dimanche 11 décembre 2016

Deux ans d'école, des stages et le CAPA !

(Parenthèse qui n'a rien à voir : oui j'ai changé le nom de ce blog, Les Causeuses, pour faire référence à Camille Claudel, je vous raconterai ça dans un prochain article.)

Cet article sur le CRFPA est celui qui est incontestablement le plus lu et le plus commenté. Il a visiblement plu à beaucoup de monde. Je n'écris pas sur ce blog pour qu'il soit lu par des milliers de personnes. A vrai dire je m'en fiche un peu qu'il soit lu par 10 ou 1000 personnes, d'avoir des commentaires ou non. J'ai toujours écrit parce que ça me faisait plaisir de le faire. Cependant, je dois l'avouer, les commentaires sur cet article m'ont fait plaisir. J'ai notamment beaucoup aimé les commentaires laissés par certains qui me disaient que je les avais remotivé, qu'ils se reconnaissaient dans cet article.

Je me suis donc interrogée sur la pertinence de faire un article sur le CAPA, sur l'école des avocats. 

C'est compliqué parce que, je peux écrire un peu ce que je veux sur le CRFPA sans craindre grand chose, alors que je suis désormais reliée à un Barreau, que je vais être rattachée une école des avocats pendant toute la durée de ma vie professionnelle. Je suis désormais assermentée, je connais les principes déontologiques de ma profession et je ne voudrais pas dépasser les limites pour un simple article de blog aux tournures de phrases un peu malheureuses. Vous l'aurez compris, je m'interroge. Jusqu'à quel point mon expérience est racontable et surtout critiquable ?
Après avoir tergiversé quelques temps là-dessus, je me suis dit que j'avais envie de raconter tout ça. D'abord pour moi, pour le souvenir. Ensuite peut-être un peu pour ceux qui viennent d'avoir le CRFPA, peut-être qu'à nouveau je pourrais en aider certains, surtout pour l'épreuve ultime : LE CAPA.
Il ne s'agit là bien sûr que de mon expérience et mon avis personnel.

Vous m'avez quitté en novembre 2014 alors que je venais d'obtenir le précieux sésame pour rentrer à l'école des avocats.

La formation à l'école se découpe finalement en 4 parties :
1. Les 6 mois d'école.
2. Les 6 mois de stage PPI (projet professionnel individuel)
3. Les 6 mois de stage en cabinet d'avocat
4. Les (presque) 6 mois d'angoisse de ta vie où tu passes le CAPA.


"Vous allez en chier mais c'est formidable !" : l'école des avocats


Je suis rentrée à l'école en janvier 2015 et j'ai eu 6 mois de cours jusque juin 2015. Je ne pense offenser personne en disant que globalement ça n'a pas été 6 mois très passionnants. Certains intervenants sont vraiment intéressants et essaient de nous transmettre l'amour de leur profession. D'autres ne sont pas motivants du tout et nous font bien comprendre à quel point cette profession est difficile. C'est la réalité du métier me direz-vous. Une vérité qu'on doit entendre. Certes, mais moi j'aurais aimé qu'on me dise "vous allez en chier mais c'est formidable". Un discours qu'on entend finalement peu en école d'avocats...

Ensuite je trouve que les écoles d'avocats infantilisent beaucoup les élèves-avocats. En premier lieu, votre présence en cours est obligatoire. Même si je comprends le principe, nous sommes a priori des adultes et si nous décidons de ne pas suivre tel ou tel cours ça devrait être de notre responsabilité. En deuxième lieu, la présence obligatoire en cours vous oblige à ne pas pouvoir travailler en plus de l'école ou à travailler le soir et le week-end ce qui n'est pas forcément très évident. Certains comptent ainsi sur les allocations chômage, sur le copain/copine, épouse/époux ou sur leurs parents. Ce n'est vraiment, vraiment pas évident. J'en avais déjà longuement parlé ici donc je ne vais pas plus m'étendre sur le sujet.



Concernant les cours en eux-mêmes, ce serait exagéré de dire que je n'ai rien appris. Étant publiciste, je ne connaissais rien à certaines matières de droit privé et quand tu es avocat, tu es plus ou moins obligé de t'y connaître un minimum en procédure civile. J'ai donc appris des choses mais y avait-il réellement besoin de 6 mois de cours pour ça ? ... Je regrette énormément le fait que la plupart des cours soient des cours très classiques finalement, avec un "prof" (souvent avocat ou magistrat) qui vous raconte des choses plus ou moins intéressantes, dans une salle de cours et vous, vous écoutez pendant 2h en essayant de ne pas céder à l'appel de ces bons vieux mots croisés du 20 minutes qui vous suivent depuis votre première année de droit.

J'ai du "plaider" trois fois en 6 mois. Des exercices toujours notés d'après mes souvenirs. Aucun réel entrainement. Alors tous les avocats ne plaident pas et j'ai bien conscience de la difficulté qu'il peut y avoir à faire des modules "à la carte" mais en l'occurrence, ça aurait peut-être été pertinent. J'aurais aimé apprendre à plaider bien plus. J'aurais aimé pouvoir choisir les cours qui m'intéressaient plus.

Certains cours ne sont pas réellement adaptés. On vous apprend comment créer votre cabinet et gérer tout ça. Alors c'est rigolo mais notre installation ne se fera pas en sortie d'école et quand on s'installera les conseils concrets qu'on aura pu nous donner pendant cette période seront obsolètes... Par contre un petit module : "N'oubliez pas de déclarer votre activité à l'URSAAF et autres formalités" juste avant de passer le CAPA n'aurait peut-être pas été inutile même si on aurait tous râlé de devoir retourner un peu en cours à ce moment-là.

Concernant l'évaluation du contrôle continu, le flou est total, la motivation pas bien présente... Bref, à l'heure actuelle je crois que je n'ai toujours pas bien compris certaines modalités d'évaluation. Est-ce réellement important ? Un conseil pour les promos suivantes : ne surtout pas se prendre la tête ! Faites de votre mieux, assurez-vous des notes potables, mais ça ne vaut pas réellement la peine de s'acharner à bosser. De toutes façons, si vous êtes élève-avocat et avez passé plus d'une demi-journée en école des avocats, a priori vous l'aurez vite compris. Sauf si votre objectif est de finir major de promo (et encore...) (mais ça vous permet d'avoir la robe payée par l'école ceci dit...).



Pendant cette période, vous avez deux stages de trois semaines à faire, si vous les choisissez bien, ça peut être chouette, même si concrètement pendant trois semaines vous aurez à peu près le même niveau de responsabilité qu'un stagiaire de 3ème. Bon j'exagère un peu, vous aurez probablement des dossiers à traiter, certains plaident pendant leurs petits stages, tout dépend de votre maître de stage et de vos envies. Concernant le lieu où les faire, ça dépend également de vos envies (généralement ce n'est pas très très compliqué à trouver) (vu que ce n'est pas rémunéré) (mauvaise langue). Vous pouvez très bien le faire dans une grande structure ou dans un petit cabinet, dans un cabinet qui traite de votre "spécialité" ou tout l'inverse. Après soyez logiques et ne soyez pas maso. Par exemple, je sais que je n'aime pas le droit fiscal, que je n'ai jamais aimé ça et que je n'en ferais probablement jamais de ma vie, jamais je me serais dirigée vers un cabinet qui exerce là-dedans. En revanche, une ouverture sur une matière qui ne vous déplaît pas mais que vous connaissez mal peut être intéressante et donner lieu à des vocations qui sait ... Bref c'est à vous de voir mais pas de panique, souvent ça se passe bien et ce ne sont que trois semaines...


PPI l'ennui ? 


Vous devez ensuite trouver votre stage PPI. Il s'agit d'un stage hors cabinet d'avocats, une ouverture sur le monde (ouais j'exagère peut-être un peu). Alors là il y en a pour tous les goûts, certains le trouvent assez rapidement et facilement, et d'autres galèrent beaucoup et vont pleurer une semaine avant le début de leur stage dans les différentes structures susceptibles de les prendre en stage.
Moi j'ai eu de la chance, j'ai trouvé un stage assez "facilement" et dans une structure qui m'intéressait. Certains pendant 6 mois glandent véritablement, d'autres ont des stages qui se prêtent plus à un bon investissement. Bref, c'est un peu à vous de choisir ce que vous voulez en faire de ces 6 mois. A mon humble avis quitte à devoir se taper 6 mois de stage obligatoirement, essayez de le faire dans un domaine qui se rapproche du votre (parfois vous ne trouvez pas...), ou dans un domaine qui vous intéresse un minimum, sinon ça va être doublement chiant. 



Par contre si vous avez un doute sur le domaine dans lequel vous souhaitez exercer, ça peut carrément être l'occasion de vous former à une nouvelle matière. Si ça vous plait tant mieux vous poursuivrez là-dedans, si ça ne vous plait pas, vous pourrez considérer que c'était juste une ouverture sur le monde. Et par pitié, choisissez une structure qui ne vous exploitera pas (oui je sais ce n'est pas écrit sur la tête des recruteurs), vous serez suffisamment crevés par la suite...
La rémunération ? Le minimum légal ou pour les plus chanceux un SMIC. Oui oui. Préparez-vous à demander de l'aide à vos parents ou à vos conjoint(e)s.

Pour ma part, j'ai profité des avantages de ma structure, une administration (35h/semaine et des vacances), j'ai appris pas mal de choses pendant ces 6 mois.
Maintenant je l'avoue, 6 mois c'était parfois long. Un stage de 4 mois aurait été bien aussi...
Bref, c'est un peu la roulette russe les stages. C'est pas complètement à jeter comme idée mais c'est certain que 6 mois c'est peu-être un peu long et que tout le monde n'y trouve pas d'utilité.


Profitez du stage en cabinet d'avocat ! 


Vient ensuite la période de 6 mois de stage en cabinet d'avocats. Là, j'ai VRAIMENT galéré à trouver ce stage. Sauf si vous faites du droit du travail ou du droit social (de loin, les offres les plus nombreuses), préparez-vous à harceler les cabinets d'avocats qui vous intéressent ... A un moment, par dépit, tu finis même par envoyer ta candidature à des cabinets qui n'ont rien à voir avec ta spécialité - dans le doute, sur un malentendu.
Un conseil : ne lâchez rien. N'hésitez pas à appeler, rappeler et encore rappeler, envoyer des mails. J'ai eu mon stage dans un cab qui m'avait dit non au premier abord. Oui oui. Une copine a appelé le cabinet où elle souhaitait faire son stage une bonne dizaine de fois je pense, avant d'avoir une réponse positive.
Bref, accrochez-vous et rassurez-vous, vous finirez par trouver un stage, même si ce n'était peut-être pas celui que vous espériez au début. Un petit conseil (avec le recul) : si vous galérez à trouver dans votre branche, essayez de trouver un cabinet généraliste (même si ça n'a rien à voir avec ce que vous faites). Dans un cabinet généraliste, vous apprendrez toujours plus que dans un cabinet spécialisé dans une branche qui n'est pas la votre (oui ça parait logique mais ce n'est peut-être pas si évident que ça).



Concrètement pendant 6 mois, je n'ai pas grand chose à dire. Ca peut déboucher sur une collab. Ça peut très bien se passer comme très mal. Ça dépend de votre spécialité, de ce que vous attendez de ce stage, de votre investissement, de la taille du cabinet, de la ville ...

Bref, au lieu de continuer à vous raconter des banalités, je vais tenter de vous parler de mon expérience. Cet exercice est un peu difficile car je voudrais garder un peu d'anonymat...
C'est d'autant plus compliqué à raconter que certains stages se passent très bien, d'autres beaucoup moins bien... (sans vouloir faire peur !).



Globalement, ça s'est bien passé pour moi. J'ai appris énormément, j'ai fait beaucoup de choses. Ce qui a été le plus énervant finalement ? Les quelques jours où j'ai du revenir à l'école des avocats (en plein mois de juillet sinon c'est pas drôle) pour passer un examen... Oui vous avez bien lu. Autant dire que réviser le soir en plus du stage cabinet ce n'était VRAIMENT PAS évident (surtout que c'est l'été et qu'il fait beau et que par conséquent tu as envie d'aller boire des coups en terrasse).
Ce qui est le plus dur ? Ne pas avoir de vacances. Zéro. Vous devez faire 6 mois plein. Quand arrive le mois de juin et que vous avez eu peu ou pas de vacances pendant un an, ça devient un peu dur...
A la fin j'étais fatiguée, comme la plupart de mes compatriotes. 

Encore une fois 6 mois c'est long.
Rétrospectivement et alors que j'ai eu mes premières audiences, je suis très contente d'avoir eu ces 6 mois de stage. Ça me permet aujourd'hui d’être moins stressée pour certaines audiences. 
Je pense que ces 6 mois sont utiles et même nécessaires, mais à la fin tu en as marre. Disons qu'en stage tu apprends plein de choses sur le fond, sur comment faire des choses mais concrètement il y a des choses que tu ne fais pas seule : plaider, recevoir des rendez-vous...

Et à la fin tu as envie d'avancer, de devenir avocat.

Ca tombe bien, quand les 6 mois sont finis tu vas passer le CAPA !

Es-tu prêt pour la période la plus stressante de ta vie ? Let's go !



Le CAPA, horreur et damnation.


Le stage 6 mois est fini. Le CAPA (certificat d'aptitude à la profession d'avocat) c'est 6 épreuves : une épreuve écrite donc personne ne comprend les modalités et 5 épreuves orales : anglais (lolilol), spécialité, soutenance de rapport de stage PPI, soutenance de rapport de stage cabinet et le très redouté déontologie (le plus gros coeff)...



Déjà c'est l'été, tu as fini ton stage cabinet, un peu fatigué comme je le disais. Tu espères partir en vacances l'esprit tranquille et boire des mojito au bord de la plage ? En fonction de quand ton stage se termine (certains terminent fin juin au plus tôt, d'autres début août au plus tard) tu pourras plus ou moins le faire, mais tu auras surtout les rapports de stage à rédiger ! La joie est totale je le sais.
Les consignes concernant les attentes de ces rapports sont très floues. Et elles resteront floues jusqu'au bout tellement les oraux de soutenance de rapports de stages sont complètement aléatoires. certains jurys reprochent d'avoir un rapport trop juridique, d'autres te reprochent d'avoir des rapports trop personnels et pas assez juridiques... Va trouver le juste milieu dans tout ça. Je le cherche encore.
Ne t'en fais pas, tu finiras par trouver quelque chose à dire dans tes rapports, non sans avoir demandé conseil à la terre entière avant.
Ah oui et la sagesse serait de les commencer et de les finir pendant que tu es encore en stage cabinet, comme ça quand ton stage cabinet est fini, tu n'as plus rien à faire et tu peux partir en vacances et/ou réviser (cache ta joie). Ça dépend de ton niveau de sérieux. Crois moi il en faut du courage pour se taper la rédaction des rapports en rentrant de ton stage cabinet le soir, ou le week-end.
Bref, ce n'est pas une période très fun.

Dans mon école, l'épreuve écrite a eu lieu début septembre et les épreuves orales avaient lieu en octobre ... Certains partent en vacances pendant l'été, d'autres après l'épreuve écrite, certains font les deux, ça dépend de ton budget, de ton état de fatigue, de ton niveau de stress pour réviser.



On en parle du fait qu'après avoir bossé pendant un an, se remettre à réviser en plein mois d'août c'est juste super super dur ? Avec le recul de toutes façons je m'en rends compte, ça ne vaut pas forcément le coup de réviser à fond pour l'écrit... Le sujet est complètement aléatoire. Prier et profiter du soleil du mois d'août me parait être plus utile...

L'épreuve écrite a juste été horrible pour moi. Véritablement. Pour vous expliquer rapidement, seuls les codes non commentés sont autorisés. Il faut savoir que la plupart des codes de droit public sont commentés. En tant que publiciste tu as donc deux options : option n°1 : le talent et le "tout dans la tête", option n°2 :  tu raques pour des codes non commentés à la documentation française. Et encore tu n'as pas tout de disponible. L'épreuve c'est censé être droit administratif. Dans les faits c'est tout le programme de droit public. Autant dire que pour les révisions c'est juste IMPOSSIBLE. Tu es censé réviser le droit administratif, le droit de l'urbanisme, le droit de la fonction publique, le droit des marchés publics, le droit des collectivités territoriales... L'épreuve était sur un sujet technique assez compliqué. Je suis ressortie de là complètement énervée en ayant l'impression d'avoir complètement foiré. Et à ma très très grande surprise, j'ai plutôt eu une bonne note à cette épreuve.

De toutes façons c'est un peu le maître mot du CAPA :  ne te fie pas à tes impressions. Sans déconner. La plupart des épreuves sont très déstabilisantes et tu ne sais pas si tu as raté ou réussi. Ne t'en fais pas, c'est normal et au final une grande partie de la promo l'aura.

Quand vous avez fini l'écrit, c'est là que ça commence à devenir drôle, vous devez réviser LA DEONTO. L'épreuve ultime. Et là c'est un peu comme le grand oral du CRFPA, c'est sans fin. Tu peux aller toujours plus loin dans la précision, dans l'apprentissage... Et c'est assez angoissant parce que tu ne sais pas réellement où tu dois t'arrêter. Tu ne sais pas ce que les examinateurs, l'école, le reste du monde, attend de toi pour cette épreuve. Certains te disent d'apprendre avec tel bouquin, d'autres t'en conseillent un autre. Mon conseil : apprendre par cœur le "petit" livre de Jean Jacques Taisne c'est bien. Complétez avec le Damien et un peu de jurisprudence. Vous n'aurez pas 18 à l'oral, mais ce n'est pas bien important (à mon humble avis).



Concrètement les oraux, c'est la roulette russe. VRAIMENT.
Quel que soit l'oral, ça dépend réellement de votre jury et du sujet sur lequel vous tombez.
Le moins stressant est bien sûr celui d'anglais, pas grand intérêt.
Les oraux de rapport aussi sont moins stressants tout simplement parce que vous connaissez le sujet, même si ça n'empêche pas le jury de vous démonter parfois...
L'oral de spécialité consiste en une plaidoirie. A priori ce n'est pas bien méchant. Les notes ne sont pas mauvaises.
L'oral de déontologie, ce grand moment de solitude. Pour ma part, je suis ressortie de là en étant mitigé. Ils ne m'ont pas lâché sur une question en particulier. Vous savez ce moment où vous savez plein de choses mais non eux continuent de vous interroger sur un truc en particulier et où vous avez envie de hurler "MAIS JE SAIS D'AUTRES CHOSES". Bref, frustration intense.

Certains passaient des oraux avec un tel jury à 9h et avaient la sensation que ça se passait bien, d'autres passaient avec le même jury à 10h et avaient la sensation d'avoir raté leur vie (oui rien que ça).



Parce que c'est ça aussi le CAPA. Cette horrible sensation de jouer ton avenir. Le stress est très difficile à gérer. Pour le CRFPA, tu stresses, t'es pas bien mais je me disais toujours "si je l'ai pas je fais autre chose" et basta. Pour le CAPA, tu joues deux putain d'années de ta vie et t'as pas envie de te foirer sur la dernière ligne droite. VRAIMENT PAS. Ce ne sont pas les mêmes enjeux et t'as beau savoir que concrètement t'as plus de chance d'avoir le CAPA du premier coup (et au pire il y a les rattrapages...) que le CRFPA et bien non tu stresses quand même BEAUCOUP TROP. En tout cas, moi c'est comme ça que je l'ai vécu. Peut-être que certains sont hyper sereins. Moi j'étais tout sauf zen. Et qu'on ne vienne plus me dire "c'est une formalité". C'est une putain de formalité que tu n'as pas envie de rater. Bref, tu rates, tu réussis, puis tu rerates. Les oraux sont finis et tu n'a plus qu'à prier.

Les résultats. Cet horrible moment. Je crois que je n'ai jamais été aussi stressée de ma vie. Ils ont la très bonne idée de donner d'abord "le moins bon" jusqu'au "meilleur". Autant dire que c'est un putain d’ascenseur émotionnel. Moi j'ai eu de la "chance" j'ai été appelée assez vite (ouais je suis parmi les "nuls" ahah), mais la major de promo j'ai cru qu'on allait la perdre... C'est juste horrible.




Comment ça il y a trop de gif ? 




Et après ? 


Puis après vient le fête, beaucoup de fête, de félicitations, de champagne... Puis le tout début de la collab... Puis l'essayage de la robe... La réception de la robe... La prestation de serment...

Ce sont des moments importants, émouvants et forts. La prestation de serment, tu ne la vis qu'une fois dans ta vie. C'est un moment ultra particulier, qui passe finalement beaucoup trop vite. Je me suis levée pour dire "je le jure", je me suis rassise et là je me suis dit "wahou c'est fait".



C'est rigolo il y a peu j'ai assisté aux résultats du CRFPA pour un ami et je me suis revue il y a deux ans, j'ai repensé à tout le chemin parcouru.

C'est passé très très vite finalement. Plus que je ne le pensais.

Je n'ai jamais pensé un jour devenir avocat. Ça n'a jamais été une vocation, je le disais déjà dans mon article sur le CRFPA. Du coup, quand je regarde la robe ou quand je repense à tout ça, je ne réalise pas vraiment, je ne comprends pas bien et je me dis "mais WTF ?". Et puis parfois je me sens complétement imposteur, pas du tout compétente pour bosser, je doute, je me demande combien de temps je vais tenir avant de péter un câble, si tout ça c'est vraiment pour moi, si tout ça c'est vraiment moi. Bref, je crois que c'est normal. 


On fait le bilan de deux ans ?


J'ai tellement avancé depuis deux ans. D'un point de vue personnel, j'ai eu une période assez compliquée pendant cette période, disons que l'année 2015 n'a pas été terrible mais j'ai jamais autant appris sur moi qu'au cours de ces deux années. Je me comprends mieux. Je comprends mieux mes réactions, ma personnalité, mes envies. Et vous savez quoi ? Je suis fière de moi. Vraiment. Certains peuvent dire que j'ai changé mais moi je m'aime beaucoup comme ça. J'ai beaucoup plus confiance en moi, en ce que je suis. Bien sûr, je me sens encore toute petite face à certaines personnes, parfois ma timidité de naissance reprend le dessus. Mais j'ai quand même de moins en moins ce sentiment d'infériorité. Ce truc qui te fait te sentir nulle par rapport à certaines personnes. Je ne sais pas si c'est vraiment en lien avec l'école des avocats ou juste la vie mais j'ai beaucoup évolué depuis deux ans et je suis fière de ce que je suis.Vraiment.

Pour être complètement honnête, je ne sais pas combien de temps j'exercerais, combien de temps je resterais collaboratrice dans la cabinet où je suis... etc. Je me jette un peu "dans l'inconnu". Tout ce que je sais c'est que j'ai énormément de choses à apprendre encore. Je dois apprendre mon métier. L'exercer. Tout le monde dit que la première année est relativement horrible. J'ai envie de bien faire mon métier, j'ai envie d'apprendre, de comprendre et on verra où tout cela me mène.



J'ai écrit cet article il y a quelques semaines maintenant, je me permets aujourd'hui (le 11 décembre) de rajouter un petit commentaire. J'ai commencé officiellement ma collab il y a peu et mon dieu, je cous partout, je plaide à droite, à gauche, ma robe me suit partout. Je prends mes marques, je vis à mille à l'heure, je bosse 10h par jour... Je suis crevée mais je crois que ça me plait bien. Je reviendrais peut-être faire un bilan d'un an de collaboration. 

Bon courage à tous, que vous passiez le CRFPA, le CAPA ou que vous décidiez de faire complètement autre chose ! C'est très très niais mais croyez-y, ne vous découragez pas. 




mardi 1 novembre 2016

Septembre & octobre 2016 : Catel, des œuvres féministes et des zombies !

Le mois de septembre a encore une fois été rythmé par les révisions, ainsi que le tout début du mois d'octobre...

J'ai envie de me lancer un petit challenge pour les mois à venir. J'ai toujours une pile à lire assez énorme (ahem no comment), sur certaines chaînes Youtube (qui parlent de livres ça va de soi) ils ont une petite urne et chaque mois ils tirent au sort un bouquin qu'ils doivent lire dans le mois. Alors, je n'ai clairement pas l'intention de faire ça avec tous mes livres parce que je ne suis pas sûre de toujours avoir le temps de lire mais comme j'aime bien le concept je pense l'arranger à ma sauce en faisant un tirage au sort parmi les livres de moins de 200 pages.

Les livres de moins de 200 pages sont (je triche un peu pour certains car il s'agit de littérature jeunesse) :
1.Le journal de Zlata de Filipovic Zlata (215 pages), 2.Coup de gigot de Roald Dahl (123 pages), 3.Sissi face à son destin de Odette Ferry (191 pages), 4.Le loup garou de Boris Vian (187 pages), 5.Le livre de la jungle de Rudyard Kipling (220 pages), 6.Les caprices de Gizelle de la Comtesse de Ségur (252 pages), 7.Les deux nigauds de la Comtesse de Ségur (250 pages), 8.Un bon petit diable de la Comtesse de Ségur (255 pages), 9.Le pur et l'impur de Colette (189 pages), 10.Poil de Carotte de Jules Renard (187 pages), 11.La femme gelée d'Annie Ernaux (181 pages), 12.Lettres d'Italie à Musset de George Sand (137 pages), 13.Passion simple d'Annie Ernaux (76 pages), 14.Avant les hommes de Nina Bouraoui (85 pages), 15.Dames du XVIIIème siècle Souvenirs, mémoires et lettres (149 pages), 16.La mare au diable de George Sand (147 pages), 17.L'avocation de Aurore Boyard (183 pages)



Avant de tirer au sort (quel suspense insoutenable), revenons sur ces deux mois !

LE VRAC


On en parle vraiment de ce voyage ? J'ai adoré. Je ne le dirais jamais assez. J'ai qu'une envie : y retourner très vite. Pour voir mes péripéties pendant ce voyage c'est là !



Nantes

Je suis partie à Nantes en Ouigo pour la modique somme de 35 euros, aller-retour ! A ce prix-là je dis oui. J'ai une amie qui vit là-bas, j'avais déjà été la voir l'année dernière au mois de juillet. Là j'ai réitéré ça. On s'est promené, on a mangé, bu un peu. C'était vraiment un chouette week-end. Je le dis et le redis mais Nantes doit être formidable à vivre. 




Rencontrer Catel

Vous êtes prêts pour le moment groupie ?

Début septembre à Lille normalement se tient la braderie de Lille. Moi je fais partie de la team "la braderie c'est trop cool" et j'adore ça. Vraiment. Cette année la braderie de Lille a été annulée et remplacée par un événement "Lille en fête". Dans le cadre de cet événement, une braderie de la BD était prévue avec notamment plusieurs dédicaces d'auteurs de BD. Et là, ô joie, j'ai appris que Catel venait !

Catel a dessiné la biographie d'Olympes de Gouge, de Benoîte Groult, de Kiki de Montparnasse et plus récemment de Joséphine Baker. Il y avait d'abord une conférence sur le féminisme et les femmes en BD qui était ultra intéressante. J'ai pu découvrir à cette occasion Claire Bouilhac qui était là également, qui est une dessinatrice également, qui travaille avec Catel sur certains projets (et qui est son amie accessoirement). Puis est venu le moment de la dédicace, j'ai acheté Adieu Kharkov pour le faire dédicacer par Catel et Claire Bouilhac et j'ai fait dédicacer "Ainsi soit Benoîte Groult" par Catel.

Cette dédicace était d'autant plus "symbolique" et importante pour moi que Benoîte Groult est décédée il y a peu et que j'avais adoré "Ainsi soit-elle" et que la BD de Catel sur Benoite Groult est ma préférée (vous suivez toujours ça va ?). J'ai pu discuter un peu avec les deux dessinatrices. Catel m'a même expliqué comment Benoîte Groult était décédée et m'a parlé un peu de cette femme qui était son amie et que j'aurais - je pense - adoré rencontrer.

Bref c'était un très chouette moment.

Catel et Benoîte Groult


France Culture, Grande traversée, Women's Power de Charlotte Bienaimé

Dans l'émission "Grande Traversée", il y a eu toute une semaine consacrée aux nouveaux féminismes. 5 émissions, 5 thèmes, c'était PASSIONNANT !
J'en ai appris tellement ! J'ai vraiment adoré !

Ces émissions devraient être écoutées par toutes et tous. Non je n'exagère pas.
Plus sérieusement, si vous êtes sceptiques sur le féminisme, si vous ne comprenez pas trop le mouvement, le combat, écoutez une de ces émissions. Prenez le thème qui vous inspire le plus et écoutez ce que ces femmes ont à dire... C'est très instructif !



Pour les thèmes vous avez :

"Ne nous libérez pas on s'en charge" qui évoque l'afroféminisme et l'interectionnalité (personnes qui subissent en même temps plusieurs discriminations : le sexisme et le racisme par exemple). Je suis une femme blanche, cis, hétéro, je connais donc très mal l'afroféminisme mais j'apprends et c'esst très intéressant !
"Nos désirs font désordre" qui évoque les désirs féminins, la sexualité etc etc.
"Quand c'est non, c'est non" qui évoque les agressions, le harcèlement de rue...
"Nos corps, nos choix" qui évoque l'IVG (bien sûr) mais aussi un sujet très peu abordé das la ensée féministe, l'accouchement et la maternité... Hyper instructif !
"Et qui va faire la vaisselle, on fait des manifestations" qui évoque les inégalités salariales et les tâches ménagères, les doubles journées de travail...



M.I.A

Je le disais, j'écoute peu de musique. Il y a peu, je ne sais plus bien comment je me suis de nouveau intéressée à M.I.A, je la connaissais via Paper Planes évidemment, puis via Bad Girl que j'avais entendu dans The Bling Ring de Sofia Coppola. Je viens souvent à la musique via le cinéma. J'adore les BO de film.



J'ai écouté son dernier album. Et les précédents aussi. Gros gros coup de coeur pour sa musique. J'ai écouté quelques interviews d'elle et gros coup de coeur aussi pour sa personnalité, son histoire, son engagement. Bref, je l'écoute un peu en boucle depuis.


J'en parlais déjà un peu ici, mais là il mérite carrément sa mention privée (oui oui j'en ai décidé ainsi). Je l'ai découvert l'année dernière quand il faisait des portraits sur France Inter, je suis allée le voir en spectacle à Lille (très chouette), je l'ai écouté sur France Inter. J'ai écouté ses chroniques avec Christiane Taubira plusieurs fois tellement elles m'émeuvent. Maintenant je le regarde dans Quotidien, la nouvelle émission de Yann Barthès. Et je crois que je l'aime encore plus. Ses chroniques sont drôles et pertinentes. Je ris beaucoup à chaque fois. Cet homme est fin et intelligent. Vincent si tu lis ça, épouse-moi !



Chez le Dawson

J'adore ce blog. Il est formidable. Cette personne regarde tous les épisodes de Dawson et les commente. C'est beaucoup beaucoup trop drôle.
Sachant que de mes 10 ans à mes 12 ans, j'ai adoré cette série, je me marre vraiment en lisant ce blog.







Un tumblr qui évoque les situations et propos sexistes vécus par les avocates. Il y a également la version "collaboratrice". Saisissant.

LES LIVRES !



Je vous le disais, plus j'avance, plus j'adore la saga Harry Potter. L'année dernière j'ai (re)lu les 7 tomes et j'ai adoré. Je revois les films régulièrement. Mais je ne me considère pas réellement comme un fan, comme une PotterHead, pour la simple et bonne raison que je n'ai pas vraiment grandi avec les livres. Le premier est sorti le 16 novembre 1998, j'avais 9 ans, j'ai du le lire un ou deux ans plus tard. Je me souviens avoir vaguement vu un reportage à la télé sur le livre et avoir demandé à ma mère de me l'acheter. La chambre des secrets et Le prisonnier d'Azkaban sont sortis en 1999. La coupe de feu est sorti en 2000, L'Ordre du phénix en 2003, le Prince de sang-mélé en 2005, Les reliques de la mort en 2007. J'ai seulement lu les 4 premiers, probablement en CM2 et au tout début du collège. Je dois dire que ça ne m'a pas spécialement marqué à l'époque. Faut dire que j'avais été parfaitement formatée pour être une "vraie fifille" et donc j'aimais les lectures de fifille, c'est à dire les Coeurs Grenadine, le club des baby sitter. J'aimais les films/livres/séries/dessins animés qui "faisaient vrais", c'est à dire avec des humains "normaux" et une histoire d'amour hétérosexuelle. Bref en bonne petite fifille je laissais peu de place à l'imagination et aux rêves (j'ai joué toute mon enfance avec mes poupées et mes Barbie, à faire semblant d'être une maman, autant dire que ça limite quand même le champ des possibles). Autant dire qu'Harry Potter ne m'avait pas plus intéressée que ça.
Puis c'était un peu devenu un truc de gosse un peu geek. A 13 ans, j'étais plus du genre petite conne à m'intéresser aux garçons et aux potins du collège, autant dire que mes copines n'étaient pas des "geeks" et que personne ne lisait Harry Potter dans mon entourage. Aujourd'hui quand j'en entends certains parler de tout l'engouement autour de la sortie des livres, que dans la cour de récré c'était "au premier qui le finirait", je me dis que vraiment je suis passée à côté d'un truc et que j'aurais aimé être une "mini geek" moi aussi.



Tout ça pour dire que je suis venue à Harry Potter un peu "sur le tard" et que de ce fait je connais finalement assez mal la saga (pas comme si j'avais grandi avec ou les avais déjà relu plusieurs fois).
Quand The cursed child est sorti, je ne voulais pas spécialement le lire en anglais et je m'étais même dit que j'attendrais peut-être qu'il sorte dans un petit format en français pour l'acheter. Puis je suis allée en Ecosse, nous sommes rentrés dans une librairie et il était là, à 16 livres. J.K.Rowling est écossaise. A Edimbourg tout transpire Harry Potter, je me suis donc dit que ça ferait un joli souvenir. Autant l'acheter en France bof, l'acheter en Ecosse et le lire dans une chambre d'hôtel face au Loch Ness c'est beaucoup plus sympa.

Qu'en ai-je pensé ?
J'ai plutôt bien aimé. Voilà c'est tout. Allez salut.
J'ai été prise par l'histoire, j'ai eu un peu de mal à lâcher le livre. Certains moments sont - selon moi - un peu tirés par les cheveux. Je n'ai pas du tout aimé l'image qu'ils ont donné à Ron, il passe un peu pour le gars concon qui fait des blagues nazes tout le temps. Comme d'hab je ne suis pas fan du tout d'Harry Potter, ce gros niais. J'ai beaucoup aimé que Albus soit pote avec le Scorpus Malfoy et qu'ils soient à Serpentard. Leur relation est très intéressante. D'ailleurs parlons-en, y'a que moi qui ait vu une possible relation homosexuelle entre eux ? A un moment l'un des deux s'intéresse à Delphi et je trouve que l'autre est jaloux d'une façon très ambiguë. Dites moi dans les commentaires si j'ai fumé !
Sinon, j'ai beaucoup aimé revenir dans le passé, revoir Cedric et revivre quelques anciennes scènes. Et surtout les voir dans les yeux d'Albus et de Scorpius. Par contre je la trouve assez "baclée" finalement cette histoire. Certains personnages sont quasiment inexistants, notamment les autres enfants. J'ai regardé plusieurs vidéos sur Youtube de fans qui ne sont pas du tout contents de ce livre et qui le qualifient plutôt de fanfiction. Pour être honnête, j'attends de le lire en version française avant de me faire un avais définitif. Je n'ai pas un très bon niveau en anglais, disons que je me débrouille. Là j'estime avoir bien compris l'histoire mais il y a probablement des détails qui ont du m'échapper, notamment concernant la description des personnages. Suite avec la version française donc ...


Je suis rentrée chez moi avec Adieu Kharkov et la biographie de Joséphine Baker. Je partais en Ecosse quelques jours plus tard, il n'était donc pas question pour moi de commencer cet énorme pavé sans pouvoir le finir. Je me suis plongée dans Adieu Kharkov que j'ai beaucoup aimé. Il s'agit de l'histoire de la mère de Mylène Demongeot, Claudia puis une partie de l'histoire de la Mylène Demongeot elle-même (oui c'est une actrice) (oui ça ne me parlait pas beaucoup non plus avant). J'ai été impressionnée et touchée par l'histoire de la mère de Mylène Demongeot, moins intéressée par celle de Mylène. Avec Claudia on se promène à travers la Russie, la Chine, la France, c'est fascinant de voir comment une femme peut se battre pour arriver à ce qu'elle veut, pour aller de l'avant, continuer.
Bref, encore un beau portrait de femmes (je ne m'en lasserais jamais).



Chroniques birmanes de Guy Delisle

J'avais adoré la BD sur son expérience en Corée du Nord. Je me suis donc lancée dans Chroniques birmanes en espèrant retrouver le même plaisir. Ça a un peu fait flop. J'ai eu du mal à la finir. J'ai pas vraiment accroché. Rien ne m'a particulièrement marqué. Bref, une petite déception cette BD.


J'avais bien aimé La liste de mes envies du même auteur, cette femme toute simple qui gagne au loto et dont la vie est complètement bouleversée malgré elle. Ce roman était finalement assez noir et ne se finissait pas comme on pouvait l'imaginer, ce qui m'avait assez surpris.
Dans La première chose qu'on regarde, on retrouve un personnage assez simple également, Arthur, garagiste en Picardie, dont la vie va basculer quand Scarlett Johansson sonne à sa porte un matin. Qu'est ce que j'attendais de ce livre ? Je voulais m'attacher un peu aux personnages, je voulais savoir s'il s'agissait de la vraie Scarlett, je voulais des situations drôles, embarassantes. Je voulais que ce soit un peu poétique, mais pas niais. Bref agréable à lire. Raté. J'ai eu de la niaiserie à ne plus savoir qu'en faire, de la tarte à la crème, et vas-y que je t'en rajoute des couches et des couches jusqu'à l'indigestion. (attention spoil à venir)

On apprend finalement assez vite que la nana qui est venue sonner n'est pas Scarlett Johansson mais un sosie.
Les deux personnages ne sont pas complètement inintéressants, tout deux blessés par la vie pour des raisons différentes. Ils tombent amoureux (évidemment) et prennent soin d'eux jusqu'à une bourde d'Arthur qui amènera Jeanine/Scarlett à se suicider (ouais c'est joyeux). J'ai détesté la façon dont cette histoire d'amour est raconté. Ca se veut mignon mais c'est juste horriblement niais, mièvre et mou. J'ai trouvé cet article du Monde qui en parle mieux que moi :
"Elle a jeté son dévolu sur Arthur, duquel elle s'est éprise au premier regard et, très vite, il va lui aussi l'aimer, au-delà des apparences et sous la pulpe, pour "ses failles de porcelaine". Très amoureux, ils iront jusqu'à faire l'emplette "de deux bols sur lesquels étaient peints à la main Elle et Lui (et ils se regardèrent en rougissant, émus et émouvants, et se tinrent par la main jusqu'au rayon des fromages)".
Ils apprennent à se connaître. Elle lui confie qu'"elle aime bien la pâte d'amandes et la bûche glacée à Noël. Qu'(elle) pique toujours les petits nains de plastique, surtout celui qui tient la scie". Lui pense "au visage d'Alice Sapritch" pour ne pasjouir trop vite. L'amour gît dans les détails, et la littérature dans le fossé."

On ne reviendra pas sur le fait que l'auteur passe à peu près 10 pages de son bouquin à évoquer les seins de son héroïne. 

J'ai trouvé la fin complètement naze. Ils finissent par coucher ensemble et il l'appelle Scarlett au lieu de Jeanine (alors que la nana a souffert toute sa vie de lui ressembler) (bravo Arthur!). Scarlet/Jeanine décide donc de prendre la voiture et d'aller s'exploser dans une Eglise. Lui il est malheureux, il ne comprend pas, tout le village vient sur les lieux de l'accident et chouine. Arthur se mate ensuite tous les films avec Scarlett Johansson, et après il décide de se tirer aux US pour trouver Scarlett. En fait le type se transforme en un espèce de dangereux stalker, ce qui n'est pas du tout mignon, mais juste complètement flippant. Non ? Si certains l'ont lu, j'aimerais bien avoir votre avis sur la question. 

Pour les autres, passez votre chemin !

Cassandra de Todd Robinson

A Noël l'année dernière, j'ai eu un coffret de la Lison avec notamment ce livre à l'intérieur qui est un polar. Je ne lis JAMAIS de polar. Les derniers que j'ai lus ça devait être la trilogie Millenium de Stieg Larsson. J'ai lu ce polar le temps de mon week-end à Nantes (5h de train ça aide). 
Le pitch ? Il s'agit de deux videurs tout cabossés par la vie qui doivent retrouver une jeune fille de 15 ans... J'ai plutôt accroché, étant donné que j'ai eu du mal à m'arrêter de lire. Ce que je peux reprocher à livre ? Plusieurs choses. Je trouve les deux personnages principaux hyper clichés, ainsi que l'histoire d'amour avec "l'assistante" (je ne me souviens jamais du nom des personnages dans les films / séries / livres, c'est hyper agaçant). Les deux personnages principaux sont en effet sexistes et homophobes, pas vraiment le genre de perso qui me fait rêver... C'est ce qui les a rendu moins attachants selon moi. Evidemment ce sont des gros durs au gros coeur. Il ne peut en être autrement. Bref, personnages clichés. 
Bref ce n'était pas désagréable à lire, loin de là, mais ce n'était pas aussi bien que ça aurait pu l'être. 

"Après avoir suivi la campagne présidentielle, Mathieu Sapin fait des pieds et des mains pour s'incruster à l'Élysée. Baladé d'un bureau de communiquant à l'autre, il finit par envoyer un SMS à François Hollande lui-même pour obtenir l'autorisation. Le président le reçoit, accepte le projet et introduit Mathieu au « château », comme l'appellent ceux qui y travaillent. Un reportage exceptionnel, réalisé de l'intérieur, sur le fonctionnement de l'Élysée et la vie mouvementée de son célèbre occupant."

Une petite BD hyper instructive sur la vie à l'Elysée. J'étais très curieuse de connaître le fonctionnement de ce célèbre palais. Bon j'ai été un peu déçue (enfin la miss potins en moi) car on n'apprend rien d'exceptionnel mais c'était tout de même intéressant à lire !





Les habitants de Raymond Depardon 

J'ai vu ce live à la bibliothèque. Il m'a intrigué. Je ne connaissais pas du tout Raymond Depardon. C'est un photographe, réalisateur, journaliste et scénariste (oui tout ça). Pour info, c'est lui le Monsieur qui a fait a photo officielle de François Hollande. Il a une filmographie impressionnante. Au printemps 2015, Raymond Depardon et Claudine Nougaret (par ailleurs mari et femme) se sont arrêtés dans plusieurs villes de France. Il abordait des gens dans la rue qui étaient déjà en train de discuter pour les inviter à poursuivre leur conversation dans une caravane où il a disposé des caméras. Il en a fait un film - que je n'ai pas vu. Il en a aussi fait un bouquin qui contient les textes bruts des discussions des gens et qui est parsemé de photos, non pas des gens qu'il a "interviewé" mais des lieux, des ambiances des villes. Ca m'a un peu fait penser à "En France" de Florence Aubenas. C'est un petit livre qui dresse un portrait intéressant et cinglant de notre société. Je suis juste déçue que ce livre soit un peu mince, j'aurais aimé lire d'autres discussions. C'était assez fou de découvrir ces discussions, d'essayer de deviner qui parle, des hommes, des femmes, des jeunes, des vieux, d'imaginer des physiques... J'ai vu la bande-annonce du film depuis et j'ai ri de découvrir le physique des gens que j'avais imaginé. Parfois je me suis complètement plantée. 

Bref, si vous voulez en apprendre plus sur notre société, ouvrez ce petit livre, vous pourriez être très surpris !





Nous sommes tous féministes de Chimamanda Ngozi Adichie

Cette autrice (oui oui ça existe) est sans contexte un de mes gros coups de coeur de l'année 2016. Je me retiens de ne pas lire tous ces livres d'un coup. Ce petit-là je l'ai acheté dans une librairie à Nantes (celle du LU pour les connaisseurs) et il contient en réalité deux choses : le discours féministe et les marieuses, une nouvelle sur une jeune femme nigériane qui vient d'épouser un médecin aux usa et qui débarquent dans le pays. Je suis évidemment d'accord avec l'ensemble de son discours féministe qui est passionnant. Non seulement elle m'en apprend beaucoup sur le féminisme mais aussi sur le Nigéria et j'adore ça ! La petite nouvelle qui suit est vraiment sympa, elle m'a donné envie de relire un de ses romans. Deux de ses romans m'attendent dans ma pile à lire, L'hibiscus Pourpre et L'autre moitié du soleil... Je ne sais pas si je vais me retenir bien longtemps de les lire... 


Pénélope Bagieu a décidé de mettre en avant le destin de plusieurs femmes qui "ne font que ce qu'elles veulent", une femme par semaine sur ce blog. Je me suis ruée dessus chaque semaine. Autant dire que quand la BD est sortie, je connaissais déjà toutes les histoires, mais je l'ai quand même acheté, je me devais de posséder ce livre. 
Si vous connaissez une jeune femme / jeune fille dans votre entourage qui manque de confiance en elle (spoiler : c'est le cas de 99% des femmes à partir de 12 ans je pense) offre lui ce livre !
Le prochain album arrive le 26 janvier 2017 !



LES FILMS (ET SERIES) !



Retour d'Ecosse, j'avais envie de rester encore un peu là-bas, je l'ai donc regardé avec toute la nostalgie de ce voyage. Je l'avais déjà vu, je l'avais déjà trouvé très chouette la première fois, je n'ai pas changé d'avis.




Pas mal de gens m'avaient vanté les mérites de ce film et notamment son féminisme ? 
Une femme, Evelyn, vient régulièrement dans une maison de retraite avec son mari pour y voir une vieille tante. Elle y rencontre une vieille dame, Ninny, qui deviendra son amie et qui lui raconte l'histoire d'une belle amitié entre deux femmes Idgie et Ruth, il y a 60 ans de cela. Idgie est une femme forte, sûre d'elle, qui sait ce qu'elle veut, qui ne veut pas se marier, qui remet les autres en place, un peu sauvage...  Ruth se plie d'abord à son "destin de femme" en se mariant avec un homme et en tombant enceinte. Un jour elle quitte son mari et va ouvrir un restaurant avec Idgie, où elles servent notamment des beignets de tomates vertes... L'histoire se déroule en 1920 en Amérique, sur fond de racisme. L'histoire est très touchante, l'amitié est très belle. Ca fait du bien de voir un film de femmes qui s'amusent, se soutiennent et qui portent sur autre chose que "comment le séduire ?", "comment se maquiller pour le séduire ?", "comment je vais m'habiller pour le séduire ?".

J'ai appris il y a peu que le film était tiré d'un livre, et apparemment dans la livre les deux femmes ont une relation amoureuse. Je suis donc très curieuse de savoir si c'est vrai et de le lire. J'ai en plus appris il y a peu que l'écrivaine avait sorti deux autres livres en 2011 et en 2015... Je suis très curieuse de les lire également ! 



La revanche d'une blonde de Robert Luketic

Je me suis rappelée de ce film il y a peu en revoyant ce GIF :



Je l'avais vu à l'âge de 13 ans. Je me suis demandée ce que la moi de 27 ans en penserait et surtout s'il y avait l'once d'un message féministe quelque part là dedans.
Le film parle d'une nana (blonde) (sans déconner) qui étudie la mode à l'université (pay ton cliché) et qui se fait larguer par un type parce qu'elle n'est pas présentable à sa famille, en gros elle est mignonne mais pas assez intelligente pour qu'il l'épouse. SYMPA. Elle décide de le récupérer et donc de lui montrer qu'elle peut faire les mêmes études que lui (des études de droit). Elle rentre à la fac de droit et même si au début elle galère, elle finit par y arriver et être plutôt douée. Elle finit par comprendre que son ex est un looser. La fin est un gros happy end, elle se met avec un gentil garçon, son ennemie devient sa meilleure amie et elle finit major de sa promo.

Ce film a le mérite de démontrer que oui on peut être jolie, aimer le maquillage, les vêtements et prendre soin de soi, tout en étant intelligente et en réussissant sa carrière pro... Sauf que bon pendant une bonne partie du film, elle fait juste ça pour séduire son ex, pas franchement pour elle. Ce film est bourré de clichés sur les filles, sur les hommes etc...
Bref la moi de 27 ans ne peut définitivement pas qualifier ce film de féministe, mais ça a fait plaisir à la moi de 13 ans de revoir ce film.

Gros classique du genre que je n'avais jamais vu. De base, je n'aime pas vraiment les films d'horreur, même pas du tout. Me faire peur volontairement c'est pas ma came, je suis suffisamment une flipée de la vie, mon imagination est suffisamment fertile sans que j'en rajoute avec des films. Ma connaissance des films d'horreur s'arrête donc à Scream que j'ai vu à l'adolescence (comme tout le monde). Cependant, je dois dire que ce film m'intriguait beaucoup. Je me disais que si je le voyais avec mon copain, je n'aurais pas trop peur. Puis un film datant de 1968, ça ne pouvait pas me faire bien peur. En plus, je n'ai absolument pas peur des trucs qui selon moi "ne peuvent pas arriver". Disons que je ne vais pas avoir trop peur des films avec des monstres, des fantômes, des morts-vivants. Par contre un film avec un serial-killer, c'est une autre histoire ! Autant de raisons qui m'ont poussé à le regarder un soir (il est aussi dispo gratuitement sur Youtube, ça aide).

Le pitch ? Johnny et Barbara, frère et soeur viennent fleurir la tombe de leur père décédé. Un premier "mort-vivant" les attaque...
J'ai eu raison sur de nombreux points. Je n'ai pas eu peur de ce film. J'ai même ri de certains passages censés faire peur.



MAIS j'ai quand même été réellement surprise par ce film sur plusieurs points (ATTENTION SPOIL).
Barbara qui devient complètement tarée après la mort de son frère. Son visage et ses expressions m'ont fait plus flipper que n'importe quel zombie !
Ben qui a un sang-froid A TOUTE EPREUVE. Le mec prend les choses en main en deux secondes et n'a peur de rien ou PRESQUE.
J'ai littéralement ADORE la scène de la petite fille zombie qui mange son père (même si c'était prévisible qu'elle allait crever la gamine) (quand tu as vu Walking Dead, tu sais un peu comment ça fonctionne) et je n'imagine même pas comment ça a du faire jaser dans l'Amérique des années 60. Idem quand deux secondes après elle tue sa mère avec une truelle, j'ai adoré (comment ça vous me prenez pour une psychopathe maintenant ?).
La mort du couple (dont je ne me souviens plus le nom) dans la voiture en feu. Mais quels cons !

La FIN, mais quelle fin ! C'était hyper surprenant. Tu te dis "Ouf après tout ce qu'il a fait, il va s'en sortir !". Et puis bah non en fait. Bref, je comprends que ce soit un gros classique du genre. Walking Dead n'a vraiment rien inventé...
Bref, j'ai beaucoup aimé voir ce film et on a même dit qu'on allait regarder la saga des zombies...
Si vous avez suivi un petit peu le festival de Cannes ou que vous suivez un peu "les actualités féministes", vous devriez connaître Houda Benyanima. Elle a gagné la caméra d'or à Cannes et a prononcé un discours qui en marqué plus d'un parce que d'une part elle a explosé le temps de parole qui lui était imposé et d'autre part elle a parlé "avec le cœur". Elle a eu un discours hyper féministe, hyper fort et drôle. Causette avait fait un portrait de cette réalisatrice dans son numéro suivant.
Et pour les besoins de cet article (ahahah le journalisme d'investigation), je viens de lire / regarder deux trois interviews d'elle et mon dieu qu'elle est positive ! Cette femme a une pêche d'enfer ! Je le dis d'ores et déjà, vivement son prochain film !

Dans Divines on suit le parcours d'une jeune femme qui vit dans un camp de Roms et qui pour gagner sa vie commence à bosser pour une dealeuse dans son quartier... C'est un film dramatique, très fort et poignant. Le genre de films qui te retournent complètement le bide. Il y a évidemment quelques moments de grâce qui te foutent un petit sourire en coin. Les actrices (oui car il y a une grande majorité de personnages féminins et CA FAIT DU BIEN) jouent incroyablement bien et méritent clairement de faire une belle carrière au cinéma (même si soyons clairs, en tant que femmes racisées, elles ne vont pas avoir 12 000 propositions de rôles malheureusement). C'est un film sur les rêves, les espoirs, le désespoir, comment on s'en sort quand on vit dans un camp de Roms avec sa mère qui ne s'occupe pas de toi... Je le conseille à tous, pas pour que vous ayez un aperçu de la banlieue, juste parce que c'est un bon film.



SPOIL :
La scène où elle pète les plombs sur sa prof est grandiose.
La scène où elle se bat / danse avec le danseur est formidable - même si un peu cliché.
L'expression "T'as du Clito" est tellement géniale ! La réalisatrice dit qu'il est temps de "féminiser le courage".
Quand elles sont au volant de leur fausse Ferrari, c'est très drôle, tendre et touchant.
La scène finale quand elle hurle suite à la mort de Maïmouna est bouleversante. Elle m'a juste complètement retourné.
J'ai adoré le fait que LA racaille/BOSS du quartier soit une femme.
La relation Dounia/Maïmouna est ultra touchante.
Quand elle sort de chez les flics, que sa mère la supplie de rentrer avec elle et qu'elle choisit de se barrer avec Rebecca est très dure. J'ai d'ailleurs beaucoup aimé le fait que ce soit Rebecca qui "l'engueule" au final.
J'ai eu tellement peur pour elle quand elle va chez le type à la fin pour récupérer de la thune. Par contre je l'ai vu venir de loin que Maïmouna allait prendre à sa place...

Un film très fort, à voir !

Juste la fin du monde de Xavier Dolan

Comment dire ? Le dernier Dolan (Mommy) m'avait donné envie de prendre 3 Xanax en sortant. MAIS dans Mommy, on rit parfois, on s'attache aux personnages. Dolan nous laisse respirer. 
Là j'ai eu l'impression de suffoquer pendant 1h30.
Ce film m'a complètement traumatisé. Les acteurs jouent tous très bien (et pourtant je n'aime pas Marion Cotillard), limite trop bien. On s'y croirait réellement. 

Gaspard Ulliel revient dans sa famille 12 ans après l'avoir quitté (sa maman Nathalie Baye, sa soeur Léa Seydoux, son frère Vincent Cassel et sa belle-soeur Marion Cotillard). Il doit apparemment leur annoncer qu'il va mourir... Pourquoi ? On ne sait pas bien. Pendant 1h30, on assiste à leur journée. Un huis clos hyper oppressant. Tout le monde s'engueule. Les reproches pleuvent à longueur de journée. Personne ne se comprend. On sent bien sur Gaspard Ulliel n'est pas "comme eux". De nombreux non-dits restent en suspens à la fin du film. Et à la limite c'était pas grave. J'avais juste envie que ça se termine à la fin. Sans vouloir faire de la psychologie de comptoir, je pense que ça nous renvoie à nos propres conflits familiaux (on en à tous), à nos angoisses, nos problèmes profonds... Bref c'est pas hyper joyeux. Je pense que je ne reverrais jamais ce film mais j'adore toujours Xavier Dolan. Cet homme m'impressionne beaucoup. Il est né la même année que moi et a déjà accompli tant de choses. Je trouve ses films bouleversants et intelligents. C'est l'un des seuls réalisateurs au monde qui me fait ressentir tout ça, qui me fait à la fois haïr et adorer ces films.
Seul bémol de ce film : il n'y a pas d'accent québécois. J'adore l'accent québécois. Vraiment.



Miss Peregine et les enfants particuliers de Tim Burton

Disons le tout de suite, j'ai beaucoup aimé. L'histoire est très chouette. Les acteurs jouent très bien. J'ai juste été un peu déçue par l'histoire d'amour qui n'était pas - selon moi - nécessaire. J'ai adoré les différents personnages, la poésie de ce film. Ma scène préférée est quand ils sont dans le parc d'attraction, que les enfants particuliers attaquent les "méchants" à coups de boule de neige et de bonbons pour les rendre visibles et que les squelettes les défoncent ensuite. C'est une scène tellement "burtonienne" ! Bref c'est un très chouette film avec une belle intrigue !





Captain Fantastic de Matt Ross

Gros coup de coeur pour ce film feel good (il m'a un peu fait penser à Little Miss Sunshine parfois) qui interroge la notion de parentalité et d'éducation. Je n'ai pas d'enfants, il est donc difficile pour moi de m'interroger personnellement sur tout ça. D'ailleurs si des parents passent par ici, j'aimerais bien avoir votre avis ! 
Mais c'est un film qui fait du bien !  Attention je vais spoiler : 

Le personnage principal (joué par Viggo Mortensen) a fait le choix - avec sa femme - d'élever leurs 6 enfants loin de la société capitaliste dans laquelle nous vivons. Ils vivent dans une cabane dans la forêt, chassent pour se nourrir, font tout un tas de sport et apprennent tout un tas de choses (pour vous donner une idée, le fils aîné parle 6 langues, il a 18 ans). 
Un jour, la maman décède et Viggo et ses enfants se retrouvent à parcourir l'Amérique pour aller aux funérailles de la maman. Le temps pour certains des enfants de connaître un bout du ""monde réel"" et de remettre en cause leur mode de vie. 
 Viggo n'est pas un mauvais père, il veut juste le meilleur pour ses enfants, il en fait des êtres intelligents, réfléchis, qui analysent les choses, qui ont un avis pertinent sur à peu près tout. Quand le plus jeune pose des questions "dérangeantes", il répond calmement et simplement, sans se formaliser. Bref, il fait de ses enfants des êtres plutôt chouettes, capables de survivre dans la nature avec seulement un couteau. C'est formidable, sauf que la réalité du monde dans lequel nous vivons ce n'est pas ça. Quand les enfants se retrouvent confrontés aux autres, ils sont complètement inadaptés aux moeurs, aux coutumes et ne savent pas ce qu'il faut faire ou ne pas faire. 
Et quand le grand-père lui dit que ce qu'il fait c'est de la maltraitance, on ne peut que lui donner raison. La position du père est très ambiguë. Il n'y pas de gentils ni de méchants dans cette histoire et c'est très agréable. On rit, on pleure devant ce film et j'adore les films comme ça. C'est le genre de films qui permet de se questionner soi-même, et qui fout une pêche d'enfer ! 

Courez-y si vous en avez l'occasion !




Orange is the new black (attention ça va spoiler grave) de Jenji Kohan

J'ai enfin fini la saison 4. On en parle des derniers épisodes de cette saison 4 ? Chaque épisode était une petite claque émotionnelle. Voire une très grosse claque. J'ai faillit finir en PLS sur l'avant dernier évidemment avec la mort de Poussey. Je ne m'y attendais absolument pas. Je savais que quelque chose de tragique allait se passer. Enfin, je me doutais vu que tout le monde disait qu'il se passait un truc de foufou... mais je ne m'attendais absolument pas à ça. 

J'ai tellement détesté les gardes pendant cette saison. En premier lieu évidemment le gardien violeur. Puis finalement, j'en suis venue à avoir un peu d'empathie pour lui et comme sa victime j'en suis venue à quasi lui pardonner. Ce personnage est ambivalent et ça me plait. Les pires gardiens ne sont pas finalement ceux que l'on croit... Il y a l'autre malade qui a forcé la latina à bouffer des mouches et le "chef" qui a littéralement torturé Red... 
Et ce final, on en parle ? J'ai tellement hâte de voir ce qu'il va se passer ! Je comprends tellement leur pétage de plombs... 




Sense 8 de Lilly et Lana Wachowski

Conseillé par un ami, car cette série serait féministe. J'ai beaucoup aimé les deux premiers épisodes mais je n'ai pas encore trouvé le temps de lire la suite. J'aime beaucoup les personnages, ils sont diversifiés, de toutes les couleurs, de tous les genres, de toutes les sexualités... 
Le pitch ? Ils sont tous "connectés" entre eux et ressentent ce que ressentent les autres. C'est très étranger et pour l'instant j'avoue ne pas bien comprendre tout ce merdier, mais ça promet une belle série !




Real Humans de Lars Lundstöm

Une série suédoise que je voulais absolument regarder. Elle a été diffusée sur Arte. Avec mon copain, nous avons regardé les deux premiers épisodes et c'est hyper intéressant.
Le pitch ? Les robots ont envahi le quotidien. Ils peuvent vous servir, conduire votre voiture, jouer aux échecs avec vous, s'occuper de vos enfants, vous faire à manger, faire du bricolage, du jardinage et même coucher avec eux... Car oui et c'est ça qui est complètement flippant, ils ont une apparence humaine. Seulement voilà une partie d'entre eux a décidé de se libérer. Ce sont un peu des robots 2.0. On ne sait pas bien comment ni pourquoi mais en tout cas ils sont "libres". On suit plusieurs familles et plusieurs situations. J'ai hâte de voir ce qu'ils vont tous devenir...



Passons maintenant à ce fameux tirage au sort de livre (ahem). Le nombre tiré au sort est donc le numéro 15 qui est : Dames du XVIIIème siècle Souvenirs, mémoires et lettres (149 pages).
Comme je fais des bilans tous les deux mois je vais de ce pas tirer un second livre. C'est le numéro 5 ! Le livre de la Jungle de Rudyard Kipling. Je suis contente de ce hasard parce que j'avais très envie de le lire !