samedi 1 juillet 2017

Je ne mange (presque) pas de viande.

Sur l'Internet, il y a beaucoup de gens que je suis qui ne mangent plus de viande ou qui sont même végétaliens voire vegan. Etre (presque) végétarien me paraît donc tout à fait "normal", mais je me rends compte que c'est encore un sujet de discussion avec mes amis. Ils ne jugent pas mais ne comprennent pas forcément.

Pour une petite définition des termes, avant de rentrer dans le vif du sujet. 
pescetarien : ne mange pas de viande mais mange du poisson
végétarienne : ne mange ni viande ni poisson
végétalienne : ne mange ni viande, ni poisson, ni tout ce qui provient d'un animal : oeufs, lait, miel, fromage...
vegan : refuse toute exploitation animale donc végétalien + ne porte pas de cuir, de laine, de fourrure, ne porte pas de cosmétiques testés sur les animaux
flexitarien : mange de la viande occasionnellement

Je ne suis pas végétarienne. Je suis flexitarienne (ce mot...). Je ne mange pas de viande chez moi et quand je dois choisir un plat, au restaurant, dans une sandwicherie etc, je choisis dans 99,99 % des plats sans viande. J'en mange encore quand on m'en propose et que je n'ai "pas le choix" ou que j'en ai une réelle envie (ce qui ne m'arrive pas souvent). Je mange encore du poisson par contre, pour la simple et bonne raison que c'est trop compliqué sinon avec ma vie de tous les jours et le travail.

Je voulais revenir ici sur les raisons qui m'ont poussées à ne quasiment plus manger de viande. Mettons les choses au clair tout de suite, ce n'est absolument pas pour mincir, pour rester mince ou pour manger moins gras. Je m'en cogne complètement.


1. L'écologie


La production massive de viande est mauvaise pour notre environnement.

Quelques chiffres :
312 millions de tonnes de viande produites par an
43 kilos de viande consommés par an / par personne
89 kilos de viande consommées par an / par français
65 milliards d'animaux tués par an (2000 animaux par seconde)
L'élevage de bétail est responsable de 14,5% des émissions de gaz à effet de serre liées aux activités humaines
7 milliards de tonnes de CO² émis
l'élevage bovin représente 22% de la consommation mais 41% des émissions de CO² dues à l'élevage
en élevage industriel
la production d'un kilo de boeuf = 13500L d'eau, le porc = 4600L d'eau, un poulet = 4100L d'eau
un tiers des céréales produites dans le monde sert à nourrir des animaux d'élevage ce qui représente 670 millions de tonnes de céréales
l'agriculture est responsable de 70% de la déforestation
70% de la surface agricole mondiale est utilisée pour le pâturage du bétail ou pour cultiver des céréales destinés à les nourrir
91% des terres qui subissent la déforestation en Amazonie servent au pâturage ou à la production de soja pour nourrir le bétail.

Source :  http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2015/10/29/la-viande-a-aussi-un-impact-majeur-sur-la-planete_4799570_4355770.html

Et parce qu'une vidéo est peut-être encore plus parlante :



Vous l'aurez compris, la production de viande massive et industrielle telle qu'on le fait aujourd'hui est désastreux pour notre environnement.
On mange deux fois plus de viande que nos grands-parents. On produit toujours plus sans se soucier de savoir si notre planète peut le supporter. Vous allez me dire : "ouais mais c'est pas parce que toi tu ne manges pas de viande que ça va sauver la planète". C'est sur à moi toute seule je ne ferais pas grand chose. Mais vous savez quelle est notre force ? La seule chose qui intéresse les industriels ? Notre CONSOMMATION. Moins il y aura de demandes en viande, moins ils en produiront. C'est logique. C'est vous qui faites la demande. Parfois, je trouve qu'on a tendance à l'oublier.
Je ne suis pas contre le fait de consommer de la viande. En soi bouffer un boeuf ne me choque pas. C'est juste qu'à l'heure actuelle on en mange trop et que ça détruit notre environnement 

2. Le goût


Ça c'est rigolo c'est "l'argument" qui "rassure" le plus les gens. Quand je dis que de base je n'aime pas trop la viande, les gens sont un peu soulagés "ah oui c'est pas tant que tu as des convictions, c'est juste que tu n'aimes pas ça". Bon personne ne me le dit comme ça évidemment mais en substance c'est ça que ça veut dire.

Oui je n'aime pas trop la viande. Ce n'est pas que je n'aime pas mais ça ne me fait pas plus saliver que ça. Je n'ai pas du tout cette culture de la viande comme l'ont bon nombre de français. Avant que je prenne la décision de ne plus trop manger de viande, je ne mangeais jamais de boeuf bourguignon, d’entrecôtes, de côtelettes, de ribs etc. Même au restaurant, ce ne sont pas du tout les plats qui m'intéressaient le plus. Bref, vous l'avez compris, je ne raffole pas de la viande de base. Dans ce cas je me suis dit : "pourquoi continuer à manger de la viande, c'est mauvais pour la planète, alors que tu t'en fiches d'en manger ou pas ?". Je veux dire si c'est pour manger une tranche de jambon Herta, ça ne sert pas à grand chose.

Je ne vais pas vous le conseiller parce que pour être honnête, je l'ai commencé mais ne l'ai jamais terminé, mais ça a été un élément déclencheur chez pas mal de gens... Pour le trouver!


J'essaie d'être écolo, mais sur énormément de points je ne le suis pas encore suffisamment à mon goût, alors je me dis que ne pas manger de viande c'est un geste "simple" à faire en plus pour moi.

Après vous l'avez compris, je m'autorise des écarts de temps en temps et ça aussi c'est rigolo, ça rassure un peu les gens : "ah ça va tu n'es pas fermée au fait de manger de la viande". Comme si ne plus manger de viande du tout c'était "être fermé". Moi j'ai l'impression au contraire que passer à un mode de vie plus végétarien c'est avoir un peu plus conscience des problématiques écologiques de notre planète, des conséquences de l'élevage intensif etc, et donc s'ouvrir à de nouvelles choses.

Je n'empêcherais jamais qui que ce soit de manger de la viande, chacun fait comme il veut et comme il peut mais c'est tout de même fou de passer pour quelqu'un de "fermé" dès que tu annonces ne pas manger de viande.

3. La souffrance animale


En france 83% des poulets élevés ne voient jamais la lumière du jour.
95% des cochons passent leur vie sur caillebotis 

Je pense que les animaux sont des êtres vivants sensibles., c'est à dire qu'ils ressentent la douleur. Je pense donc que faire vivre un cochon, une vache, un poulet sans qu'il ne voit jamais la lumière du jour, sans qu'il puisse gambader dans un pré est tout simplement affreux. Les conditions d'abattage sont souvent abominables. Il suffit d'entendre un cochon "hurler" pour le comprendre. 
Je n'ai pas envie de participer à cette industrie de la souffrance. La plupart des animaux aujourd'hui sont élevés et abattus de cette façon. Par conséquent je refuse de manger ces animaux-là. C'est aussi simple que ça. 

Une petite vidéo de l'association L214 qui dénonce régulièrement les conditions d'élevage et d'abattage des animaux. 



Heureusement des alternatives existent ! Si vous souhaitez continuer à manger de la viande, essayer de la choisir de BONNE QUALITE, BIO et LOCAL. 

Un petit exemple pour le porc, dans le Nord il existe un agriculteur qui fait du porc bio. J'avais eu le chance de visiter son exploitation. Non seulement les porcs gambadent dans les prés mais ne voient jamais un antibiotique de leur vie! 

Quant aux oeufs, faites attention aux codes inscrits dessus : 
0 = poules élevées en plein air, bio
1 = poules élevées en plein air
2 = poules élevées au sol, ne voient pas la lumière du jour
3 = poules élevées à l'intérieur d'une cage 

Faire un petit effort et se renseigner sur la provenance de ce que nous consommons ça ne me parait pas dingue. C'est meilleur pour notre santé, pour la santé des animaux et de notre planète. 

Pourquoi ne pas aller plus loin ? Pourquoi ne pas être 100% végétarienne et arrêter le poisson ? Pourquoi ne pas devenir vegetalienne voire vegan ?


Parce que je suis une presque végétarienne flemmarde. Je l'avoue sans rougir.

Il faut savoir que non seulement je n'aime pas cuisiner mais qu'en plus je n'ai absolument pas le temps pour ça. Je rentre souvent le soir chez moi entre 19h et minuit. Je n'ai absolument aucune envie de passer du temps à me cuisiner quelque chose. Or être vegan suppose quand même avoir du temps pour cuisiner, pour bien faire les choses. Et je n'ai pas envie de prendre sur mon temps de loisir pour ça. Je travaille et je mange tous les jours à l'extérieur (picard et les sandwicheries sont mon ami) (oui pour le zéro déchet on repassera par contre) et si c'est "facile" de trouver des plats sans viande à l'extérieur c'est impossible de trouver des plats vegan ou du moins très compliqué. Rentrez dans n'importe quelle sandwicherie, vous trouverez des sandwichs au jambon, poulet, thon, saumon etc, mais rien de vegan. Après je pourrais cuisiner chez moi et me ramener mes plats, ce serait plus écolo, zéro déchets, sans doute bien meilleure pour ma santé et conforme à mes idées, mais je vous renvoie à mon point au-dessus, je n'ai pas envie de prendre le temps de cuisiner pour me faire des plats pour le boulot.
De plus, je suis une jeune trentenaire citadine qui par conséquent sort quand même pas mal avec ses amis en semaine, dans des bars, des resto etc ... Et autant je me débrouille toujours pour trouver des alternatives végétariennes là où on mange (oui même au kebab), autant trouver des alternatives vegan c'est juste pas possible, du moins pas partout. Je ne renoncerais pas à ces moments avec mes amis pour un régime alimentaire.
La vérité aussi c'est que j'aime le fromage et les vêtements en cuir. Je vais faire frémir plus d'un vegan et on va me traiter de connasse égoïste mais j'assume. Pour l'instant, le fromage et les oeufs font partie intégrante de mon alimentation et je n'ai pas envie d'en changer. J'essaie de consommer des oeufs de poules élevés en plein air et je n'achète que peu de fromage, j'en consomme surtout à l'extérieur, mais je ne suis pas prête à les abandonner complètement.pour le moment. Les alternatives me paraissent trop compliquées, trop contraignantes, elles ne correspondent pas à mon mode de vie pour le moment.

Si vous voulez des infos sur le veganisme vous pouvez jeter un oeil à ces trois chaines youtube :


Et toi t'en manges de la viande ? Quels efforts serais-tu prêt à faire ?



samedi 20 mai 2017

Parlons dystopies : "Le meilleur des Mondes" vs "2084" !


Ça me manque d’écrire un peu par ici alors je reviens vous parler de livres. Parce que s’il y a bien quelque chose qui me passionne c’est bien ça. La lecture est le loisir qui m’apporte le plus de satisfaction je crois. 

Quand j’ai appris à lire, je me souviens avoir très vite lu beaucoup. J’ai toujours vu ma mère lire un peu avant de dormir. J’ai vite pris cette habitude également. Puis à 15 ans j’ai eu Internet. J’ai lu moins de livres. Il me semble cependant que j’ai toujours eu plus ou moins un livre en cours. Si je n’ai pas de lecture en cours, ça m’angoisse. Je fais partie de ces gens qui lisent un peu partout dès qu’ils ont 5 minutes à attendre ou un trajet en métro à faire.
Il y a deux ans j’ai eu une sorte de déclic en voyant les bilans cul de solange. Moi aussi je passais beaucoup trop de temps devant les écrans, j’ai donc pris la résolution de plus lire. J’en ai fait une sorte de « compétition » avec moi-même. Pas une compétition culpabilisante, mais je ressens du plaisir quand j’ai fini un livre, qu’il m’a plu et que je peux le rajouter à ma liste de livres que j’ai lus. J’aime bien compter régulièrement où j’en suis et j’aime bien faire mon petit bilan de l’année.
J’ai – par conséquent – un rapport boulimique aux livres, j’en achète beaucoup. Ca a un côté rassurant d’avoir toujours quelque chose à lire mais en même temps c’est hyper angoissant de savoir qu’on a une pile à lire et qu’on ne va pas « au bout ». J’ai l’impression de devoir rattraper les années où j’ai moins lu.
Qu’est ce que je lis ? Des choses assez différentes mais globalement j’aime quand les livres m’apportent quelque chose d’un point de vue culturel. Les romans me plaisent s’ils sont sur fond de vérité historique par exemple ou si ils m’apprennent des choses sur un pays, un mouvement politique, une personne, une culture, une coutume... Je ne lis jamais d’histoires d’amour sauf s’il s’agit de personnalités historiques ou politiques.
J’essaie de lire des femmes écrivaines/auteures/autrices (employez le mot que vous voudrez) parce que c’est important de les mettre sur le devant de la scène. Je lis évidemment pas mal de livres féministes et sur le féminisme parce que s’il y a bien un combat qui me passionne c’est celui-ci.
Depuis le début de l’année, j’ai lu 16 livres dont 4 BD. Ces livres m’ont tantôt transporté en Irak, au Japon, au Biafra, aux Etats-Unis, à Hénin-Beaumont, en Angleterre, en Normandie, en Tunisie mais également dans deux mondes biens particuliers qui n’existent que dans la tête de ceux qui les ont créés... J'ai lu deux dystopies. 

Le point définition 

 
Selon le Larousse une dystopie est une : « Société imaginaire régie par un pouvoir totalitaire ou une idéologie néfaste, telle que la conçoit un auteur donné. »
J’ai toujours trouvé ce genre complétement fascinant et pourtant je n’en ai pas lu beaucoup. Ça me fascine d’imaginer comment sera notre monde dans 30-50-100 ans. Étant quelqu’un d’assez pessimiste j’ai souvent tendance à imaginer qu’on aura complétement pollué la planète et qu’on vivra dans un monde totalitaire où seuls des hommes forts survivront et où les femmes seront totalement asservies. Je pense très sincèrement que nos sociétés vont dans le mur. 
 Le premier du genre que j’ai lu il y a 9 ans est un gros classique du genre, il s’agit de 1984 de Georges Orwell. Je l’ai lu l’été de mes 19 ans en vacances en Turquie (tiens tiens...). Je garde un souvenir glaçant de la fin de ce livre. 

Très récemment j’ai lu « Le Meilleur des Mondes » d’Aldous Huxley et « 2084 la fin du monde » de Boualem Sansal.



2084 la fin du monde
Pitch : L’Abistan, immense empire, tire son nom du prophète Abi, «délégué» de Yölah sur terre. Son système est fondé sur l’amnésie et la soumission au dieu unique. Toute pensée personnelle est bannie, un système de surveillance omniprésent permet de connaître les idées et les actes déviants. Officiellement, le peuple unanime vit dans le bonheur de la foi sans questions.
Le personnage central, Ati, met en doute les certitudes imposées. Il se lance dans une enquête sur l’existence d’un peuple de renégats, qui vit dans des ghettos, sans le recours de la religion…
Parution : le 20 août 2015

Le meilleur des mondes
Pitch : Bienvenue au Centre d'Incubation et de Conditionnement de Londres-Central. À gauche, les couveuses où l'homme moderne, artificiellement fécondé, attend de rejoindre une société parfaite. À droite : la salle de conditionnement où chaque enfant subit les stimuli qui plus tard feront son bonheur. Tel fœtus sera Alpha – l'élite – tel autre Epsilon – caste inférieure. Miracle technologique : ici commence un monde parfait, biologiquement programmé pour la stabilité éternelle... La visite est à peine terminée que déjà certains ricanent. Se pourrait-il qu'avant l'avènement de l'État Mondial, l'être humain ait été issu d'un père et d'une mère ? Incroyable, dégoûtant... mais vrai. Dans une réserve du Nouveau Mexique, un homme Sauvage a échappé au programme. Bientôt, il devra choisir : intégrer cette nouvelle condition humaine ou persister dans sa démence...
Parution : 1932

De la difficulté de lire des dystopies

 

Une chose importante à noter dès le début : la difficulté de lire des dystopies. Je trouve que c’est un genre compliqué à aborder. Les auteurs que j’ai lus ne vous laisse pas le choix progressivement de vous intégrer dans leur monde. Vous y êtes balancés sans préavis. Qui dit autre monde dit autre langage, autres coutumes, autres façons de penser. Dans Le Meilleur des Mondes, j’ai fini par m’habituer au style de ce monde particulier mais je vous avoue que dans 2084 j’ai eu du mal jusqu’au bout à comprendre les événements, à retenir les personnages etc etc. 



La religion dans ces deux romans

 

La grosse différence entre les deux oeuvres (hormis qu’elles ont été publiées avec 80 ans d’écart) c’est que dans 2084 le totalitarisme est religieux alors que dans Le meilleur des mondes il n’y a pas de référence religieuse. 

Dans 2084, tout est basé sur la religion avec un Dieu Suprême et son prophète (que personne n’a jamais vu). Les droits, les devoirs, les obligations, sont religieux. La vie est rythmée par les prières et les pèlerinages. Tout est volonté de Dieu. Il y a évidemment un système de castes avec les puissants qui ont des privilèges et les autres. On distingue les gens à la couleur de leur vêtement, le même pour tous.

Dans Le Meilleur des Mondes, c’est « juste » l’évolution de la société (et c’est peut-être encore plus flippant dans ce sens). Les être humains ne poussent plus dans l’utérus d’une femme, la conception est complétement externalisée du corps humain, le sexe n’est qu’une activité à but récréatif, les modifications génétiques permettent d’avoir tel ou tel type d’être humains et la société est divisée en plusieurs castes : les alphas qui sont les « meilleurs » et les epsilon en bas de l’échelle. Mais – et c’est là le secret de ce monde – les enfants sont conditionnés dès leur plus jeune âge (on leur fait écouter des enregistrements audio en boucle jusqu’à ce qu’ils intègrent ce qu’on veut leur faire intégrer), de sorte qu’ils ont parfaitement intégré leur caste et ne cherchent à aucun moment à se rebeller. Si à un moment, pour une raison X ou Y, vous n’êtes plus heureux, le gouvernement vous fournit de la drogue qui vous permet de vous rendre heureux. Il n’y a pas de père ni de mère et la seule référence à un passé obscure où les femmes accouchaient fait frémir d’horreur la population. Il est également mal vu d’avoir une longue relation avec quelqu’un. On est dans un monde assez solitaire. Ici aussi on distingue également les gens en fonction de leurs couleurs de vêtements. Les alpha ont telle couleur, les gammas en ont une autre...



La place des femmes


Dans les deux romans, les femmes sont quasiment inexistantes.
 Dans 2084, il est clairement dit que les femmes n’ont aucun pouvoir quel qu’il soit, elles sont juste envisagées comme mère, soeur etc. Dans toutes les sociétés qui régressent, les premières à qui on retire des droits, ce sont les femmes. Évidemment je pense à Simone de Beauvoir qui a dit : "N'oubliez jamais qu'il suffira d'une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant."

Ça se vérifie aujourd’hui. En pleine crise politique, économique (etc) certains remettent en cause l’IVG, l’intérêt pour les femmes de travailler (etc). La raison est assez simple. Il s’agit de revenir à un monde ancien, traditionnel, complétement idéalisé, le fameux « c’était mieux avant », dans lequel les femmes n’avaient pas ou peu leur place.

Dans Le meilleur des Mondes c’est à nuancer. Il y a une femme qui accompagne le personnage principal. Les femmes ont l’air d’avoir des postes hauts placés mais il y a aussi une règle un peu étrange dans ce monde. Le sexe étant uniquement une activité récréative, les femmes doivent se laisser « prendre » à tout moment ou presque par les hommes. Les femmes sont bien présentes, mais leur statut est-il à envier ? Comme la procréation est totalement externalisée du corps de la femme, la société me semble un peu plus "égalitaire".




La science dans les deux oeuvres


Ce qui m’a frappé dans 2084 c’est l’absence totale d’éléments de modernité alors que c’est quand même censé se passer dans un monde post-internet, post-numérique... Le roman se passe après 2084 (année où tout a changé apparemment) mais Internet n’existe pas, les téléphones portables, la télévision, les ordinateurs (etc) non plus. Les gens vivent de manière très très sobre, ils n’ont pas de table, pas de chaises, pas de décoration... Ils n’ont pas de pantalons, de chemises etc, juste un vêtement traditionnel dont la couleur change selon votre place dans la société. Dans le monde de 2084, vous pouvez mourir de maladies qui dans notre monde, ont trouvé des vaccins depuis longtemps, comme la tuberculose. Les personnes malades sont réunies au même endroit et on les laisse mourir. C’est totalement fascinant même si ça parait un peu irréaliste.
A l’inverse, dans Le Meilleur des Mondes les avancées scientifiques sont omniprésentes. C’est assez « rigolo » d’ailleurs parce que ce livre est écrit en 1930 et c’est donc le monde futur tel qu’envisagé par quelqu’un à cette époque-là... 


Quand le doute s'empare du personnage principal...


Dans les deux cas, on est avec deux hommes qui doutent du monde dans lesquels ils vivent. 
Dans les deux cas, les deux hommes vont chercher autre chose, un autre monde. 


Aussi bien dans le meilleur des mondes que dans 2084, les personnages vont se rendre dans un autre monde, parfois en toute illégalité (dans 2084) parfois avec la bénédiction des autorités (dans Le Meilleur des Mondes) à la rencontre d'un autre fantasmé, imagé, rêvé. 

Dans 2084, le personnage principale, Ati va rencontrer des pairs qui lui aussi doutent des bienfaits de ce monde, il va découvrir toute une organisation secrète qui vise à renverser le monde dans lequel il vit. Cependant, dans ce type de société, tu n'as jamais véritablement d'amis. Ce type de société autoritaire repose sur la surveillance, par un Etat surpuissant, de la population mais aussi par une surveillance constante des gens entre eux. Tu peux être dénoncé constamment par ton époux, ton voisin, ton collègue... C'est là-dessus que repose le fonctionnement de toute société totalitaire. Ce sont les gens qui se soupçonnent entre eux en permanence. De sorte qu'Ati doute en permanence. Et on doute avec lui, on a peur pour lui. Peut-il vraiment faire confiance aux gens qui veulent l'aider ?

Dans Le Meilleur des Mondes, le personnage se sent différent des autres et entraine une amie à lui dans la découverte de cette autre monde. Il fera une grosse découverte et ramènera un "sauvage" dans son monde. Ce "sauvage" ne va évidemment pas s'habituer à ce nouveau monde, ce qui créera de nombreux problèmes... Toute cette partie de l'histoire m'a mise un peu mal à l'aise car je ne me sentais ni en phase avec le "sauvage", censé venir d'un monde "normal" (enfin un monde "normal" de 1930 donc ça explique peut-être les divergences que je peux avoir avec lui...) et le personnage principal qui vient du "meilleur des mondes". A titre d'exemple, le "sauvage" passe son temps à se flageller d'avoir des pensées "impures".



Une réinterprétation de l'histoire VS l'évolution du monde


Dans 2084, il n'existe rien d'autre à part le monde dans lequel vivent les protagonistes. Ce monde est sans frontière, sans passé. Le monde commence en 2084. Évidemment quelques preuves du contraire viennent faire douter le personnage principal. A l'inverse dans Le meilleur des mondes, il s'agit "juste" d'une évolution de la société, il ne semble pas y avoir eu de révolution à proprement parlé. 



Il s'agit de deux livres très différents finalement et qui me parlent beaucoup. 

2084 intrigue parce qu'il évoque l'extrémisme religieux, ce que pourrait donner la société si les terroristes gagnaient leur "combat".

Le monde imaginé par Aldous Huxley est moins improbable et proche de notre monde actuel. Surtout qu'il y a peu, j'ai lu plusieurs articles et écouté plusieurs podcast parlant de certaines avancées scientifiques qui m'ont beaucoup fait penser à ce livre. Attention, je n'ai pas du tout de formation scientifique, je vais donc vulgariser énormément (sorry pour les scientifiques qui passeraient dans le coin). Apparemment il serait possible de créer des cellules souches à partir de n'importe quelle cellule humaine. Une cellule souche est une cellule qui se mute en n'importe quelle autre cellule, tu peux créer à partir d'une cellule souche un coeur, un poumon etc etc. Les cellules souches sont celles qui sont à l'origine de la création d'un être humain. Si tu peux créer une cellule souche à partir de n'importe quelle cellule humaine, tu peux donc créer un être humain à partir d'une cellule de peau par exemple. Autre avancée scientifique, d'ici 50 ans il sera possible de créer des êtres humains hors corps de la femme. Ils ont déjà testé avec une brebis apparemment. Les scientifiques sont même capables de reproduire tous les bruits qu'un bébé entend dans l'utérus (bruits du coeur, de respiration etc). Je trouve ça fascinant. Quant à savoir si c'est une bonne chose, je n'ai pas d'avis pour le moment. Comme chaque progrès, comme chaque avancée scientifique il convient de l'utiliser à bon escient...

C'est en ça que les dystopies sont intéressantes, elles font peur, elles interpellent, elles angoissent un peu mais elles nous font réfléchir aussi sur le monde qu'on a envie de construire. 



J'espère que cet article vous aura donné envie de vous pencher un peu sur ce style très particulier. Pour ma part j'ai encore dans ma pile à lire de belles dystopies notamment le très connu Ravages de René Barjavel, Le Temps du déluge de Margaret Atwood. Il faudrait aussi que je trouve Le dernier Homme et bien entendu la Servante Ecarlate de Margaret Atwood...

Ce dernier roman a fait l'objet d'une série qui s'appelle The Handmaid's Tale et pour être honnête, j'ai présentement regardé 4 épisodes de la saison 1 de cette série et ... OH MON DIEU (c'est le cas de le dire). 
Le pitch : on est plongé dans un monde dans lequel la plupart des femmes (des êtres humains à mon avis) sont devenus stériles. Pour pallier ce problème, des hommes (qui ont fait un coup d'état apparemment) ont décidé de scinder les femmes en quatre groupes : 
- les Martha qui sont les bonnes à tout faire dans les maisons 
- les femmes des hommes qui dirigent le monde, elles sont privilégiées, sont habillées en verts mais ont la malchance d'être stériles (pas d'bol)
- les "tantes" qui sont des connasses chargées d'apprendre aux servantes quel est leur rôle
- les servantes qui sont des utérus sur pattes, ces femmes ne sont pas stériles, elles sont donc affectées à une famille et ont pour mission de pondre des mioches

On vit évidemment dans un monde où la religion contrôle tout, sans liberté individuelle, où chacun est contrôlé les uns par les autres et où vous risquez la mort ou je ne sais quoi d'autres, à tous les coins de rue.

Je ne vais pas en dire plus, je ne voudrais spoiler personne. Cette série est ULTRA angoissante. Sans déconner, j'ai failli finir en PLS à la fin de chaque épisode. Cette série décrit un monde tout bonnement effroyable. Ce qui est le plus flippant ? Il y a énormément de flashbacks et vous savez quoi ? Ça part de NOTRE monde, tel qu'on le connaît là. On a l'impression qu'en quelques années, le monde est devenu fou. 
Bref je ne vais pas en dire plus, je crois que c'est encore trop frais dans ma tête pour avoir un avis un temps soit peu éclairé mais pour peu que vous soyez un petit peu féministe, un petit peu pessimiste quant au monde dans lequel on vit, intéressé par les dystopies, regardez cette série ! (oui c'est un ordre) (prévoyez le Xanax par contre)
(toutes les images illustrant cet article sont issus de cette série)

Et toi, tu lis des dystopies ?

samedi 28 janvier 2017

T'en veux toi des enfants ?

J'aurais aimé être une de ses filles qui rêve de se marier, d'avoir des enfants et une maison en banlieue. Mais chez moi ça ne fonctionne pas comme ça. Je ne sais pas si je veux des enfants. 

(Petite précision pour les parents et futurs parents qui passeraient ici, je ne juge absolument personne. Il s'agit là d'une réflexion totalement personnelle sur le sujet.)


De la question de l'argent ...


Vous m'auriez interrogé il y a moins de 10 ans, je vous aurais dit que je voulais des enfants, sans aucun doute. Aujourd'hui j'ai bientôt 28 ans et c'est loin loin loin de mes préoccupations. C'est peut-être dû à ma situation. Je viens tout juste de vraiment finir mes études. Avant, j'avais peu de revenus, je vivais en coloc... Bref, pas franchement la situation idéale pour faire des enfants. Certains diront que l'argent n'est pas censé rentrer en ligne de compte bla, bla... Tant qu'il y a l'amour... Mouais, je ne ferais pas un enfant sans avoir la possibilité de lui payer ses cours d'aquaponey.

Je me souviens encore quand j'avais dit ça à la famille de mon ex (j'avais 20 ans, on m'avait demandé si je voulais des enfants) (ahem) : "ouais j'en ferais peut-être trois si j'ai les moyens". Ils m'avaient regardé comme si je disais une monstruosité : "non mais tu comptes pas en terme d'argent pour les enfants". Bah si en fait. Je ne ferais pas d'enfants si je gagne un RSA. Je n'ai absolument rien contre les gens qui font des enfants et qui n'ont pas forcément les moyens de les élever, qui comptent sur les aides d'Etat pour avoir de l'aide mais ce n'est juste pas ma vision des choses.

Puis au-delà d'avoir les moyens, je me pose sincèrement la question de savoir si j'ai envie de dépenser l'argent que je gagne pour habiller, nourrir et acheter des jouets à un enfant. Pour l'instant non. J'ai envie de dépenser mon argent dans des choses qui me font plaisir à moi, à mes amis, ma famille, mes chats. Je n'ai absolument pas envie de dépenser mon argent dans des couches et des biberons.



De la question du féminisme...


Je suis féministe. Et dans le milieu du féministe, croyez-le ou non, il y a beaucoup d'articles sur des femmes qui racontent qu'elles ne veulent pas d'enfants, qu'elle savent qu'elles n'en voudront jamais ou qui n'en ont jamais eu par choix et qui vont bien. Parfois je me dis que ces articles m'influencent un peu trop, que je dis que je ne veux pas avoir d'enfants par féminisme et un peu par "provocation". Que se serait-il passé si je n'avais pas lu ce genre d'articles ? Je ne me serais probablement jamais posée la question et aurait continué à dire "si si j'en veux", sans rien remettre en cause. 

Parce que c'est ce que la société me dit depuis que j'ai environ l'âge de 6 ans. 
Je ne me souviens plus exactement quand on m'a demandé pour la première fois combien je voulais d'enfants mais je me souviens avoir choisi le prénom de mes futurs enfants alors même que je n'avais pas la faculté physique de procréer - avant mes premières règles. Petite, j'ai énormément joué à la maman, j'avais tout l'attirail pour mes poupées : le berceau, les maxi-cosy, la poussette. Ma maman, par son travail, m'avait ramené tout un tas d'accessoires, des tututtes, des couches etc... Bref, je suis conditionnée. Comme énormément de femmes.
Bref, certains diront que le féminisme peut conduire des femmes à ne pas faire d'enfants et que c'est donc "dangereux" pour notre futur. Moi je pense que ça amène surtout les femmes à réfléchir à ce qu'elles veulent vraiment dans la vie, à ce qui les rend heureuses. Je pense que pas mal de gens devraient plus se poser la question et surtout la question de ce que ça implique d'être parents. Et ne vous inquiétez pas pour le futur de l'humanité, il y aura toujours des femmes pour vouloir des enfants.



De mon manque d'intérêt pour les enfants ...


Au-delà de toutes les choses que j'ai pu lire sur le féminisme et le fait de ne pas vouloir avoir d'enfants, je me rends bien compte que je n'ai aucun intérêt pour les êtres vivants dès qu'ils ont moins de 14 ans. Ca ne m'intéresse pas. Je ne les trouve pas spécialement mignons. Sérieusement un bébé à la naissance c'est vraiment moche. Je ne les trouve pas attachants.
(je vais passer pour une sociopathe)
Jouer pendant trois heures par terre avec eux ne m'intéressent pas non plus. J'adore mes neveux mais je préfère discuter avec les adultes. (Oui je suis la pire tata du monde, vous pouvez le dire). Alors peut-être que tout ça change quand tu as des enfants, mais je préfère ne pas prendre le risque pour le moment voyez-vous ...



De la contrainte d'avoir des enfants...


Oui je vois ça avant tout comme une contrainte. Je sais ce que vont me dire les parents : les enfants c'est formidable. Quand ce sont les tiens tu les trouves formidable, tu aimes leur caca, tu passes des heures à être gaga ... Peut-être. Je n'en sais rien. Mais moi, pour l'instant, je veux pouvoir partir en voyages avec mes potes, boire un verre à l'improviste avec mes copines, passer trois heures à glander dans mon canapé, finir le boulot tard, aller au cinéma quand ça me chante... Bref je préfère me faire passer avant. Moi et mon couple. 


De la mauvaise mère que je serais ...


La dernière fois je discutais avec un futur papa. Je lui disais que je ne supporterais pas d'avoir la responsabilité d'un être vivant, POUR TOUTE LA VIE. Que c'était beaucoup beaucoup trop angoissant. Il m'a répondu qu'il pensait que tout ce qu'il y avait à faire c'était faire de son mieux. Je ne sais pas si avoir ce genre de pensées très sages ça signifie qu'on est prêt à avoir des enfants mais j'ai trouvé ça très serein finalement. Mais moi je n'y arrive pas. Je n'ai pas envie d'avoir cette responsabilité là. Je suis quelqu'un d'assez angoissé, anxieux et stressé dans la vie. Je n'imagine pas ce que c'est quand on a un enfant. J'admire énormément toutes ces mamans sereines, qui ont des grossesses hyper sereines, qui sont hyper zen avec leurs enfants. Moi je serais plus du genre à refiler toutes mes angoisses à mes gamins. Du genre à dire à mes enfants de rester à la maison parce que traverser la rue c'est trop dangereux ... J'ai eu un peu l'exemple de ce genre d'éducation dans ma famille. Ce que ça donne ce n'est pas forcément quelque chose de très joli joli à l'âge adulte. Me connaissant, je ne suis pas sûre de faire de mon enfant quelqu'un de très équilibré et épanoui.



De la difficulté de grandir dans notre monde ...


Je trouve ça horrible de faire des enfants dans notre monde. 
Je sais que c'est un argument nul et que faire des enfants pendant toutes les guerres précédentes ce n'était pas forcément mieux. La différence quand même avec les gens des siècles précédents c'est que j'ai le choix d'enfanter. 
Je suis assez pessimiste sur l'avancée de notre monde : la pollution, l'environnement, l'élection de Trump, la montée du populisme partout dans le monde, les maladies etc etc ... Bref je crois que l'humanité va droit dans le mur et je n'ai clairement aucune envie de faire un enfant dans ce monde-là. 
Mais, et c'est le postulat du film Idiocracy et de certaines de mes copines, si les "gens intelligents" ne font pas d'enfants, on va encore plus droit dans le mur. Oui je me mets dans la partie intelligente de la population. L'idée c'est que je ne dois pas me retenir de faire des enfants si j'en ai envie, sous prétexte que l'humanité va dans le mur. 

J'ai quand même du mal avec cette responsabilité-là. La responsabilité de faire des enfants qui vivront dans un monde en déclin.

Puis parfois j'ai un peu d'espoir et je me dis que ça se trouve dans le ventre de telle ou telle personne est en train de grandir un futur Gandhi... 

Pour ça j'ai trouvé une "solution" : l'adoption. L'adoption permet d'avoir un enfant sans avoir la responsabilité de le "créer", sans avoir la culpabilité de mettre un enfant au monde. Apparemment ce n'est pas une réflexion totalement conne, j'ai eu une discussion sur ce sujet avec plusieurs personnes. Après j'ai bien conscience que le fait d'adopter ce n'est pas si simple et adopter un enfant doit - à mon sens - être motivé par autre chose. Je ne sais pas, je m'interroge. Après d'un point de vue purement physique, je ne pense pas être spécialement attachée au fait de porter l'enfant, d'accoucher. De ce que je connais de tout ça et de ce que j'ai pu en voir, ça ne me tente pas plus que ça... Bref, je n'en sais foutre rien, ma position n'est pas arrêtée sur le sujet.

Photo du film Idiocracy

Et puis parfois je doute ...


Parfois il y a une petite partie de moi qui se dit que ça doit être cool d'avoir un petit être à qui tu transmets tes valeurs. Parfois je voudrais un enfant juste pour l'éduquer avec mes principes socialistes, féministes, écolo etc et voir si ça en fait quelqu'un d'heureux (coucou je me servirais de mes enfants pour faire des expériences). Je ne connais personne qui ait été réellement élevé comme ça, ou qui élève son enfant comme ça. La plupart des gens sont élevés selon des stéréotypes très genrés. Je me dis que si j'avais des enfants, je serais le cliché des parents bobos : des jouets en bois, des visites au musée le week-end, des petits pots bio, des jouets et des vêtements non-genrés, une école Montessori... Mais je sais que la société rattraperait rapidement mes enfants et mes belles valeurs seraient probablement réduites en miettes très rapidement. Parfois il y a une part de moi qu se dit que ça doit être chouette d'avoir des enfants qui sont des êtres chouettes, intelligents et dont on est fiers.

Planche issue de l'excellente BD en ligne de Sophie Labelle
http://assigneegarcon.tumblr.com


Si j'en reviens à ce que me disait ce futur papa, dans le fond il faut juste essayer de faire du mieux qu'on peut. Je trouve ça formidable d'avoir cette sagesse. Je me dis que j'en suis très loin. Je me dis aussi surtout que pour l'instant je n'ai aucune envie d'avoir un enfant. Et c'est bien là finalement la clé. Je n'en ai pas envie pour le moment. Peut-être que j'en aurais envie dans deux ans, cinq ans, dix ans. Peut-être que je me réveillerais à 45 ans en voulant un enfant, peut-être que je m'en mordrais les doigts parce que ce sera plus possible. Ou bien, je n'en aurais jamais envie et je serais parfaitement heureuse comme ça. Je n'en sais rien, je ne me ferme à rien.

Je voulais juste partager ici mes quelques réflexions sur le sujet. N'hésitez pas à me raconter vos réflexions dans les commentaires. Vous en voulez vous des enfants ? Vous en avez déjà ? Vous trouvez ça formidable ? Vous regrettez (oui c'est possible) ? Dites-moi tout !


Novembre et Décembre et bilan livres 2016 !

Bon j'ai quand même beaucoup moins de temps pour lire et faire plein de trucs sympas. C'est l'heure de présenter mes petits moments culturels de novembre et décembre puis mon bilan de l'année... Puis après ce sera fini ce type d'articles, c'était rigolo de faire ça pendant un an mais c'est beaucoup trop chronophage !

Novembre & Décembre !


Le féminisme d'Anne Charlotte Husson et Thomas Mathieu

Une petite BD très sympa qui a le mérite de poser les bonnes bases du féminisme. Si vous connaissez déjà un peu le sujet, ça ne va pas vous apprendre grand chose mais c'était très sympa à lire !

Les matchs de Rollerderby !

Vous ne connaissez pas le rollerderby ?
Je vous mets une petite vidéo ça sera plus simple pour comprendre les règles.



J'avais aimé le film Bliss, j'ai donc décidé d'aller voir des match de rollerderby! C'était très très chouette. On ne croirait pas comme ça mais c'est hyper sportif et technique... Ce ne sont pas juste des nanas qui se tapent dessus en roller. Il y a beaucoup de respect et de second degré dans ce sport, c'est très sympa !

The Crown

Une série sur la Reine Elizabeth II, ai-je besoin d'en dire plus ? J'ai une passion pour les reines, les favorites, les femmes dans l'histoire en général... J'admire bien évidemment énormément Elizabeth II. Connaître un peu son histoire au travers de cette série (même si c'est très romancé) c'est chouette. Mention spéciale pour le personnage de Churchill pour lequel j'ai eu un vrai coup de coeur. Vivement la saison 2 !



Persepolis de Marjane Satrapi

C'est rigolo, je commençais l'année en lisant le tome 1. Il se trouve qu'à Noël on m'a offert les 4 tomes et que je les ai dévoré très très vite. J'ai été très vite happée par l'enfance, l'adolescence et la vie de jeune adulte de Marjane Satrapi, entre traditions et modernité. Ca m'a permis d'en apprendre beaucoup sur l'Iran, pays que je trouve sincèrement fascinant et que je voudrais visiter un jour ... Bref, j'ai adoré lire cette histoire. Ça m'a donné envie de lire les autres BD de Marjane Satrapi




Cendres d'Alvaro Ortiz

Petite BD qu'on m'a également offerte à Noël, je ne connaissais ni l'auteur, ni ce que l'histoire racontait. Je l'ai lu très vite (souvent un signe chez moi que ça m'a plu). Sur le style de dessin ça m'a un peu fait penser à Retour à la Terre de Manu Larcenet. L'histoire est très joli. Trois amis se retrouvent pour disperser les cendres de leur ami dans un endroit inconnu... On les suit dans leu road-trip et évidemment ils leur arrivent tout un tas de péripéties assez inattendues. La fin est très poétique. Bref, c'est une jolie histoire !



Dr Strange de Scott Derrickson

A ma grande surprise, j'ai bien aimé ce film. A vrai dire je ne m'en souviens plus vraiment à l'heure actuelle. C'est souvent comme ça avec ce genre de films, je n'en attends pas grand chose, je suis donc rarement déçue. Sur le moment, ça me détend, je me prends au jeu et c'est bien tout ce que je demande...



Les animaux fantastiques de David Yates

J'ai adoré. Vraiment. J'étais tellement ravie de me replonger dans la magie Harry Potter. J'ai commencé à lire le livre cette année, je ne l'ai pas fini car en soi ce n'est pas bien passionnant. Le livre c'est juste la liste des bestioles recensés par Norbert Dragonneau (avec les commentaires de Harry et Ron). Dans le film, il y a une vraie histoire, une vraie magie, un vrai enjeu. Les personnages sont intéressants, bien construits et drôles.
Mon passage préférée ? Quand il fait découvrir le contenu de sa valise à "je ne sais plus son nom" (je ne me souviens jamais des noms des personnages), c'est le moment le plus magique, le plus foufou. Je crois avoir entendu dire qu'il y aurait une suite et je dis oui oui oui encore encore encore !

Bon par contre, Eddie Redmayne pour moi c'est l'acteur de The Danish Girl, ça m'a beaucoup perturbé !



Le livre de la jungle de Rudyard Kipling

J'étais très impatiente de lire ce livre. Je n'ai jamais vu le dessin animé ou alors je l'ai vu petite et je ne m'en souviens plus.
Comment dire ? J'ai mis des plombes à le lire, alors qu'il n'y a pas beaucoup de pages. Ce livre m'a beaucoup ennuyé, je n'ai pas accroché du tout. Je pensais le lire en un week-end ou en une semaine, j'ai mis quasiment un mois. Je me forçais à lire quelques pages le soir. Et comme je suis têtue, je me suis forcée à ne pas commencer autre chose avant de le finir, j'ai donc passé un mois de décembre de lecture pourri à ne lire que ça ... 

Une femme d'Anne Delbée

La biographie de Camille Claudel. 
Comment vous dire ? J'ai littéralement adoré.



Vraiment. Je me souviens j'avais été subjuguée par l'exposition qui lui avait consacrée à la Piscine de Roubaix (oui c'est un musée) au mois de janvier 2015. C'est à ce moment-là que j'avais acheté ce livre. Evidemment je l'ai laissé traîner dans ma pile à lire. Avant de m'y mettre pour de bon. Pour être honnête j'avais commencé à le lire un peu avant, il a traîné longtemps dans mon sac, puis j'ai lu autre chose et l'ai remis sur mon étagère. La lecture de ce livre n'est pas évident, le style n'est pas commun. Mais passé les quelques pages du début je me suis complètement laissée emporter. J'adore la sculpture, je trouve que c'est un art magnifique. J'adore le parcours de cette femme complètement hors du commun. Camille a eu le malheur de vivre dans un monde hostile aux femmes, hostile aux femmes artistes. Elle a eu le bonheur et le malheur de trouver Rodin sur sa route, génie de la sculpture c'est certain, mais qui en fait sa muse et sa maîtresse alors qu'elle aussi avait des choses à dire, à faire, à créer. Il n'a pas toujours été ingrat avec elle et l'a reconnu comme une artiste à part entière mais il s'en est beaucoup "servi" aussi. Elle a beaucoup souffert d'être reconnu seulement comme son élève, ou comme la soeur de son frère Paul Claudel. A l'époque, malheureusement, il était difficile pour une femme d'être reconnue autrement que par un homme, en tant que épouse de, mère de, fille de... Mais ne parlons pas trop de Rodin, Camille mérite qu'on parle d'elle en tant qu'artiste, en tant que femme.



Camille a commencé à sculpter très jeune. Elle avait ça dans le sang, dans le coeur, dans l'âme. Je pense que si on lui en avait donné les moyens, si elle avait vécu dans un autre siècle, elle serait devenue une artiste exceptionnelle et reconnue. De son vivant, elle n'a malheureusement pas réellement eu cette chance. Elle finira sa vie après 30 ans d'enfermement dans un asile psychiatrique. 30 ans à supplier ses proches et sa famille de la sortir de là. Etait-elle folle ? Les médecins la disaient paranoïaque. Quand elle a été internée elle vivait recluse dans son appartement. Je ne sais pas si elle était vraiment "folle", on ne peut pas vraiment se fier aux médecins de l'époque je pense. Les lettres qu'elle écrivait de l'asile à son frère me paraissent tout à fait saines. Tout ce que je sais c'est que personne ne lui a laissé sa chance. Personne ne l'a aidé. Personne - ou presque - n'est venu la voir pendant son internement. Elle est morte de faim en 1943 - comme beaucoup de personnes dans les asiles pendant la seconde guerre mondiale (l'Etat ne les nourissait pas...). Bref, Camille méritait mieux. Elle méritait aussi d'être reconnue autrement que "comme la compagne ou l'élève de Rodin". Ses sculptures sont magnifiques. Son talent est exceptionnel. Si vous avez l'occasion de voir ses œuvres, courez-y et laissez vous emporter par la beauté de ses sculptures, leurs détails... Il faut savoir que Camille a été l'élève de Rodin mais elle sculptait dans le même style que lui alors qu'elle avait 12 ans et qu'elle ne l'avait jamais rencontré. Elle n'a rien pris du tout à Rodin, on se murmure même que certaines oeuvres de Rodin seraient en réalité à Camille Claudel... Evidemment aujourd'hui on retrouve un musée Rodin à Paris (que j'ai visité il y a de ça 12 ans), une salle est consacrée à Camille Claudel dans ce musée, sinon ses oeuvres sont réparties à travers de nombreux musées en France et ailleurs... Un musée à Nogent sur Seine (où elle a vécu) devrait bientôt ouvrir ses portes. On remercie pour ça Reine-Marie Paris, la petite nièce de Camille Claudel qui s'échine depuis des années à faire connaître l'oeuvre de sa grande tante.
Pour revenir au livre (c'est le sujet quand même), la lecture n'est pas évidente, ce n'est pas vraiment un style dont on a l'habitude. On est loin de la biographie "classique" (Camille est née le ..., à...). On est loin aussi du roman classique. Les paragraphes sont courts et commencent par un extrait d'une lettre de l'asile. Chaque paragraphe est un bout de la vie de Camille. Parfois on saute plusieurs années. Mais c'est bien, ça me confronte à un tout autre style de lecture et c'est plutôt chouette. 
Bref ça m'a passionné. Si vous vous intéressez un peu à son oeuvre, lisez ce livre. Si vous vous en foutez royalement, passez votre chemin !

Petit bilan livresque 2016


Mon moment préféré (uhuh). Bon je ne vais pas faire de bilan films/séries cette année. Ca ne sert pas à grand chose vu que je n'ai pas vu grand chose ... Au niveau des livres / BD j'en ai lu... 49 dont 25 livres et 24 BD ! Presque un par semaine ! Cette année ça a vraiment été l'explosion au niveau BD. J'adore définitivement cette façon de lire. La BD "pour le plaisir" m'intéresse moins. J'adore les BD quand elles m'apprennent des choses. J'ai lu 22 autrices différentes (YIHA) et 19 auteurs différents.

Je vous propose un petit top 5 livres et un top 5 BD.

J'ai lu 25 livres très différents cette année.

Mes 5 préférés sont incontestablement (pas forcément dans cet ordre) :
1. Americanah de Chimamanda Ngozie Adichie

Mes 5 BD préférées (pas forcément dans cet ordre) : 

1. L'arabe du Futur de Riad Sattouf (les 2 tomes)