dimanche 21 février 2016

L'ayatollah du poil c'est moi !


"Pourquoi les hommes ne se maquillent pas ? 
Parce que personne ne leur a dit qu'ils étaient moches au naturel."

Une copine m'appelle l'ayatollah du poil, petit nom "rigolo" qui démontre bien mon intérêt pour le sujet. Je pense que ça signifie que j'ai aussi une légère tendance à m'emporter rapidement dès qu'on parle poil. 

Mettons les choses au claire dès le début, je suis féministe, cela signifie que je suis pour l'égalité entre hommes et femmes et que je pense également que chacun fait ce qu'il veut avec son corps. Si une femme (ou un homme) veut s'épiler le corps de A à Z et y passer deux heures par jour si ça la chante, grand bien lui fasse, je ne la jugerais jamais pour ça. 

J'essaie juste de prendre un peu de recul par rapport à tout ça, à l'épilation notamment mais pas que. 

Le livre de Klaire fait Grr m'a à ce propos fait beaucoup rire et réfléchir. Il s'agit d'un petit roman graphique qui évoque le rapport aux poils des femmes. Pourquoi les femmes passent des heures à s'épiler/se raser et - disons le - à se faire mal ? Quand j'interroge mes copines, la plupart me réponde "c'est moche les poils". C'est quand même fou qu'on ait réussi à nous faire détester une partie de notre corps, à nous faire trouver ça moche. Personne ne reprochera jamais à un homme d'avoir des jambes poilues - même si et j'y reviendrais plus tard, on incite de plus en plus les hommes à également s'épiler un peu partout. Rappelons-le, le poil a une utilité, les sourcils servent par exemple à ce qu'on se prenne pas des gouttes de sueur dans les yeux à longueur de journée, les poils du pubis protègent des bactéries et auraient même une fonction dans les rapports sexuels en conservant certaines odeurs qui seraient attirantes... Oui là tout de suite ça ne parait pas hyper probant. Pas mal de gynécologues disent que si les femmes s'épilaient moins, elles auraient moins de mycoses et autres maladies funky. (Nous avons donc atteint le point sueurs, bactéries et mycoses en peu de temps). 

La coloration des poils des aisselles, cette tendance étrange qui fait réfléchir.
C'était ça ou la photo d'une mycose vaginale.


Au delà du poil, je m'interroge régulièrement sur toutes les injonctions faites aux femmes, notamment le maquillage, les talons hauts, les jupes ... ce qui fait de nous finalement des femmes "féminines". J'ai énormément de mal avec cette conception. Etre féminine, ça veut dire quoi ?

La phrase d'accroche de cet article vient d'un tweet et j'y pense souvent. Ces derniers temps j'ai commencé à travailler dans une nouvelle structure et les femmes qui y bossent se maquillent peu voire pas du tout, je me suis donc dit que j'allais avoir l'air tache si je débarquais la première semaine avec un rouge à lèvres flashy comme j'ai l'habitude parfois de le faire. 
Ca m'a fait réfléchir à tout ça, au temps que je passais chaque jour à me maquiller, à me démaquiller. Je ne suis pas du genre à faire des masques et à utiliser beaucoup de produits. Mettons que je passe 15 minutes par jour à prendre soin de moi (hors douche), ça fait 1h30 par semaine (j'ai compté 6 jours), soit 4680 minutes, soit 78h par an, soit plus de trois jours passés à me maquiller. Autant de temps que j'aurais pu passer à œuvrer pour la paix dans le monde par exemple - comme dit Klaire fait Grr. Autant de temps que les hommes prennent pour faire autre chose. Conquérir le monde par exemple. C'est toujours la même chose en fait. 
C'est comme si on avait dit aux femmes : 
"Bon tes poils sont moches donc tu vas passer des heures à souffrir pour les supprimer, ta gueule au naturel comme ça c'est pas terrible, utilise du fond de teint, cache tes cernes, tu seras plus belle, pendant que moi je vais m'occuper des vraies choses importantes de la vie : la politique, l'économie, l'industrie."

Clémentine Delait, femme à barbe dans les années 1900. 
Je me suis demandée pourquoi personnellement je me maquillais. 
J'ai commencé à vraiment me maquiller il y a 4 ans je dirais (j'ai 26 ans rappelons-le). Quand j'ai commencé à regarder des vidéos de youtubeuses beauté. Ca m'a appris pas mal de choses. J'ai eu une folie make up, j'en ai acheté pas mal, ce qui fait qu'aujourd'hui j'ai une belle collection. Je n'ai jamais eu la sensation de me maquiller pour quelqu'un d'autre. J'ai commencé à vraiment me maquiller (c'est à dire autrement qu'en me mettant du khôl noir sous les yeux comme à 16 ans) parce que je trouvais ça rigolo de jouer avec les couleurs, parce que je me trouvais jolie avec du maquillage. Mais je ne me trouve pas forcément moche au naturel, j'arrive à sortir très facilement sans maquillage. J'estime avoir un rapport plutôt "sain" aux cosmétiques. Mais au final pourquoi ? Pourquoi acheter tout ça, pourquoi passer du temps pour tout ça ? Je suis sans doute plus jolie avec le teint unifié et les cernes camouflées. Mais plus jolie pour qui ? Pour la société ? Pour moi ? Pour mon copain ? Pourquoi il faudrait toujours être "plus jolie" en fait ? 
Les hommes ne se posent même pas la question. Un homme est beau ou pas selon les goûts de chacun mais on ne lui demande pas de "s'améliorer", d'être "beau pour tout le monde", on le "prend" comme ça. Finalement, c'est ça, on demande aux femmes de se maquiller, on leur demande d'être belles pour tout le monde.
"Mais je me sens mieux comme ça". Mais pourquoi tu te sens mieux comme ça ? 
"Bah des cernes c'est moche quand même, que ce soit chez un garçon ou une femme". Mais pourquoi c'est moche ? 
C'est juste naturel en fait. La beauté c'est culturel. Les critères de beauté dépendent de la société dans laquelle on vit. Si on apprenait à relativiser et à trouver nos cernes, nos poils, nos tâches et nos bourrelets jolis ?
Encore une fois, je ne juge personne, je suis la première à me maquiller et à aimer ça. J'essaie juste de m'interroger sur tout ça. 



La dernière fois, j'ai décidé de mettre mes escarpins. Ca me toque de temps en temps, alors que de base ce n'est pas vraiment mon style. Dans l'absolu, je trouve qu'un jean boyfriend avec des escarpins c'est très joli, mais la plupart du temps en escarpins je me sens un peu déguisée et surtout ce n'est absolument pas confortable ! Alors je sais, les nanas fanas de talons vertigineux me diront que c'est une question d'habitude... Certes, mais il faut tellement souffrir avant d'arriver à supporter ça !
J'ai marché un peu avec (et sur du plat dans une ville) et j'ai eu tellement mal aux pieds en rentrant chez moi que j'ai juste enfilé mes baskets. Et encore une fois je me suis demandée pourquoi les femmes s'infligeaient ça. Les talons hauts ça galbe le mollet, ça fait des jolies jambes. Mais encore une fois, pour qui ? Pourquoi les femmes doivent toujours être jolies ? Ca permet de se sentir mieux dans sa peau me direz-vous, mais c'est juste dommage qu'on ne commence pas par dire aux filles : "tes jambes sont jolies, sans talons, avec des poils, ton visage est joli avec ses imperfections, ses cicatrices, ses rougeurs (et ses poils aussi parfois)". Ce serait bien si les artifices n'étaient vraiment qu'un plus. Combien de femmes disent qu'elles ont des sales gueules sans maquillage ? Combien se sentent habillées comme un sac quand elles sont juste en jean, en sweat un peu informe et en basket ? Alors que je le rappelle encore une fois, les hommes ne se posent jamais ce genre de questions en fait. Un homme en sweat, jean et basket n'est pas habillé comme un sac. Même si je vous l'accorde, la mode tend à s'uniformiser, les corps et les vêtements se font de plus en plus androgynes.


Uniformisation de la mode. 



Ca me fait penser au livre "une histoire politique du pantalon" dans lequel Christine Bard dit que les
femmes sont tout le temps réduites au niveau d'objet, ce sont les femmes qu'on pare, qui portent des bijoux, qui se maquillent, qui achètent de "jolis vêtements", des vêtements "ouverts" qui dévoilent leurs formes et leur corps... Bref les femmes sont des sapins de Noël vivants.



Tout cela est évidemment à relier avec notre société de consommation... Parce qu'au final qui ça avantage tout ça ? On fait des femmes - et ce dès le plus jeune âge - des fashion victimes, on leur dit qu'elles doivent se maquiller, "bien" s'habiller, acheter des tas de produits pour se coiffer, entretenir leurs cheveux souvent longs, enlever leurs poils... Ca permet 1. De les faire s'intéresser à autre chose qu'à des sujets de société. 2. De les faire consommer. Il y a des études sur le prix que ça coûte d'être une femme. Du moins une femme qui respecte la plupart des codes dits féminins et qui a complètement intériorisé dès son plus jeune âge que tout cela était parfaitement normal.



Je ne suis pas en train de dire qu'on ne peut pas être féministe, porter des talons hauts et se maquiller. On peut diriger le monde et s'intéresser aux cosmétiques. BIEN EVIDEMMENT. Encore une fois, je m'interroge juste sur tout ça. 

Pour finir je voudrais revenir sur cette tendance, depuis plusieurs années maintenant, à faire des hommes des "fashion victimes", de plus en plus d'hommes se maquillent (anti-cernes et fond de teint), s'épilent, prennent soin de leurs barbes, mettent des crèmes... bref prennent soin d'eux. 
On pourrait voir ça comme une "avancée". Moi ça me pose question. 
Si ça permet aux hommes de se sentir mieux pourquoi pas, mais encore une fois pourquoi avoir besoin d'anti-cernes pour se sentir mieux ? Soyons clairs, ça permet aussi à l'industrie cosmétique et vestimentaire de conquérir un nouveau marché et de faire consommer plus à tout le monde. 




Au final, je crois que je préférais voir l'égalité se faire autrement. Ce serait finalement peut-être "mieux" si les femmes portaient moins de make-up, étaient moins portées sur les fringues, que la société apprenait à les aimer au naturel, plutôt que tout le monde cherche tout d'un coup à être "plus beau" en s'appliquant des tas de produits sur la gueule - qui sont soit dit en passant mauvais pour la santé pour la plupart - et, en ayant une énorme garde robe - fabriquée dans des conditions déplorables. 

Ca suppose non seulement de revoir nos stéréotypes de genre mais également le modèle de société dans lequel on vit.

"Tout comme un enfant ne rejette pas le cadeau fait par ses parents, les Sikhs ne rejettent pas le corps qui leur a été donné. En chouinant « c’est le mien, c’est le mien » et en changeant ce corps-outil, nous vivons dans l’ego et créons une séparation entre nous et la divinité en nous. En transcendant les vues sociétales de la beauté, je crois que je peux mieux me concentrer sur mes actions. Mon attitude, mes pensées et mes actions ont plus de valeurs que mon corps, parce que je reconnais que ce corps ne sera que cendres à la fin, alors pourquoi en faire tout un foin ? Après ma mort, personne ne se souviendra de ce à quoi je ressemblais, mes enfants ne se souviendront même plus de ma voix, et petit à petit, tout souvenir physique s’évanouira. En revanche, mon impact et mes contributions resteront – et en ne me focalisant pas sur la beauté physique, j’ai le temps de cultiver ces vertus intérieures et, avec un peu de chance, de mettre ma vie à profit pour créer du changement et du progrès. Donc, pour moi, mon visage n’est pas important – mais le sourire et le bonheur qui se cachent derrière, si !" Pour en savoir plus.

lundi 1 février 2016

Bouffons de la culture en janvier 2016, le mois de la BD !

On se retrouve pour le point "culture" du mois comme je vous l'avais dit ici

Pourquoi le mois de la BD ? J'ai en effet découvert deux bibliothèques à Lille avec un rayon BD génial ! J'avais de quoi en découvrir plein, j'ai donc emprunté 16 BD... (ahem). J'en ai lu pas mal, mais je n'ai pas délaissé les livres et j'ai même trouvé le temps d'aller un peu au cinéma...

Les livres 

Retour à Killybegs de Sorj Chalandon.


Ce qui m'a amené à ce livre : je suis partie en Irlande en mai 2015. À mon retour j'avais très envie d'en savoir plus sur l'Irlande et son histoire. Une amie m'a prêté ce livre. J'ai mis du temps avant de l'ouvrir puisque je l'ai commencé (et terminé) en cette fin d'année 2015/début 2016.

Pitch : la trajectoire d'un homme, Tyrone Meehan en Irlande né dans les années 1920 qui se bat au sein de l'IRA pour l'indépendance de l'Irlande.
Une vraie plongée au coeur de l'Irlande catholique, de l'IRA, de la misère... Les personnages sont fascinants, l'histoire est très prenante. C'est formidablement bien écrit. C'est simple je n'ai pas lâché ce bouquin une fois que je l'ai eu en main et l'ai fini en peu de temps. C'est une histoire très dure par contre, les âmes sensibles ont intérêt à s'accrocher. On suit le narrateur partout, de son enfance jusqu'aux geôles des prisons irlandaises, aucun détail ne nous est épargné. Si vraiment je devais émettre une critique je dirais que parfois on s'y perd un peu entre tous les personnages et que j'ai regretté parfois de ne pas connaître mieux l'histoire de l'Irlande, ça m'aurait sans doute permis de mieux comprendre certains aspects du livre. Mais sinon gros coup de coeur !


Dublin. 


Mon traître de Sorj Chalandon

Ce qui m'a amené à ce livre : l'envie de lire un autre Sorj Chalandon.
Pitch : la même histoire que Retour à Killybegs version "Antoine", son ami français.
On dit que Mon traître est un chef d'oeuvre. Pour être franche dès le début,  j'ai largement préféré Retour à Killybegs que Mon traître. Peut-être que c'est parce que je connaissais déjà l'histoire à travers les yeux de Tyrone. L'histoire vu par Antoine dit « Tony » m'a paru fade. Je ne me suis pas du tout attachée à Antoine, j'avais l'impression de suivre un « pleurnichard », « bouuuh il a trahi, bouhhh mon traître ». Antoine fait gros arriviste en Irlande, « coucou c'est moi que v'la, je veux participer à votre combat ». On se demande ce qu'il fout là. En fait d'un côté, il y a Retour à Killybegs qui est l'histoire de Tyrone, vue par Tyrone, qui est complexe, ambivalente, forte, puissante. On s'attache au personnage, à son histoire, on l'aime, on le comprend, on ressent de la pitié pour lui, jamais de la haine, on va avec lui en prison, on vit son enfance avec lui. Puis de l'autre, tu as Antoine le luthier, qui n'est pas irlandais, qui vient de Paris, qui tombe amoureux de l'Irlande, qui a envie de faire partie du peuple irlandais, qui s'attache aux gens qu'il rencontre à Belfast. Son histoire à lui est simple, presque simpliste enfantine, sans nuance. Je suis dure avec Antoine et c'est sans doute moi qui n'ai rien compris à son histoire mais j'ai bien moins accroché. Peut-être que j'aurais du le lire dans l'autre sens, peut-être que j'aurais du commencer par Mon traitre...



Ce qui m'a amené à ce livre : Quand j'ai fini Harry Potter en décembre, j'ai ressenti un petit vide, la saga m'avait accompagné tout le long de l'année, j'étais triste de quitter des personnages auxquels je m'étais attacchés (coucou Rom, Hermion, Neville...), des personnes que j'ai détestés (coucou Harry) et surtout cet univers si particulier. J'ai cherché un peu sur Internet comment prolonger la magie et j'ai découvert « Les contes de Beedle le Barde », « Les animaux fantastiques » et « Le quidditch à travers les âges », soit les livres que les héros lisent dans la saga. J'ai trouvé ça prodigieux d'avoir écrit ces livres-là. Un samedi après-midi alors que je me baladais à Emmaüs (à Wambrechies pour ceux qui connaissent) je suis tombée nez à nez avec le coffret des trois livres. Hystérique j'étais. Je l'ai évidemment acheté et ai commencé par Les contes de Beedle le barde, c'est assez rigolo parce que c'est indiqué au début que c'est une nouvelle traduction faite par Hermione Granger et que la directrice de Poudlard, Miss MacGonagall a accepté que soient rajoutés les commentaires de Albus Dumbledore. En soi, les contes n'ont rien d'extraordinaire, pour être honnête, ils ne sont pas très bons, sont assez courts et n'ont pas grand intérêt.Ce qui est le plus intéressant finalement ce sont les commentaires de Dumbledore qui nous permettent de nous replonger dans l'univers.
A lire si Harry & co vous manquent.






Comme le nom l'indique c'est une histoire du pantalon depuis la révolution jusqu'à nos jours, mais ce n'est pas que ça, c'est aussi une partie de l'histoire du féminisme, une réflexion sur la place de la femme, une histoire des femmes, des femmes travesties, des féministes. C'est passionnant. Par contre il faut s'accrocher au début. L'histoire commence un peu avant la révolution (car le pantalon - tel qu'on le connaît - commence à exister à ce moment-là), et autant cette période a tendance à m'intéresser en tant qu'admiratrice absolue de Marie Antoinette, autant dans le cadre de cette étude ça m'a un peu ennuyé, sans doute essentiellement parce que du côté des femmes et des pantalons il ne se passe pas grand chose. On arrive ensuite à la révolution et à toute la période post-révolutionnaire qui est très embrouillée. Quelqu'un comprend quelque chose à cette période sérieusement ? Jusque là je me suis dit que j'allais avoir du mal avec ce livre. Puis on est passé au XIXème siècle et là c'est devenu réellement passionnant.Elle inclut dans son livre des mini biographies de femmes de l'époque, ce que j'ai adoré. J'ai ainsi découvert ou redécouvert Colette, Jane Dieulafoy, Rosa Bonheur, George Sand, Amelia Bloomer, Sarah Bernhardt, Rachilde, Madeleine Pelletier, Violette Morris... et beaucoup beaucoup d'autres. J'aime beaucoup ses réflexions sur la symbolique du pantalon à notre époque. Si vous vous intéressez un peu au sujet, cela devrait fortement vous plaire.

Violette Morris


Les BD 


Ce qui m'a amené à cette BD : il était disponible à la bibliothèque et j'en avais beaucoup entendu parler. Bien avant que je ne m'intéresse aux BD.
Pitch : un chat appartenant à un rabbin qui se met à parler (sans BLAGUE ?).
Ce que j'ai aimé : j'ai beaucoup aimé ce tome n°1 avec le chat qui veut devenir juif pour sa maîtresse, qui veut faire sa bar mitsva, qui met en avant toutes les contradictions du judaïsme. Le seul reproche que je peux lui faire c'est que c'était court et que j'ai envie de lire la suite.


Ce qui m'a amené à cette BD : l'envie de lire du Riad Sattouf (et c'est déjà bien suffisant comme raison).
Pitch : l'enfance de Riad Sattouf entre Libye, Syrie et France.
J'ai appris plein de choses au travers de cette BD, même si pas mal de choses m'échappent encore. J'avoue avoir été un peu "choquée" par le rôle très actif de son père et le rôle très passif de la mère qui laisse son mari tout décider, notamment du pays et de la façon dont ils vont vivre. Riad dessine ici les souvenirs de cette période, on voit tout à travers les yeux d'un tout jeune enfant, ce qui est assez rigolo mais donne l'impression parfois que c'est assez décousu. 



Persepolis (1) de Marjane Satrapi

Ce qui m'a amené à cette BD : j'avais bien sur vu le film en 2007 quand il est sorti, je me suis dit qu'il était temps de lire la BD. Et bien envie l'idée de lire du Marjane Satrapi qui a un hiver très particulier, de Persepolis à The Voices...
Pitch : l'enfance de Marjane Satrapi en Iran.
C'est un peu comme L'Arabe du futur, on y apprend plein de choses sur l'Iran, sur la révolution islamique, tout cela au travers des yeux d'une petite fille. C'est réellement fascinant !



Quai d'Orsay (1) de Christophe Blain et Abel Lanzac

La BD inspirée de Dominique de Villepin ! C'est un peu l'envers du décor des ministères, c'est ultra intéressant même si j'avoue ne pas trop accrocher au style de dessin. J'ai déjà commencé le 2.

Le retour à la terre de Jean Yves Ferri et Manu Larcenet

Pour le pitch c'est un couple qui décide de venir vivre à la campagne. Ils ont un chat, ils découvrent les joies de la vie loin de la ville, du coup c'est assez drôle. Les dessins sont "mignons", les planches très courtes, c'est très agréable et rapide à lire.



Joséphine de Pénélope Bagieu

Là c'est un peu la BD de la honte. Je l'ai emprunté à la bibliothèque et je me suis rendue compte que non seulement je l'avais déjà lue mais en plus j'ai le coffret des trois BD chez moi (qui ne m'appartient pas d'ailleurs ahem). Le pitch est plutôt simple : on suit la vie d'une trentenaire.
C'est pas mal mais un peu trop cliché à mon goût...

Mauvais genre de Chloé Cruchaudet

Gros coup de coeur pour cette BD. Elle raconte l'histoire d'un homme qui après avoir déserté pedant la guerre 14-18 décide de se travestir en femme pour qu'on ne le retrouve pas. L'histoire est très prenante et très forte, les dessins sont magnifiques. Je pourrais pas en dire beaucoup plus parce que ça ne se raconte pas mais s'il fallait en choisir une pour ce mois ce serait celle-ci !



Les films
(vu au cinéma et ailleurs)

Star Wars, Le réveil de la force, épisode 7 de J.J Adams (ATTENTION GROS SPOIL)

Je n'attendais rien de ce film, je ne pouvais pas être déçue. Il est divertissant, plutôt "crédible", c'est tout ce que je lui demande. Il y a des moments complètement WTF, mais c'est Star Wars, pour moi celui-ci n'est pas plus WTF que les 6 autres. La plupart des événements sont assez prévisibles ; notamment la mort de Ian Solo. La fin m'a laissé un peu perplexe. Pour moi ça aurait du s'arrêter quand Rey et Chewbacca partent dans l'espace à la recherche de Luke. La scène où elle monte la montagne et où elle trouve papy Luke tout en haut qui l'attend depuis des plombes m'a plus donné envie de rire qu'autre chose. Sinon, beaucoup semble critiquer le méchant mais moi ça ne m'a pas choqué plus que ça. Il faut dire que je ne suis absolument pas objective vu que j'adore l'acteur de base, qui pour moi restera toujours le Adam de Girls... 
Je voudrais tout de même souligner deux choses qui m'ont fait plaisir : le personnage principal est une femme et le personnages secondaire est un homme noir, qui certes fait un peu bouffon mais ces faits sont suffisamment rares pour être soulignés. Bref à suivre...



Fatima de Philippe Faucon

Vu dans le cadre du festival Télérama. C'est l'histoire de Fatima, mère de famille d'origine maghrebine, divorcée, qui vit en France avec ses deux filles, qui ne parle pas français et qui fait des ménages pour s'en sortir, notamment pour payer les études de sa fille aînée. C'est un film qui parle d'amour, de famille, de traditions, d'intégration, de la difficulté d'être mère, seule, dans un pays dont on ne parle pas la langue. C'est un joli film touchant.



The Danish Girl de Tom Hooper



A la fin de ce film j'étais mitigée et encore maintenant je ne sais pas quoi en penser. Il s'agit de l'histoire de Lili Elbe, première femme transgenre à avoir bénéficié d'opérations chirurgicales.
Cet article de France TV Info résume bien ce que j'en pense.
J'ai du mal avec plusieurs choses : le fait que ce ne soit pas un acteur trans qui joue le rôle, le fait que ce soit un homme qui joue le rôle (et pas une femme), le côté très "oscar" du film, tout est tourné pour que le film, les acteurs aient des oscars, le côté larmoyant, tout est fait pour que vous versiez votre larme, l'image reste quand même celle d'un mec déguisé en femme, le film est en réalité un film sur une histoire d'amour, pas vraiment un film sur Lili Elbe.
Ce qui est positif : il a le mérite de mettre en avant les personnes transgenres. Est ce qu'il le fait bien ? Je ne sais pas. Est ce qu'il vaut mieux une mauvaise représentation plutôt que pas de représentation du tout ? Je n'en sais rien non plus. Est ce que ça va inciter les gens à aller plus loin, à se renseigner sur ce que c'est être transgenre ? Je ne sais pas vraiment. Une chose est sûre, ce serait dommage de rester là-dessus. Pour en savoir plus sur le sujet, je vous conseille l'excellente BD en ligne de Sophie Labelle.



Rebelle de Mark Andrews et Brenda Chapman 

Je l'avais déjà vu bien évidemment et de base je n'avais pas accroché avec cette histoire de mère et d'ours. Par contre évidemment j'adore le message : choisis la vie que tu veux ma fille! C'est en le revoyant récemment que j'ai finalement été subjuguée par l'histoire, les paysages et les dessins (je veux les cheveux de Mérida et ses frères).



J'ai tué ma mère de Xavier Dolan

Le premier film de Xavier Dolan, réalisé à tout juste 18 ans. Un petit bijou. C'est fou comme Xavier Dolan a toujours des personnages très justes, pas du tout clichés, attachants, forts, puissants. En l'occurrence "J'ai tué ma mère" est très juste. C'est l'histoire d'une mère et de son fils de 16 ans en pleine rébellion contre elle. La mère est excessive, grossière, colorée, un peu vulgaire, dépassée. Le fils est prétentieux, un peu "petit con", qui se la joue artiste torturé. Les deux se détestent et s'adorent. C'est du Xavier Dolan, ça crie, ça hurle, ça vit et c'est parfois très drôle. Un vrai petit coup de coeur pour ce film. Et petit plus que j'adore tout particulièrement : l'accent québécois, j'adore l'accent québécois.





Laurence Anyways de Xavier Dolan

J'ai étrangement moins accroché avec celui-ci. C'est l'histoire d'amour entre Laurence qui annonce à sa copine qu'elle est une femme et veut entamer une transition physique. S'en suit plus de dix ans de passion, de trahison, d'engueulades. C'est assez intense mais aussi longuet, j'ai parfois un peu décroché, même si les acteurs jouent bien. Bref ce n'est pas mon Dolan préféré.