mardi 22 mars 2016

29 jours pour bouffer la culture en février !

LIRE !

L'extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea de Romain Puértolas. 



Ce livre était en tête des ventes au Furet, la couverture était sympa, le titre du livre était rigolo, je me suis dit "allez pourquoi pas". Puis je suis allée à une conférence sur l'immigration et quelqu'un conseillait de le lire.

C'est un livre sympa à lire, léger, qui fait sourire, agréable. On suit avec plaisir les péripéties complètement rocambolesques de cet indien mais clairement au niveau style ce n'est pas un chef d'oeuvre. Ce que j'ai le plus aimé dans ce livre ? Ce sont les passages les plus "durs", quand au détour d'une aventure il se retrouve au milieu de plusieurs migrants qui veulent passer en Angleterre et qui lui racontent leur histoire. Et voici l'extrait qui m'a marqué : 

"Et puis ce n'était pas la peur des coups qui tordait les entrailles, non, car sur cette rive-là de la Mediterranée, on ne frappait pas, c'était la peur d'être renvoyé dans le pays d'où l'on venait, ou pire encore dans un pays que l'on ne connaissait pas, parce que les Blancs s'en foutaient pas mal vers où ils vous balançaient, l'important pour eux étant de ne plus vous avoir chez eux. Un Noir, ça fait vite désordre. Et ce rejet était plus douloureux que les coups de bâton qui ne détruisent en somme que les corps et non les âmes. C'était une cicatrice invisible qui ne disparaissait jamais et avec laquelle il fallait apprendre à vivre, à revivre, à survivre.
Car leur volonté était inébranlable.
Tous les moyens étaient bons pour rejoindre un jour "les beaux pays". Même si en Europe on ne désirait pas partager le gâteau avec eux. Wiraj, Kougri, Basel, Mohammed, Nijam, Amsalu, six parmi des centaines qui avaient tenté leur chance avant eux ou la tenteraient après. C'étaient toujours les mêmes hommes, toujours le même coeur qui battait dans ces poitrines affamées et pourtant, dans ces pays où tout poussait à profusion, les maisons, les voitures, les légumes, la viande et l'eau, certains les considéraient comme des personnes en détresse et d'autres comme des criminels. D'un côté les associations, de l'autre la police. D'un côté ceux qui les acceptaient sans leur demander des comptes, de l'autre ceux qui les renvoyaient chez eux sans sommation. Il y en avait pour tous les goûts dans ce monde. Et Wiraj répéta qu'il était impossible de vivre avec cette dualité et cette peur au ventre de ne jamais savoir sur quoi on allait tomber. 
Mais le jeu en valait la chandelle. 
Eux, ils avaient tout abandonné pour se rendre dans un pays où ils pensaient qu'on les laisserait travailler et gagner de l'argent, même s'il fallait travailler et gagner de l'argent, même s'il fallait pour cela ramasser la merde avec les mains. C'était tout ce qu'ils demandaient, ramasser la merde avec les mains, du moment qu'on les acceptait. Trouver un travail honnête afin de pouvoir envoyer de l'argent à leur famille, à leur peuple, pour que leurs enfants n'aient plus ces ventres gros et lourds comme des ballons de basket, à à la fois si vides, pour qu'ils survivent tous sous le soleil, sans ces mouches qui se collent sur vos lèvres, après s'être collées sur le cul des vaches. Non, n'en déplaise à Aznavour, la misère n'était pas moins pénible au soleil. 
Pourquoi certains naissent-ils ici et d'autres là ? Pourquoi certains avaient-ils tout et d'autres rien ? Pourquoi certains vivaient-ils et d'autres, toujours les mêmes, n'avaient-ils que le droit de se taire et de mourir ?"

Les chapitres sont très courts (vous venez d'en lire quasiment un au dessus), le livre est très aéré, c'est donc très facile et rapide à lire. Petit spoil attention : j'ai détesté la fin qui est bien trop happy end à mon goût. J'ai bien aimé les personnages dans l'ensemble même si tout est globalement assez cliché. Bref, ce n'est pas la lecture de l'année mais ce n'était pas un mauvais moment.
Pour l'anecdote, c'est Marjane Satrapi qui va réaliser l'adaptation au cinéma, sortie prévue en 2017 avec comme acteurs : Dhanush, Gemma Arterton,Laurent Lafitte, Uma Thurman...

L'Arabe du futur -Tome 2 de Riad Sattouf 



Je crois que j'ai préféré ce tome 2 au premier. Peut-être parce que j'ai l'impression que le Riad enfant en Syrie se sent mieux, plus intégré. Disons que j'ai eu moins peur pour lui, moins peur qu'il se fasse taper sur la gueule à tous les coins de rue. Je suis toujours autant hallucinée par l'attitude du père et la non réaction de la mère. Mais le tome se finit sur pas mal de suspense... La mère va-t-elle réagir ?
Vivement le 3...



Ainsi soit Benoîte Groult de Catel



J'ai littéralement adoré cette BD, enfin ce roman graphique.

Ici Catel nous narre des bouts d'existence de la vie de Benoîte Groult que je ne connaissais que de nom (hashtag féministe en carton). Non seulement j'ai appris plein de choses sur Benoîte Groult mais en plus, les dessins de Catel (notamment de la maison en Bretagne de Benoîte) sont très beaux. Ca m'a donné envie de lire Ainsi soit-elle de Benoîte Groult même si clairement je ne suis pas d'accord avec elle sur tout. 

Je regrette seulement une chose avec cette BD c'est que Catel nous retranscrit parfois des lettres de Benoîte, donc il s'agit de documents manuscrits et honnêtement je ne les ai pas lu car je ne comprenais pas bien l'écriture. Je comprends la volonté d'authenticité mais ça m'a gâché un peu le plaisir de la BD. 





Cette BD m'a beaucoup plu. Elle m'a à la fois fait beaucoup rire et aussi beaucoup choquée parfois. 
Riad Sattouf a eu une chronique pendant 9 ans dans Charlie Hebdo appelée "La vie secrète des jeunes" où il dessinait des situations qu'il voyait, des discussions, dans le métro, dans les bars, dans les magasins, dans les fast food... Il en a fait plusieurs BD. Ça donne un portrait de la société assez fou... Certaines situations, discussions sont complètement flippantes. La BD date de 2007, les situations datent donc de 2005-2006, il y a plus de 10 ans maintenant (paye ton coup de vieux) on parle donc de Le Pen, de Sarkozy... c'est fascinant de revenir en arrière. 






J'ai vu la version de Tim Burton (évidemment) mais aussi la version de Mel Stuart. J'ai lu le livre avec plaisir. J'adore tout particulièrement les chansons des Ompa Lompa à chaque fois très moralisatrices. 
Si vous ne connaissez pas l'histoire (comment ça se fait ??), Charlie Bucket vit dans une maison avec sa famille composée de ses parents et de ses quatre grands parents. Ils sont tous très pauvres. Charlie finit par gagner la possibilité de visiter la chocolaterie du célèbre Willy Wonka, très grand chocolatier connu avec 4 autres enfants. Il se trouve que les 4 autres enfants sont des petits cons infects. Ils leur arrivent des bricoles et à chaque fois les Oompa Loompa (les ouvriers de l'usine) chantent une chanson moralisatrice. Ma préférée est celle pour Mike Teavee, le fana de télé. Sinon le livre en soi il n'y a pas grand chose à redire. Les personnages sont hauts en couleur et très bien pensés, l'histoire est folle, un vrai bon moment...

"Le premier des commandements,
En ce qui concerne les enfants,
Est celui-ci : éloignez -les
De votre poste de télé.
Ou mieux - n'installez pas du tout
Ce machin idiot chez vous.
Dans presque toutes les maisons
On les a vus, en pâmoison,
Vautrés devant leur appareil,
On n'a jamais rien vu de pareil.
Les yeux leur sortaient de la tête
(Y'en avait plein sur la carpette)
Transis, absents, les yeux en boules;
Devant ce poste qui les saoule,
Les bourre à longueur de journée
De nourritures insensées.
Vrai, ils se tiennent bien tranquilles,
Ils ne font pas les imbéciles,
Ne touchant rien, ne cassant rien,
Ne poussant pas de cris d'Indiens,
En un mot, ils vous fichent la paix,
Etant bien sages, cela est vrai.
Mais savez-vous, mes chers adultes
Ce qu'il a de ravageant, ce culte ?
Utile ? LOUABLE ? PAS QUESTION !
CA VOUS COLMATE LES MENINGES
CA VOUS TRANSFORME EN PETITS SINGES,
EN PANTINS ET EN ABRUTIS
SANS FANTAISIE ET SANS ESPRIT,
EN RAMOLLIS, EN AUTOMATES
AVEC DES TETES COMME DES PATATES !!
"D'accord ! nous dire-vous, d'accord,
Mais quel sera alors le sort
De nos petits ainsi frustrés ?
Que trouver pour les amuser ?"
Justement, là est la question.
Le monstre appelé télévision;
Si on a bonne mémoire
N'a pas toujours été notoire !
Que faisiez-vous étant petits
Pour vous vitaminer l'esprit ?
C'est oublié ? Faut-il le dire
Tout haut ? LES... ENFANTS... SAVAIENT... LIRE !
Oui, ils lisaient, ces chers enfants,
Des contes, des vers et des romans,
Oui ils dévoraient par milliers
Les gros volumes familiers !
Des fées, des rois et des reines
Faisant la chase à al baleine
Des sorcières etd es dr&gons,
Des vaisseaux explorant les fonds
Des mers du Sud. Pirates, sauvages,
Défilaient sur les rayonnages,
Des cannibales en délire
Dansant autour d'une poêle à frire...
Oh ! Dieu ! Qu'il était beau le temps,
Le temps des livres passionnants !
Et c'est pourquoi nous vous prions
D'extirper vos télévisions
Pour les remplacer par des livres
Plein de merveilles, de joie de vivre !
Ils oublieront, en s'y plongeant
Les insanités de l'écran !
Pour revenir à Mike Teavee,
Nous ferons tout pour le sauver,
Mais si des fois nous le manquons,
Que ça lui serve de leçon !







Ce titre me fait clairement penser à la chanson de Noir Désir, chanson que j'ai en tête depuis que j'écris et qui finalement représente assez bien le bouquin : 

"F.N Souffrance Qu'on est bien en France 
C'est l'heure de changer la monnaie 
On devra encore imprimer le rêve de l'égalité  On n'devra jamais supprimer celui de la fraternité  Restent des pointillés..."

(C'était le moment "j'ai 16 ans de nouveau") 


Dans ce livre, Florence Aubenas a compilé tous ses articles depuis 2013 publiés dans Le Monde. Il s'agissait là alors pour elle d'aller à la rencontre des gens. Il y a ici un condensé de ce que certains pourraient appeler "la France d'en bas", la France des "petites gens", de ceux qui se sentent oubliés... Il y a notamment pas mal d'articles sur Piémanson qui fut pendant longtemps la dernière plage en Europe où de nombreux campeurs venaient s'installer de façon sauvage. C'était hyper intéressant. Le chapitre jeunesse aussi m'a énormément intéressé et plu évidemment. 

Comme tous les livres de Florence Aubenas c'était fort et parfois très dur à lire, même si je préfère quand même "La méprise, l'affaire d'Outreau" et le "Quai de Ouistreham". 


Plage de Piémanson
VOIR !

Mustang de Deniz Gamze Ergüven

Un film sur 5 adolescentes en Turquie qui se débattent avec les traditions de leurs pays. Entre mariage forcé et envie de liberté. Je l'ai bien aimé mais j'avoue que je l'ai trouvé très ... prévisible. Seule une scène m'a vraiment choqué. Ca m'a un peu fait penser à Virgin Suicides version arabe. Bref, c'est un film intense sur un sujet important mais ça ne m'a pas bluffé plus que ça. Par contre ça m'a donné envie d'avoir les cheveux ultra longs (c'était le point superficialité).



Les Innocentes de Anne Fontaine

L'histoire se passe en 1945 dans un couvent en Pologne. Je sais, je vous vends du rêve là. Ce sont des bonnes sœurs qui ont été violées par des soldats russes et qui vont se faire aider par une femme médecin française. Le film est très dur du début à la fin. Des accouchements, du sang, des meurtres, des maladies... Ce n'est vraiment pas un film joyeux qui met la pêche. Après c'est comme Mustang, c'était bien mais ça ne m'a pas vraiment transcendé. 

Je ne sais pas si c'est parce que j'ai vu pas mal de films, que je deviens plus exigeante (ou plus vieille) ou alors si ce sont les films sortis récemment qui ont un souci mais j'ai de plus en plus de mal à être vraiment transcendé par un film. C'est rare que je déteste vraiment un film mais c'est aussi rare que j'adore réellement. Je suis souvent dans un entre deux qui est assez frustrant finalement.



Deadpool de J.J Abrams

Une belle déception. Tout le monde m'avait dit que Deadpool (le personnage principal, un super héros) était un personnage hyper trashouille, vulgaire, une sorte d'anti-héros. Je m'attendais vraiment à une histoire qui sorte du commun et un personnage complètement absurde. Résultat, j'ai trouvé le personnage et l'histoire finalement hyper conventionnels. Ca reste un super héros qui sauve une gonzesse, il dit prout, sodomie et d'autres trucs un peu trash de temps en temps mais tout ça reste finalement assez fade. J'ai envie de dire qu'on est quand même en 2016 et (malheureusement) il m'en faut bien plus pour que je trouve ça trash. Mais c'est de ma faute, je me suis faite une fausse idée de ce film dès le début... Après je suis sans doute passée à côté d'une partie du film car je ne connais pas toutes les autres références aux autres super héros et films qu'il cite.
Après ce n'est pas un mauvais film, c'est distrayant et certaines scènes sont drôles, ce n'est juste pas ce à quoi je m'attendais.



Making a murderer

J'ai découvert cette série de reportages par l'intermédiaire d'une copine. L'histoire d'un raté judiciaire aux Etats Unis, assez dingue. Je n'ai vu qu'un épisode donc difficile de réellement se prononcer mais je pense regarder la suite. 




Comment ça je découvre cette série sur Youtube 10 ans après tout le monde ? Ce sont des potes qui m'en ont parlé et j'avoue que ça m'a bien fait rire. Mine de rien il ne s'agit pas juste de nanas qui veulent faire rire mais ça parle aussi de la difficulté d'être une meuf en 2016, comment on nous en demande trop, comment on peut être pleine de contradictions, c'est féministe, parfois cliché et toujours drôle. 




Breakfast at Tiffany's de Blake Edwards

Le Majestic a décidé de passer des films d'Audrey Hepburn, alors un samedi après-midi j'ai décidé de me faire un petit kiff solo et d'aller voir un film d'Audrey Hepburn. Je n'avais jamais vu aucun film avec elle. Ce qui m'a le plus surpris ? La qualité du jeu d'acteur. C'est très bien joué. Le film a quelques longueurs par contre. Audrey Hepburn est évidemment pleine de classe. La fin est ultra cliché et prévisible mais le film a ce petit côté vieillot kitsh que j'adore. Étrangement, je crois que je verrais un film avec le même scénario maintenant je le trouverais incroyablement niais et cliché. Là c'était juste une petite bulle vintage hyper appréciable.



Joy de David. O Russel

Mouais bof. J'avais adoré Happiness Therapy. Bradley Cooper, Jennifer Lawrence, tout ça, tout ça... Mais là, l'histoire en soi n'est pas mauvaise mais pas ultra passionnante non plus. Il s'agit d'une femme d'une trentaine d'années qui avait des rêves d'invention petite et qui s'est laissé complètement rattraper par la vie et bouffer par la vie d'adulte. Elle a sur les bras un père, une mère qui passe sa vie devant des séries télé, un petit garçon, une petite fille, un ex-mari... La seule personne qui l'aide dans tout ça c'est sa copine Jackie (par ailleurs excellente actrice dans Orange is the new black) (comment ça je suis une groupie ?). Elle décide d'inventer un nouveau balai et la suite je ne vous la raconte pas. En soi ce n'est pas franchement passionnant et je pense que je suis un peu passée complètement à côté. Mon copain dit que c'est le genre de film qui doit plus plaire aux US car c'est typiquement une success story à l'américaine avec une pauvre nana qui part de rien mais qui arrive à tout.
Je ne vous le conseille pas vraiment. 





Rendez-vous fin mars pour la suite !
 (comment ça c'est dans une semaine ?)