer" des choses, faire de l'actualité ne m'intéressait pas, j'avais surtout envie de creuser la vie des gens, de creuser des sujets d'actualité pour "dire la vérité", une envie de mettre sur le devant de la scène ceux qu'on n'écoute pas d'habitude, j'avais dans le fond je crois une profonde envie de justice.
Au début je n'étais pas sûre de le vouloir ce concours. Puis au fur et à mesure du temps, je me dis que c'est une formidable profession. J'aime l'idée de mettre mes compétences juridiques au profit de ceux qui n'y comprennent rien, aider « les gens » à se défendre. Je trouve cette idée formidable. Je suis sans doute naïve et je déchanterais peut-être en exerçant mais je trouve cette profession très belle et très noble et je suis très fière aujourd'hui d'être élève-avocate.

Par contre je me suis promis une chose, c'est de ne JAMAIS devenir prétentieuse et snob. Par pitié non. Je veux continuer à jouer aux Sims, à mettre du vernis de toutes les couleurs, à regarder Les Reines du Shopping, à faire des robes en chamallows pour Halloween. Je suis comme ça et je le resterai.

Merci mille fois à celles et ceux qui m'ont soutenu, d'une façon ou d'une autre.