dimanche 19 juillet 2015

L'écologie, mes contradictions et moi.

A moins que vous ne viviez dans une grotte, vous le savez, le monde va mal, on va droit dans le mur et tout le monde a l'air de s'en foutre.

Terra Eco, magazine mensuelle ultra intéressant


Pour vous poser le tableau, j'ai grandi en mangeant des raviolis en boite, des Pépito et en suppliant ma mère de prendre la voiture pour faire 500m. 
Ma seule approche du "préservons la planète" revenait aux "ne jette pas ton papier par terre" de ma famille. 

L'écologie, l'environnement, j'ai toujours plus ou moins su que c'était important mais je ne me rendais pas compte que nos modes de vies étaient néfastes pour la planète. Pendant longtemps, c'était comme ça et c'est tout.
Quand j'ai pris conscience que quelque chose clochait, je me suis demandée comment concrètement je pouvais agir. C'est un truc qui me paraissait loin, pas à ma portée, cher et contraignant. 
Puis j'ai pris mon indépendance, j'ai grandi, j'ai réfléchi à tout ça et je me suis dit qu'on ne pouvait pas laisser la planète se détériorer comme ça.

J'essaie donc à ma mesure, à ma portée de changer mes habitudes, mes façons de vivre, de réfléchir à ma consommation, de réfléchir à mes besoins. Ce n'est pas évident tous les jours. L'écologie, il ne "suffit" pas d'y adhérer, ça suppose de remettre en cause des habitudes et des façons de penser qui nous paraissent naturelles et ce depuis notre naissance. Ca suppose de repenser l'idée même de croissance, de penser consommation collaborative, de penser autrement qu'en terme de "ma voiture, ma propriété, ma réussite".

Les déplacements.

C'est plus facile d'être écolo sur les déplacements quand tu vis en ville. Quand tes amis, ta famille habitent à proximité des transports en commun (ou des bornes Vlille) c'est plus facile d'aller les voir en bus ou en vélo qu'en pleine campagne quand ton meilleur pote habite dans un village paumé à 30km de là. 
J'utilise les transports en commun quand je dois sortir de la ville et aller dans l'agglomération. 
En ville je marche ou je fais du vélo. Je n'ai pas de voiture à moi. J'ai revendu la vieille voiture que ma mère m'avait donné. 
Quand je vais à Paris, j'y vais en covoiturage. 
J'ai pris l'avion 4 fois dans ma vie (coucou fille fauchée). 



Mais (puisqu'il y a toujours un MAIS) je ne suis pas parfaite loin de là. Il m'arrive de craquer et de prendre la voiture de mon copain, quand je suis en retard, quand il pleut... 
Dernièrement je suis partie en vacances en voiture (parce que la SNCF ça coûte trois bras) et nous n'avons pas pris de covoitureurs, un peu par confort et un peu stressés à l'idée de partager la voiture pendant plusieurs heures.

Pour voyager écolo à Lille (ou ailleurs) : 
- pour les vélos en libre service à Lille : V'lille
- pour les transports en commun à Lille : Transpole
- pour du covoiturage partout en France : Blablacar
- pour du covoiturage pour aller au travail dans la métropole lilloise (pour éviter les bouchons sur l'A1) : CovoiturezPlus
- revente de billets de train entre particuliers : Kelbillet
- pour louer la voiture de particuliers près de chez vous : Ouicar



La cuisine

Il y a un an on se contentait encore d'aller faire un plein de courses à Carrefour sans plus se poser de questions que ça (comme la majorité des français lambda). 
Puis j'ai découvert qu'il existait des fruits et légumes de saison. Je vous assure qu'il y a encore quelques années (mois ?) je n'en avais absolument pas conscience. Bon je savais bien que les nectarines, les pêches et les fraises c'était plus grosso merdo en été mais j'avais pas conscience que les bananes par exemple venaient forcément du bout du monde.

Je me suis donc mise à tenter de consommer local. 

Pourquoi consommer local ? 
Qui dit local dit forcément circuit court donc moins de transports donc moins de pollution (une pomme du verger à trois rues de chez vous polluera forcément moins qu'une pomme venue en avion). 
La consommation locale suppose aussi l'autosuffisance. La plupart des grandes villes n'ont aucune autonomie. Si demain les transports s'arrêtent, la plupart des grandes villes ne peuvent survivre que trois ou quatre jours. Le local permet d'éviter les pénuries.
Consommer local c'est aussi dynamiser un territoire, votre territoire. Consommer local permet d'injecter de l'argent directement sur votre territoire, au plus près de vous. Ca permet à terme d'avoir un territoire dynamique économiquement. Plus loin encore que l'écologie, c'est juste du bon sens. 

Et le bio dans tout ça ?
Les pesticides c'est mal on est d'accord. C'est mauvais pour les sols, pour la santé des animaux et pour notre santé à nous. J'essaie donc de consommer bio quand je peux. 
Mais si j'ai le choix entre du bio et du local, je prends le local.
Acheter des produits bio qui viennent de l'autre bout du monde, ce n'est pas à mon sens réellement écologique. 

Logo d'un producteur local et bio à Lille.


Et le zéro déchet ?
J'ai découvert les épiceries en vrac il y a peu et mes habitudes de courses se sont transformées. 
L'idée c'est d'avoir des bocaux et d'aller les remplir régulièrement dans votre épicerie en vrac. C'est pas forcément moins cher, c'est pas forcément meilleur, pas forcément bio mais ça permet de réduire ses déchets et ça c'est déjà un grand pas. Un habitant = 460kg de déchets par an. Déchets qui sont enfouis ou brulés mais qui ne disparaissent jamais totalement. C'est facile, on met nos déchets à la benne et après ils disparaissent de notre vue donc on ne s'en préoccupe plus.

Epicerie Day  By Day de Lille.


Dans l'idéal, j'essaie donc de consommer local, bio et sans déchets
Autant dire que ce n'est pas toujours évident, loin de là, mais je progresse à ma façon, à manière. Evidemment j'ai encore le réflexe Carrefour pour plein de choses. J'achète parfois des bananes (bouuuuh) et des fruits et légumes à Monop (dans ce cas là j'essaie au minimum d'acheter français ... (sauf pour les bananes évidemment). Mais je réfléchis, je repense ma consommation, je m'interroge, je me demande ce qui est le mieux pour moi, pour la planète. 

Je vais principalement à trois endroits différents à Lille :
- Les Halles de Wazemmes  et plus précisément pour la viande La Ferme du Beau Pays qui est donc locale et bio, et Vert'Tige Bio pour les légumes.
- day by day : magasin de vente en vrac avec la gérante à Lille Alice qui est ultra sympa ! 
- Talents de Fermes à Wambrechies (oui il faut prendre la voiture pour y aller!) : des producteurs locaux tous réunis au même endroit pour vendre leurs produits. Un mini supemarché du local !

A Lille il y a aussi le réseau de La Ruche qui dit Oui (permet de faire vos commandes de produits locaux directement sur internet et récupérer vos produits à un endroit précis), Le Jardin de Cocagne de la Haute Borne qui vous propose des paniers bio et locaux, et évidemment les AMAP de Lille.

Bref des solutions existent, ça suppose un peu de changer ses habitudes, de faire autrement que d'aller pousser un caddie à carrefour mais ce qui est chouette c'est que tout le monde est gagnant à la fin. Ce n'est pas contraignant, ça suppose juste de revoir un peu sa façon de vivre. 

Quant à savoir si je suis devenue végétarienne ou même végétalienne, non ce n'est pas le cas. La production de viande est ultra polluante, on est d'accord. Prendre en compte les conditions de vie et la souffrance animale est primordiale. 
Je pense que c'est notre façon de produire de la viande qui est mauvaise, pas le fait de manger un steak une fois par mois. Il faut en manger beaucoup moins, arrêtons avec cette suprématie de la viande à tous les repas, une ou deux fois par semaine c'est suffisant. Arrêtons d'entasser les bestiaux dans des fermes où elles ne respirent pas et laissons les gambader à l'air frais, leur viande n'en sera que meilleure. 



Bref, personnellement je mange peu de viande car manger de la bonne viande, bio, local coûte évidemment trois bras et que je n'en ai pas les moyens. 
J'en mange quand je fais des barbecue, quand je vais au resto ou quand je mange des sandwichs et je le vis bien. Après c'est très personnel, mais je n'ai pas du tout cette culture de la viande, du bon steak etc (oui je suis française je vous jure). 
Tout ça pour dire que pour moi écologie et végétarisme ne vont pas forcément de paire. 

Réduire ses déchets. 

Je vous l'ai dit niveau cuisine je vais à Day by Day pour réduire mes déchets mais ça ne s'arrête évidemment pas là. 
J'ai arrêté l'essuie - tout pour prendre des "lingettes" lavables. Concernant la lessive et autres produits d'entretien, j'achète en vrac chez day by day, c'est à dire que je ne rachète pas un nouveau pot de lessive / liquide vaisselle / nettoyant pour le sol par mois, je reremplis celui que j'ai déjà.
Je me suis mise récemment aux cotons démaquillants lavables. 
J'ai testé le dentifrice solide, le déodorant solide et le shampoing solide. J'ai aussi testé la cup menstruelle, même si ça ce n'est pas encore totalement validé. 
J'envisage l'achat (ou la fabrication) de sacs en filet pour mes fruits et légumes parce que j'en peux plus des sachets plastiques. 

Shampoing solide Lamazuna qui apparemment est top.


Consommer différemment. 

Je suis une femme, j'ai grandi avec l'idée que le shopping c'était COOL, qu'il fallait consommer, que je devais acheter des tas de produits de beauté et des tas de fringues pour être la plus belle (pour aller danser)
Encore une fois, le fait d'être une étudiante fauchée a aidé à ce que je réfléchisse à ma consommation. Ai-je vraiment envie / besoin de cet énième paire de chaussures, sans doute fabriquée par des enfants chinois pour trois fois rien ? La réponse est évidemment non. 
J'essaie donc de mieux consommer. J'ai bien dit essayer. Autant dire que je ne peux pas me permettre d'acheter des vêtements fabriqués en France avec du coton bio, ce n'est même pas envisageable d'un point de vue financier. Et on en discutait avec une amie la dernière fois, le problème avec les vêtements c'est que ça suppose de mettre de coté un style vestimentaire, chose que je ne suis sans doute pas prête à faire à l'heure actuelle. N'empêche que j'essaie quand même d'être moins consommatrice. J'essaie de faire des tris dans mes placards et de revendre pendant les braderies. J'essaie de ne pas acheter en dehors des soldes et j'essaie d'acheter des choses soit qui sont de véritables coups de coeur, soit dont j'ai besoin (même si la notion de besoin en l'occurrence est toute relative). Je crois que c'est vraiment le domaine qui me pose le plus de "problèmes", mais j'essaie de changer pas à pas. 

Dernier livre de Marie Monique Robin dont je vous invite à regarder tous les reportages.


Niveau make-up, j'ai eu un petit moment de folies il y a quelques années à acheter un peu tout et n'importe quoi mais maintenant je n'achète quasi plus rien. J'ai une belle collection de make up qui me satisfait et j'ai pas besoin / envie de plus. Après je suis toujours ravie quand on m'offre une nouvelle palette ou un rouge à lèvres. 
Niveau produits de soins, je suis la sagesse, je n'achète que quand un produit est terminé et j'ai réduit mes produits au minimum. Une crème hydratante, un nettoyant visage, un démaquillant et un masque à l'argile une fois tous les 36 du mois et voilà. Exit tous les masques, sérums et autres gadgets qui vous promettent monts et merveilles.

Même pour les gadgets du quotidien j'essaie de voir ce qu'il fait, j'ai envisagé un temps d'acheter un fairphone, qui est un téléphone fabriqué de façon éthique. Pour des raisons budgétaires j'ai pris autre chose mais je suis contente de savoir ce que ça existe et dans quelques années quand mes finances se seront améliorées, j'achèterais sans doute plus facilement un fairphone. 

Idem pour les banques, connaissez-vous le crédit coopératif ? C'est une banque éthique et solidaire. Vous avez ainsi l'assurance que votre argent sert à financer des projets de développement durable et ne sert pas juste à enrichir les traders. 


Bref des alternatives existent pour tout si on prend la peine de se renseigner un peu. 

Le moteur de recherches qui te permet de planter des arbres.


Quant à l'amoureux, il est plus dans l'esprit récup, réparation, recyclage, réutilisation des choses... Du coup on se complète plutôt bien. Dernièrement il nous a créé un nouveau plan de travail dans la cuisine avec une planche en bois trouvé dans la rue. Rien d'extraordinaire mais ça permet de refaire vivre les objets, de moins jeter et ça aussi c'est de l'écologie. 



Je ne suis pas parfaite, j'ai encore des milliers de choses à apprendre, je prends toujours des douches trois fois trop longues, j'utilise parfois la voiture quand je pourrais utiliser le vélo, je passe parfois chez carrefour acheter des chips et des tomates d'Espagne, je suis bien contente de pouvoir recharger mon smartphone avec la centrale nucléaire de Gravelines, je laisse pourrir des légumes dans mon bac à légumes parfois, je tire la chasse d'eau bien trop souvent. 
Mais je réfléchis, parfois je fais de tout petits gestes mais ce sont tous ces petits gestes mis bout à bout qui auront un jour un impact sur la planète. 

Et si moi qui pars de "rien" sur le sujet peut y arriver, chacun peut le faire ! 

dimanche 5 juillet 2015

Système patriarcal ?

La dernière fois en cours, on a discuté séduction, harcèlement de rue, limites. Le prof, un homme d'une cinquantaine d'années nous disait qu'il était un peu perdu sur ce qu'il était encore possible de dire aux femmes ou de ne pas dire. On passera sur le fait que j'avais envie de lui demander pourquoi il avait ce besoin sans cesse de "complimenter les femmes". Moi je passe pas mon temps à dire aux mecs que je trouve à mon goût qu'ils le sont. Le mec se fout probablement royalement de mon avis sur son physique quand il prend le métro un lundi à 18h.
S'en est suivie une discussion avec mes petits camarades et quand j'ai lâché qu'on vivait dans un système patriarcal, l'un d'entre eux m'a répondu qu'il n'y avait pas de système patriarcal et que ce n'est pas parce que quelques uns étaient des gros cons que tout le monde (tous les hommes) étaient comme ça.

Depuis j'y ai repensé et je me suis interrogée. Je me suis remise en cause. Est ce que les féministes sont parano ? Est ce que le système patriarcal n'existe pas ?

Le système patriarcal c'est un système, une organisation sociale dans laquelle l'autorité est détenue par les hommes. 

Je me suis demandée si nous vivions dans ce système-là, si les hommes dominaient vraiment, si l'autorité était détenue par les hommes.


Ce sont les femmes qui se font violer. 


On a tous cette image de la nana qui rentre un peu tard chez elle un soir et qui se fait violer par un inconnu barge dans une rue sombre. Tout le monde a ce cliché. 

91% des victimes de viol sont de sexe féminin
Dans 74% des cas la victime connaît son agresseur.
Dans 67% des cas le viol a lieu au domicile de la victime ou du criminel (oui le viol est un crime). 
96% des agresseurs sont des hommes. 
Et tant qu'à faire valser les clichés, 91% des agresseurs sont de nationalité française. 

"Le violeur n'est très majoritairement ni étranger, ni célibataire (vivant seul), ni asocial, ni impulsif. Dans la plupart des cas, il est parfaitement intégré à la société, marié (ou vivant maritalement) avec des enfants. Le statut socio-économique n'est pas du tout un facteur déterminant."


Vous l'aurez compris, le violeur c'est "Monsieur Tout Le Monde". Les violeurs ne sont pas des barges asociaux, des déglingués, ils ne sont pas fous. Ils sont juste le fruit d'un système où on ne leur a pas appris qu'une femme avait le droit de dire non et qu'il fallait respecter sa parole. 
Je vois déjà certains hurler : "moi je suis un homme et je ne suis pas comme ça", mais grand bien te fasse et tant mieux. Je n'ai pas dit que tous les hommes étaient des violeurs en puissance, juste que le système dans lequel on vit n'incite pas les hommes à respecter les femmes. C'est un fait de société, ce que toi tu es personnellement je m'en fous.

La dernière fois au travail (entourée de mecs) deux hommes discutaient du fait qu'il était difficile d'éduquer des filles, qu'il fallait les protéger (sous couvert de : le premier qui la touche je lui pète la gueule). On fait grandir les filles avec l'idée qu'elles sont de potentielles victimes mais JAMAIS on n'enseigne aux garçons à ne pas être agresseur, à ne pas être dominant. J'avais envie de leur demander à ces deux hommes s'ils avaient pensé à éduquer leurs garçons. Je me doute que ça ne doit pas être évident à imaginer (toujours le fameux "on n'est pas comme ça") mais le violeur étant Monsieur Tout Le Monde, il est possible que votre fils en soit un. 

Le viol ce n'est pas une nana qui hurle à la mort, qui pleure. Le viol est plus insidieux que ça. C'est la nana un peu bourrée qui n'a pas dit clairement oui et pas clairement non mais "on y va quand même". C'est le mec dans le couple qui insiste et qui finit par se passer du consentement. C'est la nana qui change d'avis deux minutes avant et le partenaire qui n'en tient pas compte.

[ATTENTION CONTENU SENSIBLE VIOL]




Les images sont issues du Projet Crocodiles. Je vous invite à lire TOUT LE BLOG. 


Ce sont les femmes qui subissent le harcèlement de rue. 


La dernière fois un chiffre qui fait froid dans le dos : 100% des femmes déjà harcelées dans les transports parisiens.
Et le reste du monde découvre la réalité. La réalité c'est que le seul fait d'être femme, seule, dans la rue, vous expose à tout un tas de harcèlement. Du regard insistant aux attouchements, les agressions sont variées.

Toutes mes amies sans exception en ont été victimes un jour ou l'autre. Les témoignages sur Internet pullulent. Le fait d'être habillée sexy ou pas ne change rien. Le simple fait d'être femme et dans la rue suffit (les recherches sur l'espace urbain et comment il est dominé par les hommes sont passionnantes)
Le harcèlement de rue ça va du "hé mademoiselle !" au "hé t'es bonne ! salope !", aux sifflements, aux attouchements, au mec qui te suit jusque chez toi, jusqu'à l'agression sexuelle. 

Pendant longtemps on a toutes pensé que c'était normal, que c'était comme ça, on a grandi avec le "faites attention à vous les filles" (toujours ce truc de faire des femmes de potentielles victimes sans éduquer les garçons). Puis il y a peu, j'ai pris conscience que ce n'était pas normal d'avoir toujours une boule au ventre quand je rentre chez moi un peu tard le soir, d'avoir peur de croiser un mec quand je rentre chez moi, de sentir mon coeur battre plus vite quand un mec marche derrière moi, de mettre un jean quand il fait chaud juste parce que j'ai peur de l'agression en rentrant chez moi.

Ce n'est pas normal que les femmes aient à subir ce harcèlement. Ces cas ne sont pas des cas isolés de quelques connards mal éduqués, c'est le fruit d'un système dont TOUTES les femmes sont victimes. 











Ce sont les femmes qui gagnent 20% de moins que les hommes.


Je vais pas m'étendre là-dessus pendant des plombes, tout le monde le sait, rien ne bouge. On a tendance à considérer que les femmes sont moins douées, qu'elles partiront forcément en congé maternité un jour ou l'autre. Il y a ce putain de plafond de verre que certaines arrivent à défoncer au marteau mais ça reste encore compliqué. Il y a encore et toujours seulement 26% de femmes au Parlement, 17% de femmes PDG.
Tout cela est le fruit de deux choses combinées. Premièrement, ce truc insidieux de la société qui fait que la majorité des gens pense qu'une femme est moins compétente qu'un homme. Deuxièmement, on n'apprend pas aux petites filles à s'affirmer, à se mettre en avant, à assumer leurs choix et leurs idées.

Apprenez à vos filles qu'elles peuvent être autre chose que femme au foyer, pute ou institutrice. Laissez la traîner dans la boue, porter les cheveux courts et s'habiller tout en bleu si ça la chante. Idem pour les garçons, laissez le aimer le rose et avoir envie de devenir danseur. Ne réduisez pas votre enfant à son sexe et au genre que la société lui attribue, laissez le être ce qu'il veut. Ne considérez pas que certains métiers sont réservés aux femmes et d'autres aux hommes. Si aujourd'hui il y a plus de femmes infirmières que d'hommes infirmiers, c'est parce qu'on considère que les qualités de l'infirmière (la gentillesse, l'écoute, la douceur...) se retrouvent plus chez la femme, alors que rien biologiquement ne justifie ça. Posez-vous la question, ma fille a-t-elle quelque chose dans ces gènes, dans ces chromosomes qui lui fait aimer le rose et les paillettes ou est ce moi qui en l'abreuvant de jouets et de vêtements de cette couleur depuis qu'elle est née qui l'ait façonnée ? 

Laissez à vos enfants le choix. Habillez les de toutes les couleurs, montrez leur à quel point la diversité est chouette. Laissez leur la possibilité de jouer auw cowboy un jour et à la princesse le lendemain. Laissez-les rêver, imaginer, créer et découvrir leur personnalité. Sans diktat. Parce qu'en enfermant les enfants dans des cases prédéfinis dès le plus jeune âge on leur ferme le champ des possibles. On apprend aux petits garçons à être forts, à ne pas pleurer, à se mettre en avant, à courir dehors, à jouer dehors, à utiliser l'espace (en jouant au foot, au rugby ou ce que vous voulez d'autres), à se battre, à se défendre (tu seras un homme mon fils), tandis que les filles sont plus facilement cantonnées aux jeux d'intérieur, aux jeux "calmes", à faire "comme maman", à lire. Encore une fois, rien biologiquement ne justifie cette séparation dans les jeux et attitudes. 

Elevons les enfants loin des stéréotypes et peut-être qu'un jour on aura plus d'hommes instituteurs et plus de femmes PDG.



Ce sont les femmes qui subissent la majorité des diktats 


Sois belle, plais aux hommes hétéros, pense à comment tu pourrais faire pour leur plaire, sois une salope au lit avec ton mari/fiancé/copain, mais pas dans la vie de tous les jours, et surtout pas avec un inconnu d'un soir, d'ailleurs évite d'avoir trop d'histoires d'un soir, sois une bonne maman, fais les compotes toi même, bios si possible, achète des couches lavables, réussis ta carrière professionnelle, mais n'écrase pas les autres, ne sois pas vulgaire, jamais, ne pète pas, ne rote pas, fais en sorte de sentir toujours bon, la transpiration c'est dégoûtant, ne sois pas viril, même pas un petit peu, mais tu peux être un peu androgyne parfois, c'est sexy d'être androgyne, tant que tu restes sexy ça va, taille des pipes, réalise les fantasmes de ton homme, ton corps n'est là que pour lui plaire et le satisfaire, épile toi, tes poils sont moches, maquille toi, sans mascara tu es moche, achète des tas de crèmes anti-vergeture, anti-cellulite, ton corps est moche, consomme, toujours plus, et tais-toi, si tu l'ouvres un peu trop tu es hystérique, chiante, reloue, fais du sport, mais pas trop, et pas n'importe lequel, certains sports sont vraiment trop masculins puis faudrait pas que tu sois trop musclée, surtout des bras, rentre dans du 36, mais ne fais jamais de régime, c'est chiant une fille au régime, on aime les bonnes vivantes, mais reste mince quand même, sois sexy, toujours, sois sûre de toi mais sois fragile aussi un peu pour qu'un homme puisse venir te sauver de temps en temps, l'homme hétéro a besoin de sentir qu'il te protège et non l'inverse, ne l'oublie pas, prends garde à ne pas trop t'émanciper quand même, aime le shopping, aime choisir des vêtements et t'habiller, tu peux être lesbienne et te taper des meufs mais juste comme ça pour voir, et pour exciter le mâle hétéro, porte des talons hauts, ça galbe les jambes les talons hauts, ne met pas de jupe longue tu es une extrémiste, mais fais gaffe si elle est trop courte tu es une pute, ne te balade jamais torse nue, tes seins, ton corps est forcément érotique, TOUT LE TEMPS, ta chatte doit être lisse et tes lèvres parfaites, ni trop grosses, ni trop petites, jouis d'accord mais seulement avec un pénis dans le vagin ou dans le cul, ne dis jamais non, n'oublie pas les hommes ont des besoins.






« Les gens qui décrient le porno parce qu’il montre une image de la femme soumise, j’ai envie de leur dire : allumez la télé, regardez les pubs, on n’a pas besoin du porno pour avoir l’impression que les femmes doivent être soumises et qu’elles sont complètement [chosifiées].
Si on s’en prend au porno, comme on s’en prend aux jeux vidéo pour la violence, c’est juste parce qu’on a besoin d’un bouc émissaire pour dire « ah ben ça, c’est ce qui a amené ça dans la société », alors qu’au final, c’est la société qui a créé ça ! Mais se remettre en question au niveau de la société, c’est compliqué. Taper sur ce sur quoi tout le monde tape déjà à la base, c’est plus simple. »




Je vous laisse conclure ce que vous voudrez à propos du système patriarcal,