vendredi 16 janvier 2015

A lire!

Comme depuis deux ans, cette année je me suis promis de plus lire. Puis il y a eu la vidéo de Solange qui m'a encore plus motivée. 

Et là tu découvres Solange
A mon avis soit tu l'aimes soit tu la détestes, moi je l'aime.


Ensuite j'avais écrit un article sur le fait que le snobisme culturel c'était nul. Et puis finalement je pense qu'on s'en fout un peu. Parfois je me demande combien de livres j'aurais lu si je n'avais pas eu Internet. Et puis il n'y a pas si longtemps je me suis posée la question à l'envers. Qu'est ce que je n'aurais pas découvert si je n'avais pas eu Internet ?
Sans doute aurais-je perdu des amis de vue, et sans doute serais-je passée à côté de certaines personnes. Etant bien plus à l'aise à l'écrit qu'à l'oral (même si je me suis soignée), j'ai beaucoup plus facilement de contacts via des conversations Facebook, Whatsapp ou Twitter. 
Je ne serais sans doute pas devenue féministe. Ma première approche du féminisme ça a été Madmoizelle évidemment.
Je ne compte plus les reportages que j'ai regardés en Replay ou sur Youtube. 
Je ne compte plus les tweets de gens intelligents qui m'emmènent vers leur blog ou vers des sites intéressants.
Sans Internet je n'aurais sans doute pas eu le concours d'avocat (CRFPA). Sans Internet je serais sans doute un peu moins écolo.
Internet a été et est toujours ma bulle ouverte sur le monde. Je vis bien sans télé mais jamais je ne pourrais vivre sans Internet. 
J'ai lu quelque part il y a longtemps (donc source zéro - désolée) que ce n'est pas que les jeunes lisent moins c'est qu'ils lisent différemment. Nous lisons en réalité en permanence, nos smartphones, nos ordinateurs... 
N'empêche que la lecture reste dans l'imaginaire des gens un art assez noble "je lis moi môssieur". C'est quelque chose qui demande de "se poser", de ne plus être hyper connecté, de la patience, d'accepter pendant quelques minutes ou quelques heures de ne plus savoir ce qui se passe dans le reste du monde. Pour nous qui allons aux toilettes avec nos smartphones ça paraît compliqué. 

J'ai toujours adoré ça lire. Ma mère me dit que j'ai su lire très vite et j'ai toujours beaucoup lu. Jusqu'à ce que j'ai Internet. A 15 ans. MSN a dès lors pris une énorme place dans ma vie. 
Est ce que c'est mal ? Est ce que c'est bien ? On s'en fout, j'avais 15 ans et sans MSN je n'aurais peut-être pas vécu ma première histoire (d'amour) importante. 

Mais voilà, ça me manque. Ce que j'aime grâce à Internet, c'est que je peux faire mille choses en même temps, consulter mes mails, regarder un reportage en replay, discuter sur Facebook, retwitter. Il est rare que je ne fasse qu'une chose en même temps, même quand je regarde un film ou une série souvent je fais autre chose en même temps, je colorie, je joue avec le chat, j'envoie des messages, je regarde le journal d'un oeil, je mange, je commente le film. Sauf au cinéma. Aller au cinéma me force à me déconnecter. A voir autre chose qu'Internet.

Donc cette année, j'aimerais plus lire. En 2014 j'ai lu beaucoup mais malheureusement beaucoup de bouquins de droit. Pour me motiver dans cette tâche, je vous écris ici les livres que j'ai achetés cette année ou il y a plus longtemps et que j'aimerais lire (et encore je pense que certains se sont perdus en route quelque part dans mes étagères) parce que non seulement je ne lis pas assez mais j'ai tendance à être une acheteuse compulsive, qui achète au coup de coeur, ou lors de la braderie (coucou les razzia chez Oxfam) et ça s'entasse, ça s'entasse...

Les deux régentes de Simone Bertière. (En cours depuis environ 8 mois. J'ai une petite passion pour l'histoire des reines, des favorites etc et j'adore lire des biographies historiques. Celui là ma mère me l'a offert à Noël 2013 et c'est réellement intéressant sauf que c'est hyper compliqué. Simone Bertière nous décrit toute la géopolitique de l'époque, la vie des deux reines, des rois, des ministres, des favoris et honnêtement on s'y perd très vite... C'est pour ça que des fois j'ai besoin de lire des choses plus "faciles" et du coup je décroche.)  EN COURS

Trader, Hippie et Hamster de Marina Lewycka (emprunté à la bibliothèque - oui parce qu'en plus d'avoir une énorme pile de bouquins à lire j'en emprunte - la meuf folle) 

Les 7 Harry Potter (j'ai déjà lu les 4 premiers il y a fort longtemps mais après avoir revu tous les films j'ai envie de m'y remettre, cet univers m'intéresse de plus en plus - à presque 26 ans, TOUT EST NORMAL - alors qu'à 12 ans j'accrochais pas plus que ça, allez comprendre... )
Harry Potter à l'école des sorciers. 
Harry Potter et la Chambre des Secrets
Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban
Harry Potter et la coupe de feu
Harry Potter et l'Ordre du Phénix
Harry Potter et le Prince de Sang Mêlé

Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire. Jonas Jonasson (vu le film)

Je suis à l'est, Josef Schovanec (Josef Schovanec est un jeune autiste que j'ai découvert au Petit Journal, il a l'ai d'avoir un regard tellement différent sur le monde que ça m'a convaincu d'acheter ses livres)

Le choeur des femmes, Martin Wickler (présenté dans une excellente chronique de Madmoizelle)

Le lait de l'oranger, Gisèle Halimi (si vous ne connaissez pas Gisèle Halimi, tapez donc son nom dans Google et si vous me connaissez vous comprendrez pourquoi elle a toute mon admiration)

Portrait du Gulf Stream, Erik Orsenna (un ami m'avait offert La Grammaire est une chanson douce, un livre réellement poétique et plein de douceurs, ça m'a donné envie de me pencher sur celui-ci).

La conversation amoureuse, Alice Ferney 

Le Loup Garou, Boris Vian

Pierre et Jean, Guy de Maupassant (une envie de classique parfois)

Wilt 2, Comment se débarrasser d'un crocodile, de terroristes et d'une jeune fille au pair, Tom Sharpe (de l'humour anglais, j'ai lu le premier sur les conseils de mon copain très friand de ce genre d'humour, ça m'a donné envie de connaître la "suite" )

Le deuxième Sexe I, (qui est TRES COMPLIQUE, et que je n'ai pas fini du coup)

Le deuxième Sexe II, Simone de Beauvoir,  (que je n'ai jamais fini - shame on me) 

Une vie Française, Jean Paul Dubois (commencé jamais terminé)

Sur la Route, Jack Kerouac (commencé, jamais terminé) (j'avais pas du tout accroché mais on va réessayer - je n'aime pas ne pas finir un livre, pourtant ça m'arrive ... tout le temps)

Madame Bovary, Flaubert (cf l'envie de classique)

Le jeu de l'ange, Carlos Ruiz Zafon (c'est le tome 2 d'une trilogie, quiche que je suis j'ai lu le tome 3 avant le tome 2)

L'ingénue Libertine, Colette (commencé il y a fort longtemps, jamais terminé non plus)

L'enchanteur, René Barjavel

Odette Toulemonde et autres histoires, Eric Emmanuel Schmitt

Le ravissement de Britney Spears, Jean Rolin (jamais terminé, pourtant le pitch est sympa mais pas du tout adhéré au style, mais toujours cette idée de "je n'aime pas ne pas finir les livres")

Meurtre dans un jardin indien, Vikas Swarup (j'avais lu le livre Slumdog Millionnaire - bien avant qu'il devienne ce qu'il est devenu d'ailleurs - hé ouais - ouais je me la pète - et ça m'a donné envie de continuer à lire des romans indiens tellement l'ambiance est particulière)

L'amour à Versailles, Alain Baraton (le Closer de l'époque ahaha)

La vie sexuelle des super héros (jamais terminé, pourtant il est pas mal mais un peu longuet)

Fleur du désert, Du désert de Somalie à l'univers de top-models, Waris Dirie, Cathleen Miller (ai vu le film)

Femmes de dictateur, Diane Ducret

Anne de Bretagne, Henri Pigaillem (BZH <3) (hum)

Petite Histoire des duchesses de Bretagne, Etienne Gasche (BIS) 

Guide des métiers pour les petites filles qui ne veulent pas finir princesses, Catherine Dufour

Eloge du voyage à l'usage des autistes et de ceux qui ne le sont pas assez, Josef Schovanec (oui le même Josef Shovanec qu'au dessus)

50 shades of grey

Le quai de Ouistreham, Florence Aubenas

Wonder Woman.T1

Olympes de Gouges, Catel, Bocquet

A poil, Klaire fait Grr

La République Bobo, Laure Watrin et Thomas Legrand

Chéri, Colette

Orgueuil et préjugés, Jane Austen 

Les quatres filles du Docteur March, Louisa May Alcott

Matilda, Roald Dahl

Les Monologues du vagin, Eve Ensler

Pyongyang, Guy Delisle

Carnets de Thèse, Tiphaine Rivière

Ca en fait 37. BON BON BON. 
Sachant que je dois lire beaucoup pour mes études et mes stages à côté (le droit est un domaine où il faut lire BEAUCOUP), que je me suis aussi promis d'aller plus au cinéma, que j'aimerais bien garder un semblant de vie sociale, et garder mon copain, que je vais avoir peut-être des journées assez longues en stage, que j'aimerais bien enfin finir quelques séries, continuer à lire les journaux, ça va être drôle (je voudrais avoir des journées de 96h please !). Ah oui et je louche méchamment sur TOUS les livres de Christine Bard
Bon clairement, je n'arriverais pas à lire les 37 mais si je pouvais déjà en lire plus de la moitié ce serait chouette.

L'idée c'est de venir les barrer au fur et à mesure de l'année, et de me flageller à la fin de 2015 quand je me serais rendue compte que j'en aurais lu 3 de la liste. 

dimanche 4 janvier 2015

Changer de regard.

Depuis que je suis petite je crois que je me sens bien dans ma peau. On me dit souvent que j'ai de la chance. Parce que je peux manger un peu tout ce que je veux sans prendre un gramme. "Quelle chance !". Parce que physiquement - de corps - je corresponds plus au moins à ce que l'on attend d'une femme de 25 ans en 2014. Je suis ni trop petite, ni trop grande, j'ai de la poitrine, des cuisses et jambes fines. Bref vous voyez. Je ne ressemble pas aux filles des magazines parce que je ne vis pas avec un filtre photoshop en permanence sur le corps mais on ne m'a jamais dit que j'étais trop grosse, trop maigre, trop comme ci ou trop comme ça. Au contraire "j'ai de la chance". 
Je ne sais pas ce que c'est que de subir une discrimination ou même d'avoir des remarques négatives sur son corps de la part de son entourage. Sans m'identifier aux filles des magazines, quand on te répète depuis que tu es petite que tu es "bien physiquement", tu t'en fous un peu des filles des magazines et tu ne les jalouses pas. Je n'ai jamais fait de régime. Ca m'est venu une fois à l'esprit quand j'étais ado mais j'ai du le tenir 2 jours.
C'est sans doute pour ça qu'aujourd'hui à 25 ans, je ne me sens pas mal dans mon slip. Parfois je regarde ma peau d'orange, mes vergetures, mes poils moches, mes bourrelets (oui même les filles minces ont tout ça) et je me dis que ouais c'est pas très joli, mais je me dis aussitôt que toutes les femmes sont comme ça. TOUTES. La réalité c'est ça. La beauté du corps c'est ça.

Campagne de pub pour Viksen Lingerie avec la blogueuse Tête de Thon.


Je n'ai jamais eu de remarques de la part de mon entourage familial parce que justement je corresponds à cet "idéal de beauté" physique. Je suis mince, c'est un fait.
Mais que se serait-il passé si j'avais pesé 5-10-20-50 kilos de plus ? Je sais très bien ce qu'il se serait passé. Je vois très bien la tête de ma mère quand je me pèse sur sa balance (une fois tous les 36 du mois) et que je lui dis que je pense avoir pris 2 kilos. 
"Faudrait pas prendre plus quand même!" "Fais attention!" 
C'est assez drôle d'ailleurs parce que clairement on est loin de manger sainement dans la famille, je ne suis pas spécialement adepte des plats super gras, des sodas et des bonbons mais je suis la reine du grignotage, du chocolat et des Chocapic. Chez moi on était loin d'avoir des légumes tous les jours dans notre assiette. "Ma fille vas-y pourris toi la santé de l'intérieur tant que tu restes belle à l'extérieur." Les gens confondent souvent minceur / santé et grosseur / mauvaise santé. Je pense qu'il y a des personnes grosses qui mangent bien plus équilibrées et sainement que moi. 
Quand on regarde une émission à la télé et qu'il y a une fille grosse, obèse, ou même avec des hanches un peu larges, une fois sur deux ma mère balance une réflexion "elle doit aimer le steak et les frites celle-là". Alors que non. Regarde moi, je m'enfile des paquets de chips devant la télé et je pèse le même poids depuis mes 16 ans. Ca ne veut rien dire. Certaines mangent tout ce qu'elles veulent et ne grossissent pas, certaines vont manger un carré de chocolat et vont grossir tout de suite. C'est une question de génétique et de morphologie, pas de chance et encore moins un critère de beauté.
Je pense qu'elle ne se rend pas bien compte de la violence de son propos. Comme la majorité des gens. Des fois j'ai envie de lui demander si elle m'aimerait moins si je pesais 30 kilos de plus.

Pendant longtemps, j'ai pensé de la même façon qu'elle. Complètement lobotomisée par les magazines et par ce qu'on m'a toujours raconté, j'ai longtemps cru que la beauté se situait dans une taille 36-38. Puis, j'ai lu, je me suis renseignée, j'ai réfléchi et me suis rendue compte que je la beauté était subjective (coucou j'enfonce des portes ouvertes) et surtout le fait de normes sociétales. Ce n'est pas pour rien s'il y a peu on valorisait encore les femmes grosses (et non ce n'est pas une insulte, c'est un fait, comme le fait de dire que telle personne est mince) et très blanches de peau, alors que maintenant la norme consiste à être bronzée et mince. Je ne dis pas que l'un est mieux que l'autre. Je ne dis pas que les femmes grosses sont plus de "vraies" femmes que les autres. On a beaucoup tendance à faire ça, à dire que Marylin Monroe était une vraie femme par exemple - sous entendu les mannequins d'aujourd'hui très maigres n'en sont pas. En voulant valoriser les femmes grosses on dévalorise les minces / maigres et ce n'est pas comme ça qu'on y arrivera je pense.

Viksen encore. LA DIVERSITE. 


J'essaie juste depuis quelques temps de changer de regard. De me dire que premièrement, chacune fait ce qu'elle veut avec son corps. Deuxièmement, j'essaie de trouver de la beauté partout. Même sur une femme avec des gros bras, avec un gros ventre, des petites jambes, chez une poilue, une bossue, des grosses hanches, des bras très fins. J'essaie de me défaire un peu de la "norme". Je ne dis pas que c'est évident et c'est surtout sans doute bien plus facile à faire quand on rentre soi même dans cette norme, je ne dis pas le contraire. Il y a trop de filles qui bien que rentrant parfaitement dans cette norme se trouvent encore trop comme-ci, trop comme-ça, et parfois se ruinent la santé. On peut faire un 36 et avoir des milliers de complexes. Tout simplement parce qu'on aura toujours de la peau d'orange, de la cellulite, des vergetures et autres trucs que ces magazines nous disent trouver moches. Parce qu'encore une fois personne ne vit avec un filtre photoshop en permanence sur le corps. 

On en voit toutes des filles - très jeunes parfois - se ruiner la santé, s'affamer, faire des régimes à la con, s'épuiser à contrôler leur poids - et je ne parle même pas des problèmes alimentaires types anorexie et boulimie, je parle de tous ces petits trucs insidieux, monter sur la balance tous les jours, sauter un repas, s'empêcher de manger du chocolat, des plats trop gras, ne pas mettre de sauce dans la salade, compter les calories, ne pas prendre de dessert, ne pas se resservir une deuxième fois, et ce constamment, toute leur vie, pour rentrer dans une norme qui ne leur correspond pas. En ce moment, avec les "excès des fêtes" et la nouvelle année, on en voit plein dire qu'elles vont se "reprendre en main", manger plus sainement, se remettre au sport, pour "être bien pour l'été". Un contrôle permanent du corps. 
Je trouve ça tellement dur et tellement violent. 
J'essaie de changer de regard et j'essaie de trouver de la beauté partout. Surtout dans l'intelligence et l'esprit.


La dame qui parle c'est Stéphanie Zwicky qui a un blog mode ultra connu, qui est chroniqueuse à 100% mag. 
(On oubliera la remarque de la journaliste à la fin sur le fait que les hommes préfèrent les femmes rondes au lit, ça relève de ce que je disais plus haut sur le fait de valoriser les femmes grosses en dévalorisant les minces, sans parler du fait que clairement si on pouvait arrêter de considérer le corps des femmes juste par rapport au regard des hommes ce serait chouette.)