dimanche 11 décembre 2016

Deux ans d'école, des stages et le CAPA !

(Parenthèse qui n'a rien à voir : oui j'ai changé le nom de ce blog, Les Causeuses, pour faire référence à Camille Claudel, je vous raconterai ça dans un prochain article.)

Cet article sur le CRFPA est celui qui est incontestablement le plus lu et le plus commenté. Il a visiblement plu à beaucoup de monde. Je n'écris pas sur ce blog pour qu'il soit lu par des milliers de personnes. A vrai dire je m'en fiche un peu qu'il soit lu par 10 ou 1000 personnes, d'avoir des commentaires ou non. J'ai toujours écrit parce que ça me faisait plaisir de le faire. Cependant, je dois l'avouer, les commentaires sur cet article m'ont fait plaisir. J'ai notamment beaucoup aimé les commentaires laissés par certains qui me disaient que je les avais remotivé, qu'ils se reconnaissaient dans cet article.

Je me suis donc interrogée sur la pertinence de faire un article sur le CAPA, sur l'école des avocats. 

C'est compliqué parce que, je peux écrire un peu ce que je veux sur le CRFPA sans craindre grand chose, alors que je suis désormais reliée à un Barreau, que je vais être rattachée une école des avocats pendant toute la durée de ma vie professionnelle. Je suis désormais assermentée, je connais les principes déontologiques de ma profession et je ne voudrais pas dépasser les limites pour un simple article de blog aux tournures de phrases un peu malheureuses. Vous l'aurez compris, je m'interroge. Jusqu'à quel point mon expérience est racontable et surtout critiquable ?
Après avoir tergiversé quelques temps là-dessus, je me suis dit que j'avais envie de raconter tout ça. D'abord pour moi, pour le souvenir. Ensuite peut-être un peu pour ceux qui viennent d'avoir le CRFPA, peut-être qu'à nouveau je pourrais en aider certains, surtout pour l'épreuve ultime : LE CAPA.
Il ne s'agit là bien sûr que de mon expérience et mon avis personnel.

Vous m'avez quitté en novembre 2014 alors que je venais d'obtenir le précieux sésame pour rentrer à l'école des avocats.

La formation à l'école se découpe finalement en 4 parties :
1. Les 6 mois d'école.
2. Les 6 mois de stage PPI (projet professionnel individuel)
3. Les 6 mois de stage en cabinet d'avocat
4. Les (presque) 6 mois d'angoisse de ta vie où tu passes le CAPA.


"Vous allez en chier mais c'est formidable !" : l'école des avocats


Je suis rentrée à l'école en janvier 2015 et j'ai eu 6 mois de cours jusque juin 2015. Je ne pense offenser personne en disant que globalement ça n'a pas été 6 mois très passionnants. Certains intervenants sont vraiment intéressants et essaient de nous transmettre l'amour de leur profession. D'autres ne sont pas motivants du tout et nous font bien comprendre à quel point cette profession est difficile. C'est la réalité du métier me direz-vous. Une vérité qu'on doit entendre. Certes, mais moi j'aurais aimé qu'on me dise "vous allez en chier mais c'est formidable". Un discours qu'on entend finalement peu en école d'avocats...

Ensuite je trouve que les écoles d'avocats infantilisent beaucoup les élèves-avocats. En premier lieu, votre présence en cours est obligatoire. Même si je comprends le principe, nous sommes a priori des adultes et si nous décidons de ne pas suivre tel ou tel cours ça devrait être de notre responsabilité. En deuxième lieu, la présence obligatoire en cours vous oblige à ne pas pouvoir travailler en plus de l'école ou à travailler le soir et le week-end ce qui n'est pas forcément très évident. Certains comptent ainsi sur les allocations chômage, sur le copain/copine, épouse/époux ou sur leurs parents. Ce n'est vraiment, vraiment pas évident. J'en avais déjà longuement parlé ici donc je ne vais pas plus m'étendre sur le sujet.



Concernant les cours en eux-mêmes, ce serait exagéré de dire que je n'ai rien appris. Étant publiciste, je ne connaissais rien à certaines matières de droit privé et quand tu es avocat, tu es plus ou moins obligé de t'y connaître un minimum en procédure civile. J'ai donc appris des choses mais y avait-il réellement besoin de 6 mois de cours pour ça ? ... Je regrette énormément le fait que la plupart des cours soient des cours très classiques finalement, avec un "prof" (souvent avocat ou magistrat) qui vous raconte des choses plus ou moins intéressantes, dans une salle de cours et vous, vous écoutez pendant 2h en essayant de ne pas céder à l'appel de ces bons vieux mots croisés du 20 minutes qui vous suivent depuis votre première année de droit.

J'ai du "plaider" trois fois en 6 mois. Des exercices toujours notés d'après mes souvenirs. Aucun réel entrainement. Alors tous les avocats ne plaident pas et j'ai bien conscience de la difficulté qu'il peut y avoir à faire des modules "à la carte" mais en l'occurrence, ça aurait peut-être été pertinent. J'aurais aimé apprendre à plaider bien plus. J'aurais aimé pouvoir choisir les cours qui m'intéressaient plus.

Certains cours ne sont pas réellement adaptés. On vous apprend comment créer votre cabinet et gérer tout ça. Alors c'est rigolo mais notre installation ne se fera pas en sortie d'école et quand on s'installera les conseils concrets qu'on aura pu nous donner pendant cette période seront obsolètes... Par contre un petit module : "N'oubliez pas de déclarer votre activité à l'URSAAF et autres formalités" juste avant de passer le CAPA n'aurait peut-être pas été inutile même si on aurait tous râlé de devoir retourner un peu en cours à ce moment-là.

Concernant l'évaluation du contrôle continu, le flou est total, la motivation pas bien présente... Bref, à l'heure actuelle je crois que je n'ai toujours pas bien compris certaines modalités d'évaluation. Est-ce réellement important ? Un conseil pour les promos suivantes : ne surtout pas se prendre la tête ! Faites de votre mieux, assurez-vous des notes potables, mais ça ne vaut pas réellement la peine de s'acharner à bosser. De toutes façons, si vous êtes élève-avocat et avez passé plus d'une demi-journée en école des avocats, a priori vous l'aurez vite compris. Sauf si votre objectif est de finir major de promo (et encore...) (mais ça vous permet d'avoir la robe payée par l'école ceci dit...).



Pendant cette période, vous avez deux stages de trois semaines à faire, si vous les choisissez bien, ça peut être chouette, même si concrètement pendant trois semaines vous aurez à peu près le même niveau de responsabilité qu'un stagiaire de 3ème. Bon j'exagère un peu, vous aurez probablement des dossiers à traiter, certains plaident pendant leurs petits stages, tout dépend de votre maître de stage et de vos envies. Concernant le lieu où les faire, ça dépend également de vos envies (généralement ce n'est pas très très compliqué à trouver) (vu que ce n'est pas rémunéré) (mauvaise langue). Vous pouvez très bien le faire dans une grande structure ou dans un petit cabinet, dans un cabinet qui traite de votre "spécialité" ou tout l'inverse. Après soyez logiques et ne soyez pas maso. Par exemple, je sais que je n'aime pas le droit fiscal, que je n'ai jamais aimé ça et que je n'en ferais probablement jamais de ma vie, jamais je me serais dirigée vers un cabinet qui exerce là-dedans. En revanche, une ouverture sur une matière qui ne vous déplaît pas mais que vous connaissez mal peut être intéressante et donner lieu à des vocations qui sait ... Bref c'est à vous de voir mais pas de panique, souvent ça se passe bien et ce ne sont que trois semaines...


PPI l'ennui ? 


Vous devez ensuite trouver votre stage PPI. Il s'agit d'un stage hors cabinet d'avocats, une ouverture sur le monde (ouais j'exagère peut-être un peu). Alors là il y en a pour tous les goûts, certains le trouvent assez rapidement et facilement, et d'autres galèrent beaucoup et vont pleurer une semaine avant le début de leur stage dans les différentes structures susceptibles de les prendre en stage.
Moi j'ai eu de la chance, j'ai trouvé un stage assez "facilement" et dans une structure qui m'intéressait. Certains pendant 6 mois glandent véritablement, d'autres ont des stages qui se prêtent plus à un bon investissement. Bref, c'est un peu à vous de choisir ce que vous voulez en faire de ces 6 mois. A mon humble avis quitte à devoir se taper 6 mois de stage obligatoirement, essayez de le faire dans un domaine qui se rapproche du votre (parfois vous ne trouvez pas...), ou dans un domaine qui vous intéresse un minimum, sinon ça va être doublement chiant. 



Par contre si vous avez un doute sur le domaine dans lequel vous souhaitez exercer, ça peut carrément être l'occasion de vous former à une nouvelle matière. Si ça vous plait tant mieux vous poursuivrez là-dedans, si ça ne vous plait pas, vous pourrez considérer que c'était juste une ouverture sur le monde. Et par pitié, choisissez une structure qui ne vous exploitera pas (oui je sais ce n'est pas écrit sur la tête des recruteurs), vous serez suffisamment crevés par la suite...
La rémunération ? Le minimum légal ou pour les plus chanceux un SMIC. Oui oui. Préparez-vous à demander de l'aide à vos parents ou à vos conjoint(e)s.

Pour ma part, j'ai profité des avantages de ma structure, une administration (35h/semaine et des vacances), j'ai appris pas mal de choses pendant ces 6 mois.
Maintenant je l'avoue, 6 mois c'était parfois long. Un stage de 4 mois aurait été bien aussi...
Bref, c'est un peu la roulette russe les stages. C'est pas complètement à jeter comme idée mais c'est certain que 6 mois c'est peu-être un peu long et que tout le monde n'y trouve pas d'utilité.


Profitez du stage en cabinet d'avocat ! 


Vient ensuite la période de 6 mois de stage en cabinet d'avocats. Là, j'ai VRAIMENT galéré à trouver ce stage. Sauf si vous faites du droit du travail ou du droit social (de loin, les offres les plus nombreuses), préparez-vous à harceler les cabinets d'avocats qui vous intéressent ... A un moment, par dépit, tu finis même par envoyer ta candidature à des cabinets qui n'ont rien à voir avec ta spécialité - dans le doute, sur un malentendu.
Un conseil : ne lâchez rien. N'hésitez pas à appeler, rappeler et encore rappeler, envoyer des mails. J'ai eu mon stage dans un cab qui m'avait dit non au premier abord. Oui oui. Une copine a appelé le cabinet où elle souhaitait faire son stage une bonne dizaine de fois je pense, avant d'avoir une réponse positive.
Bref, accrochez-vous et rassurez-vous, vous finirez par trouver un stage, même si ce n'était peut-être pas celui que vous espériez au début. Un petit conseil (avec le recul) : si vous galérez à trouver dans votre branche, essayez de trouver un cabinet généraliste (même si ça n'a rien à voir avec ce que vous faites). Dans un cabinet généraliste, vous apprendrez toujours plus que dans un cabinet spécialisé dans une branche qui n'est pas la votre (oui ça parait logique mais ce n'est peut-être pas si évident que ça).



Concrètement pendant 6 mois, je n'ai pas grand chose à dire. Ca peut déboucher sur une collab. Ça peut très bien se passer comme très mal. Ça dépend de votre spécialité, de ce que vous attendez de ce stage, de votre investissement, de la taille du cabinet, de la ville ...

Bref, au lieu de continuer à vous raconter des banalités, je vais tenter de vous parler de mon expérience. Cet exercice est un peu difficile car je voudrais garder un peu d'anonymat...
C'est d'autant plus compliqué à raconter que certains stages se passent très bien, d'autres beaucoup moins bien... (sans vouloir faire peur !).



Globalement, ça s'est bien passé pour moi. J'ai appris énormément, j'ai fait beaucoup de choses. Ce qui a été le plus énervant finalement ? Les quelques jours où j'ai du revenir à l'école des avocats (en plein mois de juillet sinon c'est pas drôle) pour passer un examen... Oui vous avez bien lu. Autant dire que réviser le soir en plus du stage cabinet ce n'était VRAIMENT PAS évident (surtout que c'est l'été et qu'il fait beau et que par conséquent tu as envie d'aller boire des coups en terrasse).
Ce qui est le plus dur ? Ne pas avoir de vacances. Zéro. Vous devez faire 6 mois plein. Quand arrive le mois de juin et que vous avez eu peu ou pas de vacances pendant un an, ça devient un peu dur...
A la fin j'étais fatiguée, comme la plupart de mes compatriotes. 

Encore une fois 6 mois c'est long.
Rétrospectivement et alors que j'ai eu mes premières audiences, je suis très contente d'avoir eu ces 6 mois de stage. Ça me permet aujourd'hui d’être moins stressée pour certaines audiences. 
Je pense que ces 6 mois sont utiles et même nécessaires, mais à la fin tu en as marre. Disons qu'en stage tu apprends plein de choses sur le fond, sur comment faire des choses mais concrètement il y a des choses que tu ne fais pas seule : plaider, recevoir des rendez-vous...

Et à la fin tu as envie d'avancer, de devenir avocat.

Ca tombe bien, quand les 6 mois sont finis tu vas passer le CAPA !

Es-tu prêt pour la période la plus stressante de ta vie ? Let's go !



Le CAPA, horreur et damnation.


Le stage 6 mois est fini. Le CAPA (certificat d'aptitude à la profession d'avocat) c'est 6 épreuves : une épreuve écrite donc personne ne comprend les modalités et 5 épreuves orales : anglais (lolilol), spécialité, soutenance de rapport de stage PPI, soutenance de rapport de stage cabinet et le très redouté déontologie (le plus gros coeff)...



Déjà c'est l'été, tu as fini ton stage cabinet, un peu fatigué comme je le disais. Tu espères partir en vacances l'esprit tranquille et boire des mojito au bord de la plage ? En fonction de quand ton stage se termine (certains terminent fin juin au plus tôt, d'autres début août au plus tard) tu pourras plus ou moins le faire, mais tu auras surtout les rapports de stage à rédiger ! La joie est totale je le sais.
Les consignes concernant les attentes de ces rapports sont très floues. Et elles resteront floues jusqu'au bout tellement les oraux de soutenance de rapports de stages sont complètement aléatoires. certains jurys reprochent d'avoir un rapport trop juridique, d'autres te reprochent d'avoir des rapports trop personnels et pas assez juridiques... Va trouver le juste milieu dans tout ça. Je le cherche encore.
Ne t'en fais pas, tu finiras par trouver quelque chose à dire dans tes rapports, non sans avoir demandé conseil à la terre entière avant.
Ah oui et la sagesse serait de les commencer et de les finir pendant que tu es encore en stage cabinet, comme ça quand ton stage cabinet est fini, tu n'as plus rien à faire et tu peux partir en vacances et/ou réviser (cache ta joie). Ça dépend de ton niveau de sérieux. Crois moi il en faut du courage pour se taper la rédaction des rapports en rentrant de ton stage cabinet le soir, ou le week-end.
Bref, ce n'est pas une période très fun.

Dans mon école, l'épreuve écrite a eu lieu début septembre et les épreuves orales avaient lieu en octobre ... Certains partent en vacances pendant l'été, d'autres après l'épreuve écrite, certains font les deux, ça dépend de ton budget, de ton état de fatigue, de ton niveau de stress pour réviser.



On en parle du fait qu'après avoir bossé pendant un an, se remettre à réviser en plein mois d'août c'est juste super super dur ? Avec le recul de toutes façons je m'en rends compte, ça ne vaut pas forcément le coup de réviser à fond pour l'écrit... Le sujet est complètement aléatoire. Prier et profiter du soleil du mois d'août me parait être plus utile...

L'épreuve écrite a juste été horrible pour moi. Véritablement. Pour vous expliquer rapidement, seuls les codes non commentés sont autorisés. Il faut savoir que la plupart des codes de droit public sont commentés. En tant que publiciste tu as donc deux options : option n°1 : le talent et le "tout dans la tête", option n°2 :  tu raques pour des codes non commentés à la documentation française. Et encore tu n'as pas tout de disponible. L'épreuve c'est censé être droit administratif. Dans les faits c'est tout le programme de droit public. Autant dire que pour les révisions c'est juste IMPOSSIBLE. Tu es censé réviser le droit administratif, le droit de l'urbanisme, le droit de la fonction publique, le droit des marchés publics, le droit des collectivités territoriales... L'épreuve était sur un sujet technique assez compliqué. Je suis ressortie de là complètement énervée en ayant l'impression d'avoir complètement foiré. Et à ma très très grande surprise, j'ai plutôt eu une bonne note à cette épreuve.

De toutes façons c'est un peu le maître mot du CAPA :  ne te fie pas à tes impressions. Sans déconner. La plupart des épreuves sont très déstabilisantes et tu ne sais pas si tu as raté ou réussi. Ne t'en fais pas, c'est normal et au final une grande partie de la promo l'aura.

Quand vous avez fini l'écrit, c'est là que ça commence à devenir drôle, vous devez réviser LA DEONTO. L'épreuve ultime. Et là c'est un peu comme le grand oral du CRFPA, c'est sans fin. Tu peux aller toujours plus loin dans la précision, dans l'apprentissage... Et c'est assez angoissant parce que tu ne sais pas réellement où tu dois t'arrêter. Tu ne sais pas ce que les examinateurs, l'école, le reste du monde, attend de toi pour cette épreuve. Certains te disent d'apprendre avec tel bouquin, d'autres t'en conseillent un autre. Mon conseil : apprendre par cœur le "petit" livre de Jean Jacques Taisne c'est bien. Complétez avec le Damien et un peu de jurisprudence. Vous n'aurez pas 18 à l'oral, mais ce n'est pas bien important (à mon humble avis).



Concrètement les oraux, c'est la roulette russe. VRAIMENT.
Quel que soit l'oral, ça dépend réellement de votre jury et du sujet sur lequel vous tombez.
Le moins stressant est bien sûr celui d'anglais, pas grand intérêt.
Les oraux de rapport aussi sont moins stressants tout simplement parce que vous connaissez le sujet, même si ça n'empêche pas le jury de vous démonter parfois...
L'oral de spécialité consiste en une plaidoirie. A priori ce n'est pas bien méchant. Les notes ne sont pas mauvaises.
L'oral de déontologie, ce grand moment de solitude. Pour ma part, je suis ressortie de là en étant mitigé. Ils ne m'ont pas lâché sur une question en particulier. Vous savez ce moment où vous savez plein de choses mais non eux continuent de vous interroger sur un truc en particulier et où vous avez envie de hurler "MAIS JE SAIS D'AUTRES CHOSES". Bref, frustration intense.

Certains passaient des oraux avec un tel jury à 9h et avaient la sensation que ça se passait bien, d'autres passaient avec le même jury à 10h et avaient la sensation d'avoir raté leur vie (oui rien que ça).



Parce que c'est ça aussi le CAPA. Cette horrible sensation de jouer ton avenir. Le stress est très difficile à gérer. Pour le CRFPA, tu stresses, t'es pas bien mais je me disais toujours "si je l'ai pas je fais autre chose" et basta. Pour le CAPA, tu joues deux putain d'années de ta vie et t'as pas envie de te foirer sur la dernière ligne droite. VRAIMENT PAS. Ce ne sont pas les mêmes enjeux et t'as beau savoir que concrètement t'as plus de chance d'avoir le CAPA du premier coup (et au pire il y a les rattrapages...) que le CRFPA et bien non tu stresses quand même BEAUCOUP TROP. En tout cas, moi c'est comme ça que je l'ai vécu. Peut-être que certains sont hyper sereins. Moi j'étais tout sauf zen. Et qu'on ne vienne plus me dire "c'est une formalité". C'est une putain de formalité que tu n'as pas envie de rater. Bref, tu rates, tu réussis, puis tu rerates. Les oraux sont finis et tu n'a plus qu'à prier.

Les résultats. Cet horrible moment. Je crois que je n'ai jamais été aussi stressée de ma vie. Ils ont la très bonne idée de donner d'abord "le moins bon" jusqu'au "meilleur". Autant dire que c'est un putain d’ascenseur émotionnel. Moi j'ai eu de la "chance" j'ai été appelée assez vite (ouais je suis parmi les "nuls" ahah), mais la major de promo j'ai cru qu'on allait la perdre... C'est juste horrible.




Comment ça il y a trop de gif ? 




Et après ? 


Puis après vient le fête, beaucoup de fête, de félicitations, de champagne... Puis le tout début de la collab... Puis l'essayage de la robe... La réception de la robe... La prestation de serment...

Ce sont des moments importants, émouvants et forts. La prestation de serment, tu ne la vis qu'une fois dans ta vie. C'est un moment ultra particulier, qui passe finalement beaucoup trop vite. Je me suis levée pour dire "je le jure", je me suis rassise et là je me suis dit "wahou c'est fait".



C'est rigolo il y a peu j'ai assisté aux résultats du CRFPA pour un ami et je me suis revue il y a deux ans, j'ai repensé à tout le chemin parcouru.

C'est passé très très vite finalement. Plus que je ne le pensais.

Je n'ai jamais pensé un jour devenir avocat. Ça n'a jamais été une vocation, je le disais déjà dans mon article sur le CRFPA. Du coup, quand je regarde la robe ou quand je repense à tout ça, je ne réalise pas vraiment, je ne comprends pas bien et je me dis "mais WTF ?". Et puis parfois je me sens complétement imposteur, pas du tout compétente pour bosser, je doute, je me demande combien de temps je vais tenir avant de péter un câble, si tout ça c'est vraiment pour moi, si tout ça c'est vraiment moi. Bref, je crois que c'est normal. 


On fait le bilan de deux ans ?


J'ai tellement avancé depuis deux ans. D'un point de vue personnel, j'ai eu une période assez compliquée pendant cette période, disons que l'année 2015 n'a pas été terrible mais j'ai jamais autant appris sur moi qu'au cours de ces deux années. Je me comprends mieux. Je comprends mieux mes réactions, ma personnalité, mes envies. Et vous savez quoi ? Je suis fière de moi. Vraiment. Certains peuvent dire que j'ai changé mais moi je m'aime beaucoup comme ça. J'ai beaucoup plus confiance en moi, en ce que je suis. Bien sûr, je me sens encore toute petite face à certaines personnes, parfois ma timidité de naissance reprend le dessus. Mais j'ai quand même de moins en moins ce sentiment d'infériorité. Ce truc qui te fait te sentir nulle par rapport à certaines personnes. Je ne sais pas si c'est vraiment en lien avec l'école des avocats ou juste la vie mais j'ai beaucoup évolué depuis deux ans et je suis fière de ce que je suis.Vraiment.

Pour être complètement honnête, je ne sais pas combien de temps j'exercerais, combien de temps je resterais collaboratrice dans la cabinet où je suis... etc. Je me jette un peu "dans l'inconnu". Tout ce que je sais c'est que j'ai énormément de choses à apprendre encore. Je dois apprendre mon métier. L'exercer. Tout le monde dit que la première année est relativement horrible. J'ai envie de bien faire mon métier, j'ai envie d'apprendre, de comprendre et on verra où tout cela me mène.



J'ai écrit cet article il y a quelques semaines maintenant, je me permets aujourd'hui (le 11 décembre) de rajouter un petit commentaire. J'ai commencé officiellement ma collab il y a peu et mon dieu, je cous partout, je plaide à droite, à gauche, ma robe me suit partout. Je prends mes marques, je vis à mille à l'heure, je bosse 10h par jour... Je suis crevée mais je crois que ça me plait bien. Je reviendrais peut-être faire un bilan d'un an de collaboration. 

Bon courage à tous, que vous passiez le CRFPA, le CAPA ou que vous décidiez de faire complètement autre chose ! C'est très très niais mais croyez-y, ne vous découragez pas.